PHÉNOMÈNE ACOUSTIQUE
DE GEBEL-KAGUS.
Le (iebel-Xagus est. une colline sablonneuse qui fait partie des contre-forts oeeidentanx du massif de Sinaï, et. qui est à environ huit ou dix kilomètres du petit port. de. Tor. It'après les nouvelles observations du capitaine H. -S. Palmer, le sable de celte colline aurait l'étonnante propriété de rendre des sons musicaux, quand il est agité pur des causes naturelles ou accidentelles. La légende indigène rapporte qu'autrefois il existait un monastère, plus tard enseveli dans les sables, dont les moines faisaient cnlendre le nagus on trompette de bois, de là le nom géographique.
L'étendue de la pente sablonneuse s'élève jusqu'à f>0 mètres de liant. Le sable paraît différer peu de celui du désert environnant; ses grams, assez forts, sont des débris de quartî. Ils sont de même nature que les rochers des environs, friables, avant la cassure jaunâtre; ils sont brûlés du soleil. Ce sable est si homogène et propre qu'il suffit du passage- d'un homme, d'une bête de somme ou du vent pour provoquer sur cette pente inclinée environ à !29° le départ d'une traînée. Quelquefois aussi l'excès de chaleur combiné avec la pluie déterminent une. séparation de la croûte superficielle avec les particules sablonneuses. Quand le mouvement du sable acquiert une certaine importance, il se forme de petites ondulations de sept ou huit centimètres de hauteur, que l'on pourrait comparer avec quelque exactitude à de l'huile ou un liquide épais qui coulerait sur une glace, avec des courbes et des festons variés. On entend alors un bruit singulier; léger au début, il augmente avec la rapidité de progression du sable, jusqu'à ce qu'atteignant son maximum d'intensité, il soit perceptible à distance. Il dure pendant tout le temps que le sable glisse sur la pente.
Ce son est difficile à décrire; il n'est ni métallique, ni vibratoire ; il ressemblerait, plutôt aux notes les plus aiguës d'une harpe éolieime, ou bien encore au grincement produit par un bouchon que l'on promène durement sur un verre mouillé. On pourrait, aussi le comparer au bruit, de l'air chassé rapidement d'un flacon \ide; tantôt il produit à l'oreille du voyageur l'effet du tonnerre éloigne, tantôt celui des sons graves du violoncelle.
Le, capitaine 11. -S. Palmer aurait observé que les couches superficielles étaient plus propres à la sonorité que les couches sous-jacentes. Le sable à la température d'environ 40° centigrades est d'autant plus
mobile que la sécheresse détermine, le glissement ; se le mouvement du sable se produit quand il y a un peu d'humidité à sa surface., le bruit est insert sible.
Ou a tenté, de faire des fouilles pour connaître l'épaisseur de la couche de sable et la nature du sol sous-jacent, mais le glissement des sables supérieurs remplissant toujours les tranchées a été un ohstaele insurmontable. Dans certains endroits, on n'a pas rencontré autre chose que du sable; dans d'autres on a mis à nu un roc dur et compact.
rendant les jours d'été, sous le soleil brûlant, quand souffle le vent du nord-ouest, le phénomène acquiert toute snn intensité. Le capitaine Palmer l'a remarqué sur plusieurs pentes de la même colline, sans trouver d'autres différences dans la production des sons que des rapports plus ou moins accentués avec la dhection du vent. Cette particularité sur le compte de laquelle on n'est pas encore bien définitivement fixé semble due.au choc répété des grains de sable les uns contre les autres.
On connaît plusieurs phénomènes semblables dans d'autres endroits et notamment, à Rog-Ravan, à ."iO kilomètres île Caboul, et dans les plaines sablonneuses d'Arequipa, au Pérou. Dans le Sahara, les vents légers qui frôlent les collines de sable produisent également une vibration particulière de même nature.
il. (itaxiio.
