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LES CRIQUETS DÉVASTATEURS

(Suite fit fin. — Voy. page 530, 2S8, 298.)

Notre colonie algérienne est véritablement une des contrées ûù les acridiens méritent le nom biblique de plaies, tant leurs apparitions y sont calainiteuses. L'espèce principale, cause du mal, est YAcridiwnpnreyrinum, vulgairement sauterelle volante, voyageuse d'Afrique. Devant ses apparitions maudites on néglige, comme insignifiants, les méfaits du criquet migrateur et du criquet italique, que possède aussi l'Algérie. Au dire des Arabes, le pays est ravagé à fond enmoyenne tous les vingt-cinq ans, sans compter les dégâts partiels. Dans ce siècle, une première grande invasion eut lieu en 1 8 1 C>, et la famine et la peste en furent, la conséquence. Kn 18-13, l'Algérie fut do nouveau éprouvée en entier par le fléau des acridiens, et le mal se prolongea pendant quatre ans ; celte invasion eut peu de retentissement, étouffée sous les faits de guerre de cette époque, et surtout parce que les cultures des Européens étant encore peu développées et n'occupant que des étendues restreintes de territoire, les plaintes furent minimes. Il n'enfutpas de même en 1 8 fi (i ; la pacification était depuis longtemps complète, et les efforts des colons avaient voulu, répondre par une démonstration palpable aux détracteurs de laculture algérienne. La terre était revêtue de la plus spleudidc parure quand les essaims faméliques, sortis du Sahara, vinrent de nouveau envahir toute la colonie, et les désastres méritèrent le nom de calamité publique qui leur est donné dans le rapport du Comité central de souscription, présidé par le maréchal Caiirobert(.Uûwï(eurdu6juilletl8(i(i). L'invasion commença au mois d'avril ; les criquets, sortis des gorges et des vallées du sud, s'abattirent d'abord sur la Mitidja et le Sabel d'Alger ; la lumière du soleil était interceptée parleurs nuées; les colzas, les blés, les orges, les avoines furent dévorés, et les insectes dévastateurs pénétrèrent même dans les maisons, déchiquetant les babils et le linge. Les Arabes tentaient d'empêcher par de grands feux et d'épaisses fumées la descente des essaims affamés. A la lin de juin, les larves sorties des œufs, mourant de faim en raison de la déprédation précédente, comblaient les sources, les canaux, les ruisseaux. L'année, par corvées de plusieurs milliers d'hommes, réunit ses efforts à ceux des colons et des indigènes pour enfouir les cadavres amoncelés, mais avec peu de succès devant le nombre immense des criquets. Les moyens les plus efficaces pour détruire la fatale engeance sont les suivants : ramasser avec de grands

fdets traînants les insectes vivants, surtout le matin où ils sont encore engourdis, et le soir où ils commencent à dormir, les mettre en sacs et les enterrer profondément ou dans des bains de chaux ; c'est la chaux qui sauva en 1813 la belle commune d' Hussein-Dey. Le feu est aussi un puissant auxiliaire. En 1806, le garde champêtre d'Hussein Dey, nommé. Fontanillc, garantit comme il suit les beaux jardins de cette localité: disposant de soldats, il recherchait les bandes de jeunes criquets encore aptères, et les dirigeait vers des massifs préparés de chaumes et de broussailles, et, lorsqu'il en avait amené ainsi des niasses considérables, il mettait le feu. À l'Aima, où convergeaient du nombreuses et grandes bandes de larves qui longeaient la rivière, on avait découpé le terrain eu grands fossés, plus larges au fond qu'à l'entrée, et des hommes, munis de balais, y amenaient, les bandes d'insectes qu'on ensevelissait sous les déblais. 11 faut avoir soin do ramasser, de mettre en tas et de brûler ou enterrer les cadavres des criquets, de peur d'infection. Enfin le meilleur procédé de destruction est de s'attaquer aux glèbes d'oeufs. On retourne à la charrue ou à la herse les terres meubles où les femelles aiment, à pondre ; la plupart, des neufs périssent par l'effet seul du soleil qui les dessèche. Kn outre, on peut facilement les faire ramasser h la main, ou employer, pour fouiller les terres vagues, déjeunes porcs très-friands des œufs ; enfin les oiseaux deviennent d'un secours efficace une fois les œufs mis à découvert. En certain nombre d'animaux sont, en effet, les auxiliaires de l'homme dans la chasse aux sauterelles, et il est urgent do s'opposeràleurdes- Iructioil en Algérie. Ce sont les musaraignes et les hérissons, les corbeaux, les étuumeaux, lahuppe, le rallier, le martin roselin, le martin triste, etc. ; puis les couleuvres, lézards et crapauds.

Ce qui a manqué, principalement eu Algérie, en 18GG, ce ne sont pas les moyens défensifs, mais l'absence d'entente et de direction générale. On parviendra à agir avec quelque efficacité contre ces insectes quand il y aura corvée universelle, obligatoire contre eux, et surtout surveillance exacte. C'est, également, le seul moyen en France de diminuer les ravages des hannetons, en obligeant tous les propriétaires à la chasse des adultes avant la ponte. 11 faudrait, une police rurale, bien organisée et nulle en pratique jusqu'il présent.

