‹ La Nature 1873Chapitre 26 sur 171 · I.'uBSEIlVATOIltK ni'DLIIï A AI.EARÏ · texte numérisé non relu

I.'uBSEIlVATOIltK ni'DLIIï A AI.EARÏ

Nous croyons utile de présenter à nos lecteurs quelques laits du plus haut intérêt, signalés par l'excellent recueil de la Bibliothèque de Genève sur l'Observatoire d'Albanv, le chef-lieu politique de l'Etat, do New-York. Tandis que, chez nous, il faut tout attendre du gouvernement pour la création d'établis-

sements scientifiques, de l'autre côté de l'Atlantique, il suffit que des hommes d'intelligence et de bonne volonté se présentent à leurs concitoyens , pour que des souscriptions importantes et nombreuses répondent immédiatement à leur* appel. Kn 1851, quelques savants d'Albany veulent fonder un observatoire astronomique ; ils vont frapper de porte en porto, demandant à tous l'obole de la science. Aussitôt l'argent afflue : en peu de temps, les capitaux nécessaires à l'acquisition des terrains, à l'érection des bâtiments , à la construction des instruments sont sousciits; madame veuve Dudley, à elle seule, a donné d'abord 12,000 dollars; puis, elle a versé successivement dans la caisse du nouvel observatoire, 105,1)00 autres dollars. Les dons de cette honorable dame se sont élevés en totalité à 480,00(1 francs de notre monnaie. .Aussi, ne s'étonnera-t-on pas si le nouvel établissement porte sou nom. Outre madame- veuve Dudley , des notabilités d'Albany, MM. Thomas Olcolt, Devilt, l'renlice Ralhbone, ont encore souscrit pour des sommes importantes ; parmi les auties donataires on en compte plus de dix, qui, en peu de temps, ont envoyé soit de N'ew-Yoïk, soit d'autres localités des États-Unis, i ,000 dollars chacun; quant, aux souscriptions de 500 et de 100 dollars, elles ont afllué de partout en nombre considérable. Tout cela s'est fait sans bruit... et sans pétitions ministérielles !

Kn 185i, grâce à la générosité de quelques citoyens, le bâtiment destiné au nouvel observatoire, s'élève fièrement au sommet d'une proéminence 1 , située dans la partie nord-ouest de la cité d'Albanv, à 50 mètres environ au-dessus du niveau moyen des eaux de l'iludson. En 185f;, l'Observatoire est pourvu d'une grande lunette équatoriale, de 13 pouces anglais d'ouverture effective et de la pieds de longueur focale ; l'instrument est muni d'un mouvement d'horlogerie et do six oculaires micrométriques, dont les grossissements varient de 100 à 1 ,000. 1! compte, en outre, un superbe cercle méridien, fixé à une lunette de 10 pieds de longueur focale et de 8 pouces d'ouverture, un magnifique iwsLrumc.nl de pussayes. Bientôt rétablissement possède un chercheur de comètes, construit par Alvan Clark de Boston, et dont la lunette est montée équatonalement, un nouveau chronorjraphe inventé par le professeur Mitehel, un dccli.nomètre, du au même savant, un nouveau baromètre automatique enregistreur, de Ilough, une machine à calculer, exécutée par les Suédois E. et G. Soheutz. Cette machine n'a pas coûté moins de 5,000 dollars ; elle a été construite pour les quatre premiers ordres de différence, et on s'en est servi très-avantageusement pour le calcul d'éphémérides de petites planètes.

L'Observatoire d'Albany continue aujourd'hui à fonctionner et à progresser, sous l'intelligente direction de M. G.-NV. Ilough; il a déjà rendu des services importants à l'astronomie, à la météorologie; il en rendra d'autres encore. Mais nous ne voulons pas parler ici des travaux qui y ont été exécutés ; notre

bul a été surtout de mettre eu relief un bel exemple de l'initiative privée, dans la fondation d'une œuvre de science. Les veuves Dndley se rencontrent fréquemment aux Etats-Unis; elles sont malheureusement Fort i\trcs en "France.

