‹ La Nature 1873Chapitre 106 sur 171 · Ligne du lri^iiljji;iir · texte numérisé non relu

Ligne du lri^iiljji;iir

ganes de la transmission , et ainsi nous classerons les dérangements.

Commençons par les tubes. Ils peuvent pécher par uîi dé faut de poli intérieur , par des joints à. ressaut, par des juilcs d'air à ces mêmes

joints. Dans l'établissement, des précaufions ont été prises contre ces trois soi tes do dangers. Le degré do poli est suffisamment parfait : cette qualité est obtenue, sans alésaye, au mo j en de passes sur un mandrin, effectuées avant que le tube soit complètement refroidi. Les joints représentés iïg. 2 (p. 108), donnent une continuité presque mathématique à la surface intérieure ; enfin, des garnitures de caoutchouc assurent Y élanchddc .

De ce côté donc, il y a peu de chances d'avaries, et par conséquent d'arrêts des trains. En l'ait, depuis 1806, il n'y a pas eu un seul accident eausépar le vice des tuyaux-, il est utile de rappeler que l'expérience est faite sur une longueur de 20 kilomètres de conduites posées, que les joints se succèdent tous les 5 mètres, enfin que dans la tiavorsée delà Seine, le tube est fixé au tablier d'un pont métallique.

Dans lu deuxième catégorie d'organes, sont les machines produisant l'air comprimé ou raréfié. Nous ne dirons rien des dérangements qui en dépendent, ils n'ont pas de caractère spécial à l'application présente, on y remédie par les movens connus.

Il reste les boîtes. Des types nombreux ont été essayés avant le système des deux étuis en lôle cl en cuir, dont la fermeture est hermétique et l'ouverture facile. Par sa simplicité, ce mode a prévalu. Mais il n'est pas dans la condition humaine de réaliser la perfection ; il arrive donc quelquefois que des boîtes s'ouvrent pendant le trajet. Comment cela sn produit-il, c'est plus difficile à expliquer dans chaque cas particulier.

Tantôt la collerette du piston est en nmivais état el l'air divise le tram ; les étuis se séparent et les dépêches se sèment dans le tube. D'autres fois, des rides se forment dans l'enveloppe decuir, dont, l'effet est de coincer le train si bien qu'il est impossible de le faire démarrer. Une autre forme du dérangement, (■'est. quand le piston se casse, et que les morceaux se placent entre les boites et le tube. Ou conçoit que nous ne puissions épuiser la série des incidents de cotte nature; dans les huit d 'rangements en moyenne

par année, que présente l'exploitation, il est rare de trouver deux fois la répétition de la même cause, La cause d'ailleurs ne présente qu'un intérêt d'instruction pour l'avenir, il faut aller au plus pressé et sauver rapidement le train en détresse.

Souvent des manœuvres alternées avec l'air comprimé et l'air rarélié dégagent l'obstacle; à Berlin, pour le même objet, M. Siemens emploie de l'eau forcée avec laquelle il inonde la conduite. L'important est d'extraire le train , sans avoir besoin de démonter la ligue, Quand ou a épuisé la série des moyens thérapeutiques anodins, il faut alors recourir à l'opération de la fouille. On voit ainsi apparaître la nécessité d'une détermination préalable, suffisamment précise, du lieu du dérangement. Lu premier moyeu est indiqué par la nature de l'installation. On a à sa disposition un réservoir d'air comprimé à une certaine pression ; si cet air est répandu en partie dans la section du tube comprise entre le réservoir et l'obstacle, la pression nouvelle est dans un rapport connu avec Impression primitive. En deux mots, la loi de Mariotte, qui règle les rapports des pressions et des volumes d'une même masse de gaz dans deux circonstances différentes, fournit

[ïammfi ilu uliruiio^niplic.

If^'lrique, — 2. L]£nc du poi Ligim de ]a inomljrane.

Iule

^econdrs,

le moyen de trouver un des éléments (volume), quand on connaît les trais autres (deux pressions et un volume). Nous n'en dirons pas davantage, ce moyeu ne comportant qu'une précision relative.