Revenons à l'Algérie. Eu 1 8fiti, les provinces d'Orau et de Constantine furent envahies presque eu même temps. Le sol était jonché de criquets à Tlciucen, où, de mémoire d'homme, ils n'avaient, paru. Ils attaquèrent à Sidi-Bel-Abbès, àSidi-llrabim, àMostagauem, les tabacs, les vignes, les figuiers, les oliviers même, malgré leur amer feuillage; à Bélizane et à l'Ilabra, les cotonniers. Les mandibules des criquets entament même les feuilles épaisses de l'aloès et les tiges épineuses des cactus. La route de 80 kilomètres, de Mascara à Mostaganem, était couverte de cadavres d'acridiens surtout son parcours. On les rencontra dans la province de Constantine, du

su

Sahara à la mer fit de Bougie à la Calle, dévastant les environs de Batua, Sétif, Constantiue, Guelma, Boue, Phihppcville. De infime qu'en 1845, le fléau continua les années suivantes, et produisit, sur le territoire arabe une désolante famine, aidée, il faut le dire, par un mauvais système de propriété et de culture et le fatalisme musulman. On se souvient de l'angoisse pénible, de la stupeui; profonde, que produisit en France la lamentable lettre de l'archevêque d'Alger, si dignement évangélique.

Les criquets ont reparu en Algérie celte année même, mais, je l'espère, partiellement. Il est dit, dans une leltie datée du 25 mai 1873, qu'àMagonta, province d'Oran, des volées d'acridiens signalées depuis plusieurs jours sont venues s'abattre dans la vallée de Sidi-Ali-llen-Youl. Pendant deux jours les habitants ont l'ait des efforts pour éloigner le fléau de leurs riches récoltes, fis parvinrent, la première journée, à faire partir les bandes vers l'ouest et à arrêter momentanément l'invasion ; mais le lendemain tout fut inutile. Iles masses jaunes et noires, malgré une ligue de leux établie sur plusieurs kilomètres de largeur, tombèrent sur la vallée et les environs, et eu couvrirent une étendue de. près de îiOO hectares. Dans la matinée du 28 plusieurs champs de pommes de terre étaient littéralement couverts de criquets accouplés, qui n'ont pas laissé une feuille de verdure; les blés et les orges ont aussi été maltraités.

Malgré le travail opiniâtre des colons et des indigènes des douars, on n'a pu réussir à éloigner ces insectes malfaisants. Le moment de la ponte étant arrivé, ces masses innombrables vont rester dans la contrée, et celle-ci, la plus riche de la province, deviendra fatalement le nid d'éclosion des criquets. Devant l'impossibibLé matérielle d'arrêter le iléau, tous les moyens connus ont été mis en pratique pour le diminuer, et la destruction des sauterelles a commencé sur une immense échelle. Des escadrons de cavalerie, des détachements d'infanterie, auxquels sont venus se joindre colons et indigènes, concourent à l'œuvre de destruction. D'énormes quantités ont été écrasées par les pieds des chevaux des cavaliers, assommées, brûlées sur les broussailles au moyen d'arrosage de pétrole, et, à latin, ramassées par sacs et jetées au feu. Les quantités détruites so comptent par mètres cubes ; mais qu'est-ce que cela ? Un -verre d'eau enlevé à la mer !

Les moyens employés dans tous les temps et par tous les peuples à l'égard des criquets dévastateurs sont analogues à ceux dont nous venons de parler pour la France et l'Algérie. Moufet rapporte, d'après Pline, Valeriola et Peucer, qu'il y a plusieurs méthodes pour détruire les œufs. Au début du printemps, on dérive des torrents sur les lieux où sont les œufs, afin qu'ils humectent toute lu superficie delà terre, ou au moins la plus grande partie. Si cela ne peut se faire en raison de la position du lieu ou de sa pente, on fait fouler la terre par les pieds d'une multitude d'hommes, de sorte qu'il ne reste aucun

endroit qui soit plus profond ou plus élevé que les autres. Si les pieds no suffisent pas, il faut se servir de la claie, du râteau, du rouleau de campagne, afin de broyer les nids plus facilement et de mieux aplanir le sol. Il est utile d'employer en grand nombre les chars de guerre, car leur passage et la rotation- répétée do leurs roues écrasent plus promptement les œufs. On doit recommander l'usage de la charrue qui retourne les terres fouillées par les sauterelles et coupe les glèbes d'oeufs. Pline rapporte qu'il était passé en loi dans le pavs de Cyrêne de combattre les criquets de trois manières : enfouir les œufs, détruire les larves, tuer les adultes, et que si quelqu'un manquait à ce devoir, il était frappé de peines. Les habitants de Magnésie et d'Kphèse marchaient contre les sauterelles en ordre militaire. Ilans l'île de Lemnos, chaque citoyen était tenu d'apporter chaque jour au magistrat une certaine mesure de sauterelles. Ces insulaires, ainsi que les Thcssaliens et les Illyriens, nourrissaient aux frais publics des mouettes, oiseaux envoyés jadis par Jupiter, touché, des prières des hommes accablés par les ravages des acridiens. Ces mouettes détruisaient et les criquets et leur funeste postérité.