MACHINE SCHEMIÛTH
L'agriculture a depuis longtemps cherché à s'approprier la vapeur pour remplacer le bras de l'homme ; mais diverses circonstances, inhérentes à la pratique même des moteurs à vapeur, en ont dans ce cas restreint l'application d'une façon désastreuse pour les intérêts privés. L'une des premières causes, sinon la principale de celles qui nuisent à l'emploi général des machines tocomobiles , consiste dans la difficulté de se procurer, à des conditions d'économie pratique, le combustible (houille ou coke) nécessaire à l'alimentation des foyers. Il est aisé de comprendre les embarras que présente , dans une grande exploitation agricole, le transport d'une, masse considérable de charbon sur les divers points, souvent très- disséminés, où doit fonctionner nu moteur à vapeur.
C'est en vue de surmonter ces obstacles qu'un ingénieur russe, II. Schemiotb, a eu l'idée de modifier ! le loyer des machines loeomobiles de manière à pouvoir y utiliser toute espèce de combustible. D;uis ce but, M. Schemiotb a entrepris, avec l'aide de MM. Ransomes et llead, constructeurs à [psvvich (comté de Suffolk), une série d'expériences et de recherches fort longues, ayant pour objet d'appliquer les débris végétaux, et la paille en particulier, au chauffage des générateurs de vapeur.
Pour bien saisira quel point cette idée t'tait ingé- ! liqm; sont rouvertes presque en totalité par lus cnllunieuse et féconde en résultats, il faut remarquer que its de blé ou de maïs. A l'époque de la moisson, le
l'Ancien et le Nouveau-Monde renferment d'immenses contrées où le blé abonde tellement que la paille n'y a aucune valeur vénale : l'Amérique du Nord, de]iuis
peu pies nomades île ce-; diverses contrées abandonnent momentanément, les villages pour établir des campements nu milieu de leurs t'erliles prairies; lorsqu'ils
la Sierra-Nevada jusqu'à l'océan Pacifique, les vastes i ont fauché le blé, puis battu la récolte, ils transporprairies de l'Amérique du Sud, et enfin la pallie orien- t tenl péniblement les «vains, sur des chariots attelés talc de l'Europe eompriseentre lamer Noire et l'Adria- ; de linuifs, à travers des routes à peine tracées, jus-
l.n ui.ulii \]f. Sklir niolh ;\ l'E\|iO'-itin[i dr Vintin
qu'aux entrepôts établis sur le bord des lleuves. lies [ grains sont alors portés par bateaux jusque dans les grandes villes, d'où ils doivent être expédiés sur les lieux de consommation. 11 est facile de comprendre quel parti on peut tirer, par un emploi intelligent, des ressources spéciales mises à la portée de. l'homme par ces grandes exploitations; en ei':et, la paille est à vil prix ou mémo à un prix nul dans ces jiajs privés de bétail où elle se trouve eu surabondance. L'idée de sou utilisation comme combustible une fois ad-
mise dans le but de suppléer aux bras de l'homme par le travail de puissantes machines, examinons comment les inventeurs ont résolu le.s difficulté? pratiques de l'exécution.
Lorsqu'on veut appliquer au chauffage d'une chaudière à vapeur des matières végétales, telles que h paille de blé ou de maïs, les joncs, les tiges de cannes à sucre, etc., on rencontre divers obstacles. La paille, par exemple, sous un volume assez considérable, fournit une quantité de chaleur notablement [du;
LÀ NATURti.
faible que celle obtenue avec un poids égal de charbon; il importe donc, si l'an ne veut dépenser du combustible en pure perte, d'agrandir le foyer et de réduire, autant ipie possible, le volume de la paille employée pour le chauffage. Une autre difficulté inhérente au procédé consiste dans l'accumulation, sur les grilles du foyer, d'une quantité énorme de matières siliceuses qui finiraient, par les obstruer complètement si l'on n'y prenait garde. Il en résulterait que le tirage nécessaire à la combustion ne s'eiïectuant plus, la boîte a fou se trouverait bientôt encombrée par le combustible éteint .