M. Siemens préfère mesurer la quantiléd'eau qu'il faut dépenser pour remplir la ligne jusqu'à l'obstacle ; la précision doit être plus grande, mais il faut convenir que le procédé, malgré la simplicité apparente, a un aspect quelque peu primitif. On voit Lien comment on introduira cette grande masse d'eau, mais il est plus difficile de concevoirqu'eile se puisse enlever aisément,

Nous parlerons, pour finir, d'un moyen détourné, auquel s'applique notre gravure. Nous exposerons le principe avant d* décrire l'appareil.

l.e lecteur sait que lorsqu'on produit un ébranlement à l'origine d'une conduite remplie d'air, cet ébranlement se propage dans l'air de la conduite avec une vitesse de 7150 mètres par seconde. Quand l'ébranlement rencontre un obstacle, il se réfléchit et revient au lieu d'origine avec la même vitesse de 330 mètres par seconde. Si donc on compte le temps qui s'écoule entre le départ et le retour, la durée ainsi définie correspond au trajet de l'ébranlement

O'ï'M ■>,-: -'.LV .- ;v '\ : :y > ! ;:: ' ■ > : .|K: ir ■#

Tt-lL'grjplue a![nc?plimnue. — Chroucigl apljc- pour la dôlaïuiii.iliun du point u'aiTcl de cuï^urs.

sur une longueur égale au double de la distance de l'obstacle ; do l'observation de la durée, on conclut facilement la valeur de la distance.

Exemple : L'intervalle de temps entre le départ et le retour de Y onde produite par l'ébranlement est de 1/3 de seconde ; le double trajet a pour expression 330"

Pour réaliser l'expérience, qui n'est autre chose que celle qui donne la mesure de la vitesse du son dans l'air, on a reproduit la méthode appliquée par M. Regnault à l'étude de la propagation dans les canalisations de la ville de Paris.

Les traces du déport et du retour de l'onde sont

110 1 ", et la distance de l'obstacle est de := 55 mètres.

enregistrées sur un chronographn, au moment de la fermeture d'un circuit électrique, qui est obtenue par le mouvement d'une membrane de caoutchouc placée à l'extrémité libre du tube.

On connaît la propriété du courant électrique, d'aimanter un fer à cheval par son passaee autour des deux noyaux. L'aimantation du fer à cheval communique à une palette placée au-dessus des pôles une attraction, qui cesse dès que le courant est rompu. Sans qu'il soit besoin de plus d'explications sur ce dispositif connu qui est k base de presque tous les appareils télégraphiques, on accordera qu'avec des conducteurs convenablement établis, il sera possible de faire marcher l'armature du fer doux (électro-aimant), comme la membrane élastique; en d'autres termes, si la membrane se soulève 2, 5, 4

LA NATLKK.

l'ois dans min seconde:, l'armature s'attachera 2, 7>, t fois dans ]r. même temps au noyau, et les durées comme les intervalles îles contacts seront identiques dans les deux appareils.

Ceci posé, nous revenons au chremographe. Le temps s'y marque et s'y compte au moven A'eieetroaimants qui sont en relation avec les instruments usités dans cette mesure. Les battements d'un pendule à secondes sont répétés électriquement et enregistrés suivant une ligne n" '2 (vov. la gravure cicontre), qui est décrite par une pointe fixée à l'électro-aimant, sur un cylindre enfumé animé d'un mouvement de rotation continu. L'électro-aimant dont la pointe décrit la ligne n°2, est mobile sur un cliariot qui s'avance suivant une génératrice die cvliudi'e, en menée teenps que celui-ci tourne.

Le chariot porte deux autres électro-aimants : l'un correspond à un subdiviseur du temps qui donne les fractions moindres que la seconde 1 . C'est. leii qui trace la ligne n° 1, représentant par ses

festons des subdivisions égales à s- de seconde ; ce

fractionnement coiTospond à l'oscillation de la palette d'un trcmblcur électrique, sorte d'organe dans lequel les interruptions et les rétablissements du courant s'opèrent à raison de 33 par seconde dans le, modèle représenté ici.

Le troisième électro-aimant, en rapport avec la membrane de caoutchouc, correspond au mouvement de l'onde daees le tube; il fournit la ligne n" 3 de la figure. Ou peut, remarquer qu'une même onde éprouve plusieurs réflexions successives.