Moufet parle également de l'usage où l'on est, à l'apparition des nuages de désastre, d'épouvanter les acridiens adultes par le bruit des cloches, des trompettes, des cymbales, et les détonations du canon, aiiu de détourner leurs cohortes, llcnesl qui pensent, ajoute-t-il, qu'elles peuvent être mises eu fuite parles clameurs d'une grande multitude d'hommes, comme si elles entendaient ces horribles cris, croyance que Moufet trouve absurde, fort à tort, car les insectes ont l'ouïe très-fine. Certains creusent dans les prés des fosses profondes où ils font tomber les sauterelles, terrifiées par des crécelles qui ébranlent l'air, et, quand elles y sont accumulées, on les enfouit subitement sous de la terre ou sous des décombres qu'on y jette, de manière à les tuer.

A côté de ces méthodes rationnelles et d'une efficacité partielle, on ne doit pas s'étonner si la superstition et l'ignorance ont préconisé autrefois une foule d'autres recettes, ou inapplicables, ou insuffisantes, ou ridicules. On recommande d'arroser les moissons et les herbes avec des décoctions de plantes amères, de coloquinte, d'absinthe, de noyer. On crojait que les criquets traversent sans s'abattre les pays où des chauves-souris ont été attachées au haut, des arbres. Denvs d'Utique et Cassius (ieoponica affirment qu'en semant de la moutarde dans les vignes, cette plante éloigne les criquets par son odeur acre. Le conseil est donné de laisser putréfier les amas de sauterelles mortes, atin d'éloigner les vivantes par les émanations empestées, idée aussi bizarre que dangereuse. Aristote assure que l'odeur du soufre, de la corne de cerf et du styrax brûlés chassent les sauterelles. Palladius, dans les Préceptes de Démocrite, écrit gravement que les sauterelles ne causeront aucun mal aux herbes et aux arbres si on suit le procédé que voici : on expose à l'air un vase

contenant de l'eau, avec plusieurs crabes fluviatilos nu marins, île sorli! qu'il y ait i*va]>oj-a(.iaii au soleil prudanl dis jours, puis on frotte de cette eau, pendant huit joins, tout ce qu'on veut, préserver. Arnoldus dit qu'on peut écarter les sauterelle.? par la fumée de la bouse de vache brûlée ou de la corne gauche calcinée. Pourquoi exclure, superstitieusement. la droite, demande le bon flloufot, car la raison et la nature nous montrent que les choses de droite sont préférables à celles de gauche'.' lîornoris laces citations dont l'énoncé laisse, une triste impression dans sa forme parfois burlesque. Le peu d'efficacité des ressources humaines contre tes fléaux suggère ces conceptions étranges, ces chimères destinées à calmer la peur, à recaler l'échéance du désespoir.

Mauhice Griunn.

LES CYCLONES

(Suite cl fin. — Voj. ]>. 2i1 et 211"!.) LA LO I DES TEMPÊTES.

Le navigateur, dès qu'il est entré dans une des régions du globe où apparaissent les cvclones, doit redoubler d'attention dans l'observation des signes météorologiques et. surtout dans celle du baromètre.

Ces régions sont aujoud'hui bien connues et on connaît, aussi les limites îles époques pendant lesquelles les cyclones sont à craindre.

Dans la zone intei tropicale la pression atmosphérique est soumise à des variations diurnes, d'une régularité telle, qu'elles pourraient presque servir à indiquer l'heure, de sorte qu'au moindre dérangement de cette marche uniforme, il faut être sur ses gardes. Les ouragans sont annoncés par une rapide succession de hausses ou de baisses légères. Tue hausse marquée, de quelque durée, pi'écèiie ensuite la baisse progressive du iiùeau du mercure, qui avertit, qu'on est, entre dans le cercle de la tempête.

L'apparition de nombreux cirrus qui se dissolvent et donnent, au ciel une couleur laiteuse doit éveiller l'attention dans toutes les régions. Il v a ensuite dans chacune d'elles des pronostics particuliers, qu'on trouve réunies en 1able.au dans les fluides spéciaux '. [J n des plus fréquents est la teinte rouge cuivré des nuages. Toute houle qui ne correspond pas au veut régnant doit donner l'éveil.

Plusieurs ouvrages ont donné, dès le commencement du siècle, des indications sur les tempêtes dans lesquelles le veut a un mouvement, rolatoire. Les Observations sur les vents et les moussons, que pu-

1 Guide du marin sin- la lui de* tempêtes, par Piil.lin^loti, Irarluil. par M. Cli^ rHon u ea u . l'aïi*, Malkl-liiidielici', Wt'iï. — Elude sur les ouragans de ïhéiinsphèr/: austral, pn r M. liiïitet, capitaine riu porl ;\ Sainl-Deilis JRi'miinn], — Guida desouragaas, p.ir M. Ilaiiï, capitaine éii ûv^ale. Paris, A. lîe.r- UMniJ, 187*.

bl'ia Capper, eu 1801, étaient surtout remarquables. Mais, en 183i seulement, le physicien américain Uedfield déluiit, avec une précision scientifique, la nature et la marche des cvclones, d'après de nombreuses séries d'observations. Il montra que la rotation de la grande masse d'air qui constitue ces météores a lieu eu sens inverse dans les deux hémisphères, qu'elle s'effectue constamment de l'ouest à l'est, en passant par le sud, ou en sens inverse du mouvement des aiguilles d'une montre dans l'hémisphère, boréal, de l'ouest, à l'est, en passant par le nord, c'est-à-dire dans le sens du mouvement des aiguilles, dans l'hémisphère austral.