Pour obvier à ces divers inconvénients, les inventeurs emploient les dispositions suivantes : ils agrandissent un peu le loyer; d'autre part, ils remplacent la grille ordinaire à coke par une autre, dont les barreaux sont écartés de dix centimètres environ ; dans chacun des intervalles de ces barreaux passe une dent d'une sorte de îàteau, monté sur une tige mise à portée de la main du mécanicien. 11 suffit de manœuvrer de temps en temps cette tige pour faire tomber les cendres accumulées sur la grille ; un tuyau relié, à la pompe d'alimentation et aboutissant au cendrier permet au besoin d'inonder d'eau froide les cendres brûlantes que le vent [leurrait emporter. Lorsqu'il s'agit d'introduire la paille dans le foyer, ou la place d'abord dans une sorte d'auge disposée comme, l'indique la ligure; cette paille vient alors s'engager entre deux rouleaux cannelés tournant en sens contraire, qui la chassent dans l'intérieur où elle est brûlée successivement avec une régularité parlaite. Au moment où l'on commence à allumer le feu, ces rouleaux sont mus par lamain d'un homme; mais une l'ois la machine mise en train, une. courroie sans lin entretient automatiquement leur mouvement de rotation; il suffit dès lors d'un cillant pour remplacer la paille à mesure qu'elle est consumée, ï'.nliu si l'on veut utiliser le charbon dans les foyers Scliemiolh, une manœuvre très-simple permet de changer la grille et la plaque d'arrière de la boîte à feu. Une de ces locornobiles figure, en ce moment, à FKxposition universelle de Vienne l .
P. W. SAIXT-ïllCIIKt.
CHROMQUE
I.e nrotoxyde d'azote. — Le protoxyde d'azote, dont un grand nombre Je dentistes font aujourd'hui usage comme auesthésique, a été découvert par l'illustre Priestley en 1772. C'est en avril 171)9 que sir Ihmiphry Davy expérimenta sur lui-même l'action de ce gaz sur l'économie animale. Les sous et l'esprit du célèbre ihirnislc anglais furent exaltés à tel point par l'inspiration du protoxydo d'azote qu'il fut transporté dans nue véritable extase. Il proposa de désigner le protoxydo d'azote sous le nom de yaz hilarant.
Les documents de cet article sont empruntés à YEnginve-
riwj.
Malgré les nombreuses expériences auxquelles le protoxyde d'azote a été soumis depuis, les opinions les plus contradictoires ont été émises relativement a son action physiologique. Les deux points de l'action de ce gaz, comme gaz respirable et comme agent auesthésique, encore aujourd'hui controversés , viennent d'être élucidés par MM. F. Jolyetet T. Blanche.
Ces expérimentateurs ont placé des graines d'orge et de cresson sous des cloches contenant le protoxyde d'azote pur; les graines n'offraient aucune trace de germination, même après un espace de temps de quinze jours. D'autres graines semblables placées de la même façon dans l'air atmosphérique sont entrées en pleine, germination le troisième jour. MM, Jolyot et Blanche ont reconnu que le gaz liilniftid arrêtait complètement le développement des graines germées et que celui-ci se continuait dès que l'accès était ouvert à l'air atmosphérique. Ils ont constaté que les fonctions essentielles de la respiration ne peuvent pas non plus s'effectuer dans une atmosphère de protoxyde d'azote pur. Des oiseaux y sont morts en trente secondes, des lapins et dis chiens en quelques minutes.