Il est facile, en jetant les veux sur notre diagramme, de voir comment on tirade: l'expérience le résultat cherché. Dans le nouvel exemple, l'obstacle est placé à 62 mètres; l'intervalle entre deux marques successives de la membrane est de 12 subdivisions. La comparaison des ligues n° 1 et n" 2 montre qu'il v a 33 subdivisions dans une seconde, les indications de

lalisrne n" 3 équivalent donc à , de .seconde. La

ilovhle distance représente --= X 330" 1 , et la lon-

gueur simple donnée par l'expérience est ainsi de

lf

-X^X 330 — tiO mètres : l'approximation est

de 2 mètres.

I) faut, expliquer maintenant comment on produit l'onde, et décrire la figure qui représente l'ensemble de. l'expérience. À gauche, T est le tube dans lequel un pistolet V est placé pour produire la détonation qui donne naissance à l'onde. Sur la table, au centre (le la figure, est le chronographe : M est le mouvement d'horlogerie qui fait tourner le cylindre enregistreur, à la surface duquel se développent les ligues n" 1 , n° 2, n° 3.

S est le chariot portant les trois électro-aimants dont chacun trace sa ligne. L'électro-aimant extrême (ligne n° 1) est le trembleur, eie relation avecla pile PP". L'électro-aimant médian (ligne n° 2),

est relié au pendule à secondes II. Enfin l'élection aimant (ligue n" 3) communique électriquement avec la membrane de caoutchouc qui surmonte le tube T et en ferme exactement l'ouverture, sur laquelle elle est tendue comme une peau de tambour. Le lecteur nous pardonnera ces détails arides; nous avons cru utile de faire connaître avec quelque longueur un procédé fondé sur l'emploi d'un enregistreur. Les méthodes d'observation doivent des ressources preneuses à ces appareils, dont l'usage se répand chaque jour au grand profit ele la science.

Cil. RoNTEJIl'S,

L'ASSOCIATION FRANÇAISE

rouit l'avancement des sciences,

(Suiiu. — V(iy. p Ijj.'i X' seHMion l'on^rè-i <lo l.jilil. — Août IN 13,

La séance d'inauguration dont nous avons récemment parlé, a eu lieu le 21 août dans les salons de l'Ilotel de Ville. Le président, M. de Quatrei'agos, après une courte allocution de M, le préfet du Rhône, a prononcé un discours qui a été fréquemment, interrompu par les applaudissements. L'orateur remercie d'abord la municipalité Ivounaisc de la large hospitalité qu'elle accorde à la science. « L'Association française, dit l'bonorableprésident, retrouve à Lyon la splendide et cordiale hospitalité do Bordeaux... Lamuuicipalité qui, la première, est venue en aide à notre comité lyonnais n'existe plus; son dernier acte, peut-être, a été de voter la riche subvention qui devait satisfaire aux besoins, au superflu de la session. Loin de répudier ce vote, la municipalité actuelle l'a généreusement acceptécomme lui léguant une dette d'honneur.

a ... N'admircz-vouspas, messieurs, comment des hommes partout ailleurs en lutte ardente, se sont trouvés subitement sentir et penser de même dès qu'il s'est agi de notre Association? — C'est que, placée eu dehors et au-dessus des opinions qui se combattent, n'appartenant à aucune, elle n'en tient, pas moins à toutes, par les sentiments généreux et vrais, par ce que les hommes d'intelligence et do cœur portent en eux. Or, croyez-le bien, messieurs, il y a de ces sentiments dans toutes les doctrines qui nous divisent, il y a de ces hommes dans tous les partis. Le malheur est. qu'ils ne savent à quoi se rattacher et se prendre pour se rencontrer. La Franco d'aujourd'hui est comme une nr j r démontée au lendemain d'un ouragan, alors que les flots, cherchant le niveau perdu, retombent et s'entrechoquent dans un inextricable désordre. Chez nous aussi, lesgroupes formés au vent des révolutions, se heurtent le plus souvent sans but et usent à ne rien faire les forces vives de la nation. Chacun d'eux a son drapeau, hostile à tous les drapeaux voisins. Nous aussi, nous avons le nôtre, et nous le plantons hardiment au