Il lut. établi aussi que la translation normale des cyclones a lieu de chaque côté de l'équateur, où ils prennent naissance en général, suivant une parabole qui a pour axe un parallèle., et dont la convexité est tournée du côté de, l'ouest. Kn movoimc, le sommet est situé sur le parallèle de 00" dans l'hémisphère Nord, et sur celui de 20° dans l'hémisphère Sud. La .seconde branche de la courbe a fréquemment une plus grande étendue, que la première.

Le diamètre des cvclones, la vitesse de rotation et leur vitesse de translation sont très-différents. D'après les données les plus générales, h; diamètre serait ordinairement, au début, d'environ 200 kilomètres; il grandit en arrivant aux hautes latitudes et peut atteindre, 1,,')00 kilomètres. M. Keller 1 , indique li) à 45 kilomètres à l'heure, pour la vitesse de translation. Selon 11. liridet, elle ne serait, que de •i kilomètres près de l'équateur et s'élèverait progressivement jusqu'à 2o kilomètres. On a constaté à l'équateur de^ cyclones stationnaires. Dans les mers de Chine, les typhons subissent des influences locales si fortes que la forme de leurs trajectoires diffère beaucoup de celle que nous avons indiquée, et on constate fréquemment que ces météores s'approchent de l'équateur au lieu de s'en éloigner. Les observations d'un savant oflieier hollandais, M, Anilrau, ont montré que, dans les hantes latitudes, la portion du tourbillon tournée vers l'équateur atteint seule la surface terrestre ; ce qui tiendrait à ce que l'axe de rotation conserve son parallélisme.

Ou a vu, dans la relation du cyclone de, l'Amazone, qu'au centre se trouve un espace caractérisé par le calme et la baisse la plus forte, du baromètre. Le niveau du mercure descend rarement aussi bas qu'il est descendu dans cette tempête, mais souvent. il arrive à 710 millimètres environ. Autour de ce calme central, où la surface de l'eau est soulevée par une sorte d'aspiration, le vent, dans son mouvement circulaire et sa plus grande intensité, soulève une mer affreuse. M. Roux désigne plus particulièrement ec premier circuit sous le nom de zone de l'ouragan. File est enveloppée par une zone où le vent souftle en tempête et au dehors de laquelle se trouve la zone des grandes brises et des rafales.

1 Des Ouragans, lomados, typhons et tempêtes, par Kuller, ijigéiiiiiur-hj'droKrupric [Annales maritimes, 1847).

La distinction la plus impui'LaiLlc est celle des deux moitiés du disque situées de part et d'autre de la trajectoire. L'une prend le nom de demi-cercle dangereux, parce que la vitesse du vent y est la somme des vitesses de rotation et de translation, et l'autre celui de demi-cercle maniable, les mêmes vitesses se retranchant l'une de l'autre, et le vent y étant par suite relativement modéré.

Toutes les descriptions des cyclones s'accordent à signaler les environs du centre comme présentant les plus grands dangers, surtout à cause de l'énorme clapotis engendré dans la mer par le choc des vagues s'élevant confusément et retombant sur elles-mêmes. Ces mouvements produisent les lames sourdes, si dangereuses, <p.ic tous les marins connaissent.

U faut donc éviter le centre .à tout prix ; c'est la tache principale que le capitaine doit se proposer dans les manœuvres à combiner pour lutter avec succès contre l'ouragan. (Joëlle est la position de ce centre? La réponse découle de la nature même du cercle : on trouve toujours le centre sur la droite de l'observateur qui l'ait face au vent qui souffle, et à l J0° de la direction de ce vent. Des « roses de tempêtes » tracées sur de la corne transparente, peuvent aider dans cette recherche; chaque- exemplaire du Guide de Piddington en renferme une dans la pochette de sa couverture. Les noms des rumbs de venL inscrits tout autour des cercles concentriques sont utiles pour la solution de la question qui se pose, en second lieu : le navire est-il placé, sur la route du centre, à droite où à gauche, de cette route? Supposons-nous dans l'hémisphère nord et voyons comment, lorsque le cyclone avance, les vents doivent varier dans chaque cas. On reconnaîtra ensuite, inversement, la position du navire d'après la variation du vent.

Sur la ligne de translation, le navire ressentira un vent soufflant dans une direction constante, mais augmentant toujours de force à mesure que le centre se rapprochera ; il entrera ensuite dans le calme central, et en sortant du périmètre de ce calme trompeur, il se trouvera sous l'étreinte d'un vent de direction opposée à celui de la première phase et tout d'abord d'une violence extrême.

A gaucho de la ligue du centre, c'est-à-dire du côté maniable, le navire parcourra une courbe plus ou moins étendue et la direction du vent variera de droite à gauche. Du côté dangereux, à droite de la ligne du centre, la direction du vent variera au contraire de gauche à droite. On voit donc que la position du navire peut se déduire aisément de la variation du veut observée avec soin.