Dans nue seconde série d'expériences, les savants dont nous analysons le turieux travail, ont recherché si le protoxyde d'azote possède réellement les propriétés aneslliésiques qu'on lui attribue. Le prutoxvdc d'azote mélangé de ■ 1S à 21 pour 100 d'oxygène, n'a causé sur des chiens aucun affaiblissement appréciable de la sensibilité; des moineaux placés sous des cloches contenant un semblable mélange gazeux, sont morts après avoir transformé par leur respiration l'excès d'oxvgène en acide carbonique. Chez les animaux respirant le protoxyde d'azote pur, les auteurs ont constaté, en excitant, à divers moments, le nerf sciatique, que la sensibilité disparaissait chez ranimai entre la troisième et la quatrième minute, c'est-à-dire à un moment où l'animal offrait tous les signes de l'asphyxie, comme l'a prouvé d'une manière irrécusable l'analyse des gaz extraits de son sang. MM. Jolyet et Blanche concluent de leurs remarquables investigations que si le protoxyde [l'azote peut à un certain muiuentdéterinincr l'anesthésie, c'est par privation d'oxygène dans le sang, c'est-à-dire par asptivvie 1 .
Lst-il prudent d'après ces recherches et ces résultats d'employer le protoxvdc d'azote, dans les opérations chirurgicales et dans l'extraction des dents '.'La réponse évidemment semble devoir être négative. Cependant nous ne i pouvons nous empêcher défaire observer que depuis longtemps bien des personnes ont supporté Faction du protusvde d'azole, sans qu'il en soit résulté aucun accident,
ttne forêt submergée sous la Tamise — On
sait en Angleterre qu'à Plumstead, à Dagenbain et dans d'autres parties de la Tamise, entre Wtotwich ctErith, on peut voir à la marée basse les restes d'une forêt submergée sur laquelle le fleuve coule aujourd'hui. Ce fait a été décrit il v a environ cent cinquante ans par le capitaine Ferry, Kn 1817, le doyen Guckladden a fait l'objet d'un mémoire qu'il a présenté à la Société géographique do Londres.
Lu assez grand nombre de membres de l'association géologique, se sont récemment rendus à la station d'Ahbey Wood et, de là à travers les marais, de Plumstead à Crossness, où des barques les attendaient pour aller visiter les restes de cette forêt submergée et les sommets émergeant des arbres sur Ses bords do la rivière...
On avait fait des excavations dans les marais à environ
1 Comptas rendus de l Académie des sciences, t. LXXMIj u° 1 (7 juillet 1873).
l'ifi
l.\ NATUKK.
douze pieds de profondeur. Le toi de lu forêt avec tous les objets intéressants qu'il recèle, a clé mis à nu et expose aux regards.
Au-dessous de six à huit pieds de terre d'alluvion, on a trouvé un sol formé de branches, de feuilles, de se mciices, de troues d'arbres, qui appartenaient il l'if, il l'aulne et au chêne. Une collection de restes d'animaux consistant encornes de cerf, en ossements de hieul's brachycéfil aies et d'autres espèces récentes, ont été mis sous les veux des visiteurs IJvitnuU offiriel).
Sir et lady Samuel Baker. — L'intrépide evnloratour docit le télégraphe orienta! nous a appris le retour, est actuellement au service du pacha il'lyiMute qui Un a confié une petite année. Il y a huit ans qu'il a ulileuu la grande médaille d'or de la Société- royale de géographie de Londres pour la découverte du lac Albert-Xyanza dans lequel le 1\U se jette en sortant du lae Wcloria-Mvanza par une immense cataracte qu'il a nommée chilien de ihtrcltison. Le lae Albert-.\yan/a se trouve à sept jours de marche seulement de Oondokoru, dernière station européenne eu les méthodistes anglicans ont entretenu pendant quelques années une mission évaugélique récemment licenciée.
Dans son premier voyage comme dans l'expédition qui vient de se terminer, sir Samuel i'aker était accompagné par sa femme qui a refusé de le quitter et qvii a partagé Ions ses dangers.