cœur de la mêlée comme un signal de rendez-vous à tous les hommes de bonne volonté. Quelle que soit leur bannière habituelle, ils peuvent sans Li trahit' passer quelques jours au moins à l'ombre de celle qui n'a d'autre devise que les mots science et i'atiue. Qu'ils viennent donc grossie nos rangs où les attendent à coup sûr d'heureuses surprises. Ils y apprendront à se rendre justice ; et tels qui se croient aujourd'hui adversaires irréconciliables , seront demain alliés sérieux, plus tard peut-être anus dévoués. La science les unira. Quiconque aime le vrai doit aimer la science, cette lumière de l'esprit qui chasse l'erreur d'où qu'elle vienne, comme le soleil dissipe la brume sortie de la fange d'un fleuve ou descendue du ciel. Quiconque aime son pays doit aimer la science, qui seule peut forger les armes nécessaires aux. luttes de tout genre du présent et de l'avenir. »

[Nous ne saurions trop approuver ces nobles paroles ; certes l'avenir est à la science, qui seule est capable de. rapprocher les partis, s'ils professent, l'amour de la vérilé et du progrès. Le discours de M. de Quatrefages a eu surtout, pour but de (aire valoir l'importance de l'enseignement scienlilique, qui doit former les véritables hommes de l'avenir ; les arguments abondent dans 1rs bonnes causes ; ils n'ont pas fait défaut à l'orateur. Puisse-t-il avoir été entendu quand il a dit : « Nous voulons voir la science avancer et se répandre dans notre pays naguère si cruellement éprouvé ! Tous nous avons pleuré les malheurs de la Erance; tous nous souffrons de la plaie que ses désastres sans exemple lui ont laissée au liane; tous nous songeons à l'avenir. La grande tâche de l'Association française est do le préparer en montrant la route qui eon luit, an but, en indiquant les armes qui, dans les luttes de la paix ou de la guerre, peuvent seules donner la victoire. »

Ce discours a été suivi par la lecture du compte rendu des travaux de l'Association par le docteur C. M. Garicl, remplissant les fonctions de secrétaire en l'absence de M. Levasseur. M. G. Masson, trésorier, a pris ensuite la parole pour donner le compte rendu de la gestion financière de l'Association. « Les souscripteurs annuels étaient au 51 juillet au nombre de 039, soit 172 de plus que lors de la session de Bordeaux. Ces nombres augmentent de jour en jour... tels qu'ils sont ils nous assurent pour l'exercice 1 875 un revenu de près de 24,000 francs ; ils témoignent d'une prospérité toujours croissante et toujours plus en rapport avec le but. élevé que vous poursuivez. »

Après cette première séance , les membres du Congrès procèdent à l'élection des bureaux, dans leurs diverses sections.

Le soir a eu lieu, à huit heures, au palais de la Bourse, une conférence publique faite par le célèbre naturaliste M. E. Karl Vogt. Les volcans formaient le sujet de la séance. M. Vogt a parlé longuement, à l'occasion des feux souterrains, du phénomène des tremblements de terre. 11 croit qu'il est erroné d'en rapporter les effets au feu central : il suppose que les tremblements de terre sont dus aux réactions chi-

miques produites par le contact de l'eau avec des métaux alcalins, qui se r aieontreraient dans les profondeurs de l'épiderme terrestre.

Les séances de la section des sciences médicales de l'Association ont ou lieu à compter du 22 août : elles se. sont signalées par un certain nombre de communications d'un grand intérêt. Les travaux de M. Ollier, sur las moyens chirurqicaxix pour activer l'accroissement, dus os chei d' homme, ceux de M. Chauveau sur la transmission de la tuberculose par voie diaestive, ceux de M. Blanc .sur le traitement du choiera, ont surtout excité l'attention. Mous continuerons à mentionner les faits importants du congrèsde Lyon, et nous parlerons prochainement des excursions scieutiliques qui viennent d'être entreprises, et de la. belle réception quia été faite aux membres de l'Association par la ville de Genève.

— La suile prochainement. —

Page 1