Nous avons donné la courhebarométrique relevée à Lord de l'Amazone, qui a passé par le centre. Naturellement, quand le navire ne parcourt qu'une corde, la courbe des pressions a une forme semblable ; seulement le minimum est situé moins bas. M. Bridet adonné un tableau déduit de l'observation d'un grand nombre de cyclones, à l'aide duquel on

peut déduire approximativement la distance du centre de la hauteur barométrique observée.

Nous nous supposerons toujours dans l'hémisphère boréal ; pour que nos indications puissent s'appliquer à l'hémisphère austral, il suffit de prendre les dénominations inverses. Considérons d'abord un navire qui se reconnaît placé à gauche de la ligne de translation, coté maniable. 11 fuira perpendiculairement à cette ligne et aura d'abord veut arrière, puis grand largue (recevant le vent par la hanche) et enfin vent de travers. Après avoir baissé, le baromètre remontera. Pour ne plus perdre de chemin, le . capitaine peut mettre alors à la cape (sous petite voile au plus près du vent), jusqu'àcequele cyclone ait entièrement passé. Un navire, de faible tonnage, se voit quelquefois obligé de prendre la cape avant d'être arrivé bien loin, pour ne pas s'exposer à recevoir de très-fortes lames par l'arrière. Cette cape doit être celle qui est désignée par le nom de bâbord amures 1 , où le navire prend le vent par la gauche, eu regardant F avant ; les changements du vent le laissent toujours dans la voile, et on évite ainsi les sautes dangereuses, qui la masquent ou la frappent par devant. Il y a des capitaines qui ont. constamment couru vent arrière après être entré dans le cyclone, et leur navire a ainsi avancé avec lui, en tournant en cercle. Piddington cite le Charles Heddle, qui a fait trois tours avant de sortir du disque de tempête.

Prenons maintenant un navire situé du côté droit de la trajectoire, ou côté dangereux. On voit tout de suite que. le vent arrière, ou le largue, jetterait ce navire vers le centre. La seule route à faire est celle qui s'approche le plus de la perpendiculaire à la course du cyclone, et il faudra prendre tribord amures, porter le [dus de voiles possible, enfin mettre à la cape quand on y sera force par la violence du vent. Avec les amures à bâbord ou risque eneorede tomber au centre, et avec ia succession des vents de gauche à droite, on risque do masquer, tandis qu'avec les amures à tribord, les vents, quoique plus violents que dans le demi-cercle maniable, donnent toujours dans les voiles.

Reste le. cas dn navire placé sur lu ligne de translation. Jl exige évidemment le vent arrière, qui transportera le navire dans le cercle maniable où il fera les manœuvres déjà recommandées.

M. Bridet consacre un chapitre intéressant de son ouvrage à la manière d'utiliser un cyclone pour faire la route qui conduit à destination. Un navire, par exemple, part de l'île de la Réunion, pour se rendre dans l'Inde, et fait route au N.-K. autant que possible. Supposons-le sous l'influence d'un cyclone débutant généralement par des vents sud-est avec baisse de baromètre. Un capitaine inexpérimenté, sollicité par le vent favorable, poursuivrait cette

1 On appelle amures les ccirrlagcs servant à aasujellir du côte eu l'aVLiiil du navire le point on l'angle de ia voile, puni- lis dispser rit! manière à te que. la surface iMoïiuuru suit Irappée par le veut loisipi'il est oblique à la roule.

LA M AT LUE

route, qui le jetterait vers le centre de l'ouragan et l'exposerait aux plus grands dangers. Il faut immédiatement la changer avant que le baromètre atteigne 755 lnm . Selon larègle modifiée pour l'hémisphère Sud, il faudrait mettre à la cape bâbord amures et attendre ainsi que le cvclone ait passé. Jlais ou peut aussi passer hardiment en avant du météore, pour atteindre le cercle maniable de. l'antre côté de la ligne de translation.

Supposons, le vent étant au S.-E., direction moyenne dos alizés, que le navire se trouve en Ji, avec le baromètre à 7.">;i"" n et toutes les apparences de l'approche d'un cyclone. Le tableau qui donne les distances du centre, pour les hauteurs du baromètre, indique 157 milles, ce qui donne encore 'Jl heures avant la rencontre. Mettons-nous dans les circonstances les plus défavorables : !a distance n'est que

Ti\u;é montrant la nuirehû d'un naviro t" val ci] j I. un evdom. 1 .

de 130 milles et le rvjiit de i\ heures seulement. Supposons de plus la vitesse de translation de l'2 nulles au lieu de 8, la moyenne ordinaire. Le capitaine aura néanmoins encore le temps suffisant pour couper en avant du cvclone. Pour cela le navire B marchera vent arrière au l\.-(J.; six heures après il aura parcouru 60 milles au moins et sera parvenu eu G, après avoir franchi la ligne de translation. Le centre aura marché, pendant ce temps, jusqu'en V et ne se trouvera plus qu'à 60 milles du navire. Celui-ci aura en C du vent de sud et avancera jusqu'en 1), où le centre R ne sera plus qu'à S0 nulles. Le baromètre aura baissé de 7o5 mi " à 740""", les rafales auront augmenté de violence; mais dès lors les dangers les plus redoutables sont franchis. fin 1) on a du vent S.-O. et on peut reprendre la route primitive. Comme le vent est très-favorable, le chemin perdu en courant au N.-0- sera promptement regagné.