La Perse contemporaine. — Il ne faut pas piger delà richesse des Persans par la splendeur des gi mines qui décorent la poitrine du roi des cuis. Le pavs i'e Cyrus n'est [dus aujourd'hui ce qu'il était à l'époque où Un peuple énergique préludait à la fondation d'un immense empire. La principale cause de celte décadence parait être l'invasion d'une sécheresse toujours croissante, certainement duc en grande partie à la nature qui vient aider l'inipéiitie des hommes. Ses lleuves se dessèchent du côté du nord par suite d'un exhaussement progressif du terrain qui a mis à sec Lien des lacs anciennement en communication avec la mer d'Aral ou avec la nier Caspienne.
L'Oxus, dont les rives étaient jadis habitées par une population nombreuse, traverse actuellement un désert aride dans une grande portion de son cours. Là et là îles dunes de sel indiquent la place qu'occupaient du temps de la splendeur delà Perse les niasses d'eaux salées qui, dans les temps anciens, devaient faire partie d'une grande mer intérieure.
Il n'y a pas dans ce inonde, que les hommes qui meurent ; les peuples eux-mêmes ont leurs périodes de prospérités et de décadence, beaucoup plus intimement liées qu'on ne le croit, à la nature intime des choses.
La culture du dattier. — • L'agriculture dans le Sahara se. réduit ii cultiver le palmier-dattier; ces arbres des latitudes tropicales ne viennent qu'aux lieux où l'industrie des Arabes est parvenue à arracher à 1 1 terre des nappes d'eau souterraines, on à. conduire au moyen de canaux, l'eau qui suit naturellement la pente des vallées. Les puits artésiens indigènes, les conduits dits feggara destinés à réunir toutes les eaux d'infiltration, prouvent autant de sagacité que. d'opiniâtreté.
La tige du palmier est amlegine comme celle du coeolier et du bananier ; elle n'a' pas de véritable écorco, ou plutôt la base des feuilles forme une sorte d'enveloppe rugueuse. Le palmier vit plus de cent ans. Il est diolque; ses fleurs soûl toutes uniquement mâles ou femelles. Au printemps, à l'époque où ses régimes commencent à s'épa-
nouir, ou procède à la plantation des arbres femelles. la fécondation se fait artificiellement au mois d'avril, par un honnie qui, monté au sommet de l'arbre, secoue une branche de palmier nnilc au-dessus des fleurs femelles.
Il est de toute importance que l'arroscment soit permyi nenl, car suivant un proverbe arabe : « le palmier doit avoir le pied dansl'cau et la tète dans le l'eu. » Les groupes d'arbres qui forment des oasis plus ou moins importants sont irrigués comme le sent nos prairies, au moyen des ressources naturelles eu artificielles que la nature a mis à la disposition des Arabes. Si l'oasis nVl pas du tout arrosée, c'est que la nappe d'eau soulei raine pouf. être atteinte directement par les racines des palmiers. L'oasis est pour le Saharien le refuge contre les ardeurs du soleil, le lieu où il peut élaucher sa soif, et une ressource pour l'alimentation; sans lui, les sables seraient inhabitables.
On cultive, sous l'ombrage, dos léeunies qui viennent également bien à toute époque de l'année ; l'arrosage se fait aussi par rijolage. Les navets, les oignons, les carottes, le piment et la jilupart des légumes européens y ont une rapide croissance, mais la saveur est moindre que dans le Nord. La luzerne [saffssn] fournit jusqu'à six coupes par au. 11 existe dans quelques oasis des plants de eiitiin, de tabac, mais surtout de henné.
Comme le palmier est un arbre qui ne mûrit que sous les climats chauds et jouissant d'une température uniforme, il ne réussit que médiocrement sur les limites du Tell libérien. La récolte a lieu en novembre; nu moule dans l'arbre, pour couper les régimes. Sa valeur varie de 5 francs à 101) francs, suivant son développement. Le rapport est estimé de 5 fraies ;'i M) francs. V Slli-Okba, à Biskra, dans le Scmf, le rapport moyen est do SU francs.