Gaston Tissamuf.r.

LES IXFINIMENT PETITS

La nature a prodigué partout avec une étonnante prodigalité les espèces inférieure? de l'animalité. —

Fi£. 1 , — Moniulca.

L'Océan, l'eau des fleuves, des rivières et dos élangs, sont peuplés d'une myriade de. petits êtres qui se-

Kolpodes

raient à jamais inconnus à l'homme sans le microscope, que l'illustre M. Miclielct a si bien appelé un sixième sens. Ges animalcules sont tellement petits qu'une gouttelette d'eau suspendue à la pointe d'une

aiguille peut en contenir plusieurs millions. D'après Glircnberg, le Gange en transporte en une année une quantité si prodigieuse, que la masse réunie de ces animalcules formerait un volume supérieur à celui de la grande pyramide. d'Egypte. « Les infusoires, a dit im naturaliste distingué, sont à la fois les animaux les plus petits et les plus nombreux, de la nature. Ges êtres microscopiques constituent, aussi bien que, l'espèce humaine, un des rouages si compliqués de notre globe. Ils sont à leur rang et à leur échelon : ainsi l'a voulu la Grande, l'ensée première ! Supprimez ces microscopiques bestioles et le monde sera incomplet ! Ou l'a dit il va longtemps, il n'est

Ki£. ?i. — liotifi'ires.

rien de si petit à la vue qui ne devienne gi réflexion ! »

and par

liifusoiirs divers.

L'étude des infusoires offre un grand charme : tout le inonde peut s'en occuper avec le concours d'ur bon microscope. Une goutte d'eau prise dans uni mare vous révélera des mondes nouveaux, effrayants

même par leur ]>izai - fci"ie, par leur richesse. Laissa séjourner quelques débris végétaux, uni; fouille, nu brin d herbe dans nue soucoupe contenant do l'eau. Après un jour ou deux, l'eau se couvrira, d'une pellicule, elle aura, perdu sa limpidité. L'ne goutte de cette eau, placée sous le microscope, apparaîtra remplie d'iufusoircs 'divers. On verra des viotmiies, (iig. 1) du véritables pojtits, qui sont au microscope ce que les nébuleuses sont au télescope. Ces petits d entre les petits paraissent être en quelque sorte des molécules agitées, desalomesquise meuvent. La dimension de leur corps atteint à peine la trois-millième- partie d'un millimètre.

Après les monades, les êtres que l'on rencontre le plus généralement dans une infusion préparée connue nous l'avons indiqué précédemment sont les liolpodcs (Tig. 1). lis ont la forme d'un bavicot ; leur corps est transparent, et l'on y distingue, différents globules arrondis, que les micrographes consider eut comme leurs intestins ou leurs œufs. Les Rolifères fiig. o) ont une tète garnie de cils vi brailles, qucl'oii voit s'ngitersans cesse avec une étonnante rapidité ;

amimc les Kolpoiies, ils sont transparents et laissent ' voir, dans l'intérieur de leur substance, leur masse intestinale. Les rotitères se meuvent aussi dans l'eau avec une grande agilité , et ils ont la faculté de contracter instantanément leur corps, pour se pelotonner eu boule. Ces êtres étranges ont la propriété de ressusciter après avoir été desséchés.

La multiplicité des espèces dans le monde des ini'usoires est extraordinaire ; il eu est de toutes les formes; la ligure o eu montre quelques individus différents, fidèlement dessinés d'après nature. Le mode d'existence et de propagation de ces infiniment petits fournit à l'observateur des faits du plus haut intérêt, l'emplis d'imprévu et de révélations curieuses ; nous V reviendrons très-proeliainemeiit.

M,u:l[iiit' €;lecEro-]ii

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