M. Bridet montre aussi qu'un navire revenant de l'Inde à la Réunion peut, en présence d'un cyclone, faire une manoeuvre analogue. Entre les mois de juin et d'octobre, on rencontre assez fréquemment, près du cap de Bonne-Espérance, des cyclones qui arrivent dans cette région en parcourant la seconde branche de leur trajectoire. On peut les utiliser souvent pour

faire route vers la Réunion. Dans le retour eu Europe, il est aussi très-avantageux, pour doubler le cap, de passer résolument devant le tourbillon.

Y. ZuKCHKlt.

CHRONIQUE

Ascension du billion « le Jran B«rl. » —

Samedi, h octobre, MM. Albert cl fjaslou Tissandier oui exécuté nu nouveau vovage nérïen, ilont nos lecteurs trouveront, le récit, (tins notre prochain numéro. Ils se sont élevés de l'usine à gaz de la Villelte. accompagnés de M. tant Ilonry, astronome, du peintre M. Bonnat, et d'uu antre voyageur. La descente a eu lieu à Crouv-sur-Ourcq dans des conditions exceptionnelles, bien faites pour rassurer ceux qui prétendent encore que les voyages aériens sont dangereux.

Découvertes iTol>jcts de 1 âge de pierre. —

On trouve en ce moment, dit le Journal de Genève, près do I.usebci'/ (non loin de Cerlier auprès du lae de Hieniic), par suite do rabaissement des eaux amené par la correction des eaux du Jura, des haches de pierre, les unes avec un manche en corne de cerf, les autres eu néphrite; des aiguilles de corne, des objets de toilette consistant surtout en dents percées, etc.; outre ces objets fabriqués, on rencontre aussi en grande, quantité des bois du cerf géant, de l'élan et d'autres animaux à cornes qui n'existent plus; îles crânes de. castor, olc. M. Icnuer, de. Berne, rassemble tous ces objets et les t'ait nettover avec le plus grand soin pour les installer plus tard dans le musée archéologique.

I.t; fer en Amérique. — On estime que le dixième de la population entière dos Etats-unis vit aux dépens des manufactures et de la juoduction du fer. La valeur du métal fabriqué annuellement est de 000 millions de dollars ; 010,001) hommes sont employés dans cette industrie et lamoMinne des gages qui leur sont allouésatteinl 000 millions do dollars.

l'île nouvelle mine île eorinilon, en Pennsylvanie. --- Prés dT'uionville, dans le comté do (.'.bester, on l'ennsvlvunie, on a découvert une mine do corindon que. les propriétaires ont commencé à exploiter et à préparer pour les besoins du marché, four ce dernier sujet, ils ont monté une machine appropriée pour réduire le corindon en poudre à différents degrés de finesse. Réduit à cet état, Jo corindon prend une jolie couleur blanche et est très-net. La mine présente l'aspect d'un lit presque vertical do corindon bien disposé pour que l'exploitation ne soit pas trop dillicile. Luc profonde excavation laisse voir une gorge de près de G mètres de. largeur qui disparaît à l'est et à l'ouest, sous la couche de gravier et d'argile qui surmonte le corindon sur les cotés de la mine. La crête du lit, duquel on extrait le corindon à l'aide de la poudre, à environ 1™,70 d'épaisseur. Il est naturellement impossible d'évaluer l'étendue de la couche. Elle s'étend probablement sur toute la largeur de la colline et elle peut atteindre quelques centaines de pieds de profondeur. Le professeur Garth a récemment visité cette mine et celle do la Caroline du >'oid; il doit bientôt faire un rapport intéressant à ce sujet.

Congrès des météorologistes « l'Exposition

de vienne. — Le premier des Congrès universels de la

météorologie, convoqué à Osteude par l'illustre Maurv, n'aurait point eu lieu, si la France n'avilît secondé la grande initiative du grand Américain. Nous avons le regret du dire ipn: nous ne pourrons nous vanter d'avoir contribué au succès de celui qui s'est ouvert à Vienne le 2 septembre, car de toutes les puissances civilisées, y compris la Chine- et le Japon, la France est la seule qui ne se soit pas fait représenter. Malgré cette abstention, le Congrès a décidé que le compte rendu des séances serait publié en français aussi bien qu'en allemand. 11 est probable, qu'une édition anglaisescra également faite, mais ce sera aux frais du gouvernement britannique, et par les soins de M. Scots Russel, directeur du service météorologique qui était son représentant. Une résolution de la plus haute importance a été adoptée. Le Congrès a décidé que l'on choisirait une heure relative au méridien de Creenwick, pour organise!' des observations instantanées dans tous les observatoires météorologiques du globe. Cette heure sera probablement 9 heures du matin, qui répondra à une heure de la soirée à i\evv York et à une heure avancée de la nuit à San Francisco. Grâce à cette sage détermination, nous serons à iiièzne d'avoir nu tableau de l'état du globe au même moment physique, élément inestimable pour servir de base à toutes les comparaisons.