Tremblement» de tert-e de la Turquie d'Asie, du « liili et des Éiats-L'iiis. — Le tremblement de. terre do la haute Lalie, a été précédé sur divers poinls du globe, de phénomènes semblables dont l'action s'est fait sentir à liagdadle 21 juin, et au Chili un mois environ auparavant, le I .'i mai dernier. Le tremblement de terre du Chili, a offert un caractère de gravité très-sérieux ; les secousses ont été très-violenics, à Valparaiso, à Santiago, îi (Juillota. à La Ligna, à Caiiguenes ctà Salvador. Les oscilla ■ lions du sol ont eu lien à Yalparaiso à midi î>2 minutes et ont duré 42 secondes. La terre tremblait d'une façon effroyable sous les pieds des habitants terrifiés; deux églises et plusieurs maisons ont été fortement endommagées ; des hivaux de. gaz ont été arrachés des plafonds où ils étaient fixés, des livres précipités des bibliothèques qui les contenaient.
bans la matinée du G juillet, trois secousses ont élé ressenties à liuffalo aux États-Unis. Les monuments se sont mis à trembler violemment ; les navires en rade dans le port du lae, Erié, ont subi l'influence de cette commotion. Quelques journaux anglais ajoutent que des secousses ont été ressenties dans h s Indes, la veille du tremblement de terre italien, mais ce l'ait est erroné; l'événement dont, ils parlent est antérieur d'une année au cataclysme de la Saint-Pieire ; il a ru lieu le 28 juin 1872 et non le 28juiu 1873, comme le rectifie, une excellente feuille des Indes anglaises, le Bombay Times.
!,<■* liallonx militaires français. — Nous sommes heureux d'annoncer que lo rapport fait par la commission mixte dans laquelle le. ministère des finances était représenté parle directeur général des postes, et le ministère de la guerre par des officiers supérieurs du plus haut mérite, propose rétablissement d'une école aérostatique.
Tout ce i[ui concerne les aérostats destinés à !a défense des places fortes, sera sous la dépendance de la guerre. Mais l'administration îles postes conservera la direction du service des pigeons voyageurs, et un pigeonnier central sera établi au jardin d'acclimatation. Miil doute que les conclusions revêtues de l'autorité de M. Ramponl, qui a rendu tant de services à la défense nationale en improvisant la poste aérienne du siège, n'entraînent l'adhérion des ministères compétents, et ne soit consacrées par un vote de l'Assemblée Nationale.
Une ascension aérostatique a Berlin. — Un
aérostat dont la Société aéoronautique et l'Académie des sciences se sont également occupées il y a quelque temps, a été conduit par son propriétaire... à Berlin.
Les journaux allemands nous apprennent que 51. Syvel a tenté (levant un nombreux public au commencement du mois de juillet une expérience qui a échoué de la façon la plus complète. Le ballon qu'on avait eu toutes les peines du inonde à gonfler, a fini par s'accrocher à un candélabre monumental.
Les Allemands ont accueilli la déconvenue de l'aérunaute français avec leur bienveillance ordinaire.
M. Syvel est le premier de nos compatriotes qui ait tenté une expérience de ce genre de l'autre coté du Rhin. 11 ne ligure point sur la liste desaéronautosdu siège.
Le docteur Carpenler a l'Académie des seScn-
ees. — ■ Nous nous faisons utl devoir d'enregistrer la nomination du docteur Carpenler , le célèbre micrographe anglais, comme correspondant delà section île Botanique de l'Académie des sciences.
C'est à ce savant naturaliste que l'on doit les recherches exécutées dans les mers profondes.
