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LE SECOND TL-NNEL SUIS LA TAMISE

Avant d'avoir parcouru la Tamise, je ne m'expliquais pas pourquoi les Anglais avaient, creusé un tunnel sous son lit au lieu d'en réunir les rives par un pont; mais, quandj'eus vu de mes veux le nombre prodigieux de navires à la liante mâture qui sillonnent incessamment le fleuve depuis le pont de: Londres jusqu'à la mer, je compris que la construction d'un pont tournant était impossible dans cette partie de la Tamise, car il aurait entravé la navigation sans ainéliorerseusiblement la viabililé terrestre, puisqu'il aurait du rester presque toujours ouvert

Aussi, les premiers projets de voie sous-lluviah remontent-ils loin, lin 1813, Dudd proposa de construire un tunnel sous la Tamise entre (ii avesend el Tilbury, les travaux furent entrepris niais promplcineut interrompus, lin 1817, on en cununenra ]in autre, à Londres même, entre Rotlir.rbifhe et Liniehuuse, on y travailla jusqu'en 1825 et, après six ans d'efforts et de dépenses, il fallut l'abandonner. Sans se décourager, lsambard Brunel se disposa, la même année 1823, à creuser une voie sous-iïuviale entre Wapping et Piotherliillie Les Iravaux en furent commencés eu 1823; tout le momie, sait que les diliieultés turent inouïes et que le, fécond esprit de Brunel réussit à tontes les parer. Après quatre inondations moins graves, les eau s: s'engouffrèrent une cinquième (ois dans le, tunnel en construction, au mois d'août 1828, en noyant les ouvriers.

Le creusement fut suspendu par cette catastrophe, mais eu janvier 1853 le tenace ISnmel le reprit et celte fois le mena à bien. Le tunnel fut inauguré le 23 mais 1843. 11 a 500 mètres de longueur, ll E, ,()0dc largeur, et esta 19'", 30 de profondeur au-dessous du sol. Il est divisé en deux galeries accouplées, de (i'",83 de hauteur, réunies par des arcades uiitovennes.

Je l'ai visité pour la première fois il y a quelques années. Le tunnel ne pouvait être traversé, que par les piétons, et l'une seulement des deux galeries jumelles leur était réservée, l'autre était divisée en boutiques auxquelles les arcades de communication des deux voies coiitigûes servaient de devanture; Je

gaz éclairait ce, passage, pour lequel il n'y avait ni jour ni nuit. Tous les étrangers affluaient dans ce bazar sous-fluvial.

.l'ai de nouveau, traversé le tunnel récemment. Les piétons n'y passent plus, les boutiques en ont été enlevées, le gaz est éteint; est-ce une destruction? Non, c'est un progrès. Le tunnel a été acheté, en 1866, pur la London Brighton and south Coast railway Company pour permettre à son réseau d'aller, par dessous la Tamise, se soudera celui de la Gréai Editent railway Company; on a établi les pentes, les tranchées, les souterrains nécessaires pour amener les wagons jusqu'au passage sous-lluvial; chacune de ces deux galeries, réservées jadis, l'une aux passants, l'autre aux marchands, est maintenant occupée par une voie de fer. Les voyageurs peuvent toujours passer sous la Tamise pour un penny; mais, depuis 1870, c'est eu wagon qu'ils vont, en deux minutes, de Wap])ing à Iiotberlutbe ou de Ilotherhitbe à W appuig.

Au point de vue de l'art de l'ingénieur, ce tunnel de brune] est une œuvre magnifique, mais, financièrement, il a été la cause d'un épouvantable désastre. Avant les travaux d'appropriation au pasage des trains, il avait déjà coûté 13,330,000 francs et ne rapportait pas un demi pour cent du capital dépensé. Aussi, pendant bien longtemps, ne songea-t-Olk plus à faire de nouvelles voies sous-fluviales. Cependant les piocédés du génie civil se perfectionnaient rapidement, et un nouveau tunnel a pu être entrepris dans des pondifious toutes différentes.

La coujtruutiou du tunnel de Brune] avait duré dix-huit ans, celle du tunnel de Barlow iils a duredixluut mois tout compris, et les Iravaux de forage oui. été faits eu six mois. Le tunnel do Barlow fils coûte quatre cent mille francs, tandis que celui deBrunel a coûté plus de quinze millions.

Pour perforer le tunnel sous l'eau, on se sert d'un appareil imaginé par Brunel et nommé le bouclier; c'est un court tube en tôle, du diamètre extérieur du souteirain, divisé, à sa partie antérieure, en cellules étanches à l'intérieur de chacune desquelles travaille un ouvrier. Par suite de cette disposition, si l'eau, filtrant à travers les terres, vient à jaillir par un point, pendant le creusement, elle peut seulement remplir la cellule correspondante, fermée à sa partie postérieure, el non pas inonder la galerie.

En arrière des cellules et au sein desquelles les terrassiers enlèvent les terres qui se présentent devant la face antérieure de ces compartiments, d'autres ouvriers établissent, à l'intérieur du tube de tôle, formant la partie arrière <]u bouclier, le revêlement du tunnel, destiné à empêcher Téboulementdes terres et l'irruption des eaux. Puis, lorsque tes terrassiers ont excavé le terrain devant eux à l'aide de vis (ou de presses hydrauliques) s'appuyant contrôle revêtement déjà construit, ou fait glisser le bouclier jusqu'au nouveau front d'abatage du terrain, jusqu'à la partie qu'il s'agit d'enlever à nouveau, et l'on pose le revêtement de la courte section

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