M. Ilonati, qui représentait le gouvernement italien, s'est fait remarquer par sou zèle à défendre cette utile proposition, dont mieux que personne il pouvait apprécier l'importance, car il venait de publier son grand mémoire fondamental sur la météorologie cosmique dans le. premier volume des annales de l'Observatoire d'Arcetti. Mais se sentant pris soudainement d'indisposition, il fut obligé de quitter Vienne avant la clôture de la session, à laquelle il avait pris une part si active, lors de ses débuts. C'était le 12 septembre qu'il expirait à Florence dans les bras de quelques serviteurs et de quelques omis. Une question qui avait été soumise au Congrès n'a point été résolue comme offrant trop de difficultés. 11 s'agissait de déterminer la place que les thermomètres doivent occuper afin de prendre la température de l'air, et de ne point se laisser influencer par les objets environnants. Elle sera de nouveau étudiée. Le Congrès a examiné également la question de la prévision du temps. Il n'a point été favorable à la publication de probabilités et a recommandé de se borner à l'annonce des phénomènes susceptibles de propagation dans un sens déterminé, I>cut-être cette interdiction estelle trop* radicale. En tous cas, il serait raisonnable, comme on le fait en Amérique rie. publier chaque jour un état comparatif des prédictions qui avaient été faites et de la manière dont elles se sont trouvées réalisées. En pareille matière, un contrôle ne saurait être évité si l'on veut être utile non point à la réputation d'infaillibilité de tel ou tel astronome, mais à la science du temps. Nous croyons savoir qu'un illustre astronome avait été désigné par la voix publique comme le représentant de la France, mais qu'il n'a point voulu accepter cette mission, parce que. l'administration n'a point misa sa disposition les moyens de représenter dignement notre nation. Le ministre n'a pas jugé convenable de faire un autre choix.

ACADÉMIE DES SCIENCES

Séance du. 6 octobre 1873. — Présidence de M. de QiurnEneE

Condensation du gaz par le charbon pur, — Le fait saillant de lu séance est la présentation par SI. Dumas d'un travail de M. Melsens sur la condensation des gaz par lu

charbon pur, On sait que, pour obtenir le charbon pur, on le soumet, sous l'influence d'une température convenable, à l'action d'un courant de chlore ; toutes les matières étrangères sont entraînées et un coup de feu tinal enlève le chlore lui-même. Dans cet état, le charbon peut condenser son propre poids de chlore, ce qui dépasse de beaucoup tout ce qu'on a vu jusqu'ici dans cette voie. Les autres gaz volatils, cyanogène, ammoniaque, acide chlorhydrique, acide carbonique, etc., sont condensés en proportion analogue ; au contraire, la condensation est très-faible pour les gaz insolubles, tels que l'oxygène, l'hydrogène, l'azote, etc. C'est en partant de ces faits que M. Melsens modifie une expérience célèbre de Faraday et rend facilement visible la liquéfaction de certains gaz. Voici comment il opère : un tube de 1 mètre de long est rempli de charbon pur que l'on sature de gaz, de chlore, par exemple. Ce lube portant, à sa partie supérieure, une petite branche recourbée, et fermée, on le soumet dans un manchon à la température de 100", tandis que la petite branche est plongée dans un mélange réfrigérant. Sous l'action de la chaleur, le chlorose dégage; il distille vers la portion froide, et là, se comprimant lui-même, il passe à l'étal liquide ; en quelques moments on a ainsi de 0™,15 à 0™,20 de Chlore liquéfié, et il suffit d'arrêter l'expérience pour que ce liquide se volatilisant, sa vapeur soit de nouveau absorbée par le charbon, toute prête à se dégager de nouveau par la même manipulation. Le froid extrême déterminé par cette volatilisation est rendu sensible par le givre qui se dépose sur l'appareil.

L'affinité capillaire du charbon pur pour certaines vapeurs est si grande qu'elle développe souvent une notable élévation de température : du brème à '20 degrés étant versé sur du charbon à la même température, on observe un éehauflement instantané pouvant dépasser i5 degrés. On a une autre preuve de celle énergie d'affinité dans ce second fait que les vapeurs absorbées par le charbon ne se dégagent que bien au-dessus du point thermomélrique où bout le liquide dont elles proviennent. Ainsi do charbon saturé d'alcool ou d'éther n'abandonne ces substances, cependant si volatiles, que vers 100 degrés.

Météorologie, fossile. — Voici une idée ingénieuse émise par M.Charles Crus. On sait que les arbres dicotylédones acquièrent chaque année nue nouvelle couche ligueuse, de façon que le nombre de ces couches indique l'âge de chaque tronc. Or il suffit d'une observation superficielle pour reconnaître que ces diverses couches n'ont point la même épaisseur, la même dureté, les mêmes caractères, en un mol : ce qui doit tenir à ce que les diverses années qui se succèdent pendant la vie d'un arbre ne. sont pas également favorables à son développement. En comparant divers troncs contemporains et en y retrouvant la même succession de couches minces et de couches relativement épaisses, on arriverait peut r être à reconstituer la météorologie des époques auxquelles ces arbres étaient en végétation. Il faudrait aussi arriver a. faire la part dans ces observations de ce qui revient à la température de l'été, à l'état hygrométrique, au vent, à l'état électrique, etc., mais ceci résulterait d'études préparatoires fertiles sans doute en faits intéressants. Enfin, les bois fossiles ayant souvent conservé tous les détails de leur structure, on comprend que le nouveau mode d'investigation météorologique s'appliquerait également aux périodes I géologiques. Il y a là, sans doute, un sujet très-digne d'exercer les elforla d'observateurs sagaces, et il faut espérer que M. Cros trouvera lui-même le movon de mettre, i ingénieuse idée à exécution.