Après avoir dirigé d'une façon brillante, les croisières de la ï'rocurpine et du Lightninrj, le docteur Carpenler a employé sa haute iulluence pour déterminer l'amirauté britannique à faire les frais du voyage de circumnavigation exécuté par le Challenger dont nous avons parlé dans notre dernier numéro. Le docteur Carpenler présidait, l'an dernier, le meeting de l'association scientifique de Urighlon. Son discours inaugural qui se faisait remarquer par des tendances philosophiques peu communes en Angleterre, a eu à cette époque les honneurs d'uue reproduction intégrale dans le Journal officiel et dans plusieurs journaux français. M. Carpenler est auteur du traité de micrographie le plus estimé de l'antre coté de la Manche, où ce genre d'études est, comme on le sait, poussé à un très-haut degré. On peut dire que c'est le Charles Rabin des Anglais, quoiqu'il soit un spiritualiste très-convaincu appartenant à l'école d'Agassiz.
L'expédition allemande du Congo. — La société africaine de Berlin dont nous avuns annoncé la formation récente (voy. p. 52) a déjà envoyé une expédition au Congo, pour rechercher les sources de ce- fleuve. Mais elle n'a pu parvenir à Saint-Paul de Loanda port de la cote occidentale d'Afrique où elle devait débarquer pour échapper h l'hostilité des populations nègres qui l'habitent. Elle a fait naufrage dans l'Océan Atlantique, et les savants qui la composent ont été recueillis à Sierra Leone par le consul américain. ,Nous sommes heureux d'ajouter que ce contretemps ne sera point sans doute préjudiciable aux progrès de la géographie. Car une expédition anglaise opère déjà dans ces contrées, et un jeune voyageur français qui a récemment développé son plan d'explorations devant la Société de géographie de Paris doit t\iji être arrivé à Saint- Paul de Loanda.
l/afrique parait singulièrement rebelle aux lentalhes
des Allemands, car jusqu'à ce jour, l'histoire des expéditions tentées par nos vainqueurs n'est guère que le martyrologe de ceux qui les ont entreprises. Les Allemands s'entendent bien mieux, il faut le reconnaître, à décrire et à découvrir de nouveau les pays déjà explorés, qu'à être les véritables pionniers de la colonisation militante.
Découverte d'Arachnides dans les gisements métallifères de ISiidlej. — Les gisements de CoalhrooL Baie sont depuis longtemps renommés pour les restes organiques qu'ils contiennent, tels que feuilles de fougère, insectes, ossemenls divers. Une' fdliille nouvehVu amené à jour un spécimen do, a faux scorpion » du genre Phrynus, actuellement encore vivant, et non pas un coléoptère, comme le supposait Samouelle. Ce reste paléontologiqne est assez bien conservé pour offrir distinctement sur les faces dorsale et ventrale les caractères particuliers à son espèce ; il a quatre paires de pattes, qui se rencontrent au-dessous du céphalothorax, M. Woodward lui a donné le nom de Eophrynus, qu'il fait suivre du nom genre de Curcu-' Hoiries. Le nombre des insectes découverts dans le Coat- Measitves est de Ai ; ou y voit des représentants des Myriapodes, des Arachnides, des Coléoptères des Orthoptères et des jMcuroptères.
j I,es apports du Xîl et le canal de Suez. — ■
! La question des atterrissemenls du>i\"ii est devenue importante dans ces dernières années, par suite des obstructions qu'ils pourraient provoquer à l'entrée du canal de Suez.
. M. Larousse a été chargé, par la Compagnie, d'examiner les modifications de l'appareil littoral et de comparer d'après des
! documents deux fois séculaires, les ensablements qui se produisent aux bouches: de. Damiette et de Rosette^ 11 a développé, dans un mémoire topographique, que le cordon bttoral a peu varié depuis les temps historiques et qu'il ne se forme pas de nouvelles dunes dans l'isthme. 11 a également établi que les apports du Mil, essentiellement vaseux, ont peu d'inlluenie sur la disparition de la cote actuelle et que par conséquent il n'y a pas à redouter d'ensablements dans les régions de Port-Saïd. Un des principaux arguments de la commissionorganisée par la Compagnie, était que les ruines de Pélusc sont aujourd'hui sensiblement à la même distance de la mer qu'au temps de Straliou, vers le commencement de l'ère chrétienne.