Encore le phylloxéra. — Dans les sciences, le progrès

LA NATUIU'].

conslslc souvent dans la disparition d'uni; idée fausse qu'on croyait exacte, ou, si l'on veut, dans le rétablissement d'un problême non résolu à la place d'une solution incomplète. C'est ce ijui a lieu aujourd'hui pour le phvlloxéra. Nous avons Hit précédemment que, d'après M. Moncslinr et d'autres expérimentateurs, le, sulfure de carbone possède la double faculté de détruire le phvlloxéra en respectant l'a vigne. Il parait aujourd'hui qu'il faut revenir d'une assurance si agréable. Que le sulfure de carbone tue les parasites, voilà qui ne l'ait, au nunus jus'ju'jei, de doute pour personne, mais )1. Lccoq de

Boisbaudrant conclut de ses .

expériences qu'il punirait | bien déterminer en même temps la mort du végétal en traitement.

Le jihénnle d'ammoniaque contre la jmxlulr malifjue. — Dans une lecture écoutée avec intérêt, M. le docteur Déelat rapporte des cas vraiment frappants de guérison du charbon par l'acide phénique, et surtout par le pliénatc d'ammoniaqtie etuplové d'abord connue cautère, puis comme boisson titrée à la dose de \ à 2 grammes en vingt-quatre heures. Parmi ces cas se trouve celui de quatre bouchers qui, ernplovés pendant le siège a abattre des animaux plus ou moins malades, furent tous les quatre pris de charbon. Deux d'entre eux étant les patrons lurent soignés chez eux ; les autres, simples garçons, furent envoyés à l'hôpital. Ces derniers, malgré, l'apparence, furent les mieux partagés, car, traités par \\. Déelat et soumis par lui au traitement ammoniacal, ils ne tardèrent pas à èlre guéris ; ; pendant ce temps les deux I autris, soignés par les anciennes méthodes, virent se succédée les divers accidents de l'elfroyable maladie et succombèrent. On sait que- M. Déelat propose l'emploi des mêmes médicaments dans le traitement du étiolera. Siasislas Meemiiih.

gagées. — Un habitant tin pays, M. Frédéric Moreau, résolut celle année d'entreprendre île nouvelles recherches. Conduites avec ordre et méthode, elles viennent tout récemment d'être couronnées d'un entier succès, fin effet, après avoir relevé, non sans de grandes difficultés, et rétabli en leur place les pierres du dolmen, et déblayé avec le plus grand soin le sable qui l'obstruait, M. Frédéric, Moreau eut la bonne lui tune de découvrir, sur le dallage formant le sol du monument, le

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DOLMEN DE CAMNDA

Eu 1872, on reconnut à quelque distance du moulin de Caranda, près Fère-eu-Tarileuois (Aisne), l'existence d'un dolmen enfoui sous terre et en partie enroulé. — Des fouilles furent aussitôt opérées, niais elles amenèrent peu de résultats, par suite de l'amoncellement des pierres, qui ne purent être dé-

cràne et la plus granité pari io d'un squelette, dont l'inhumation parait devoir remonter aux temps préhistoriques, et, mêlés à ces débris, divers instruments de, la même époque , parmi lesquels figurent notamment, un poinçon eu bois de cerf ou de chevreuil, des pointes de lance et de flèche, et un grand couteau en silex finement taillé. Tous ces objets, qui présentent un haut intérêt au point de vue de l'histoire de l'homme, sont en état de parfaite conservation.

Le dolmen de, Caranda est situé au sommetd'uiie érnineuce circulaire , au bas de laquelle coule la pelite rivière d'Oureq, presque encore à sa source.

Sa forme est celle d'un carré long régulier, mesurant environ ,'i mètres en longueur, 2 en lurgeureti! en hauteur. 11 est orienté de l'est à l'ouest, mais sa véritable entrée est à l'intérieur même du monument : elle se fermait au moyen d'une pierre, mobile venant s'appliquer sur deux pilastres disposés pour la recevoir; quai ii; pierres au midi, six au nord, une seule à l'ouest, formaient les parois du dolmen dont l'ensemble était couvert par plusieurs dalles de grande dimension.

Autour du dolmen, et sur le même mamelon, ont été découvertes des tombes anciennes, où l'on constate la présence de nombreux silex, mais qui datent d'une époque relativement plus récente, aiu>i que l'attestent les armes en fer, les poteries et autres objets qui ont été trouvés au milieu des ossements.

J.n Prfjjn iHatrc-Ur./ant : Vt, Ti^A>iiu.n,

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