LA PLANETE MARS
ij'AIMiîî 1RS lEKS r ]f:iŒi OliSKIWAIIO** ,mT.O>OMIQVLS
étijdk de sa ckogkarhie et de ses cosditioks d'habitabilité.
(Suite i;l. fin. — Yjy. p. 1V.>.)
Nous avons résumé nos connaissances physiques et chimiques sur la planète Mars. Nous pouvons les compléter par l'examen de ses conditions mécaniques particulières, telles (pie son pouls, sou volume, sa densité, et l'intensité de la pesanteur à sa surface.
Le diamètre de Mars est à celui de la terre dans la proportion de 5 à 8, c'est-à-dire qu'il est presque moitié plus petit; il est de lliîvi- lieues, celui de la terre est de 31 8t. La surface de Mars par conséquent, est deux fuis et demie moins étendue que celle île la terre. Le poids total de la planète, ou sa niasse est seulement le riixièmedu poids total de notre globe. D'après les mesures, prises à l'Observatoire de Paris, l'aplatissement polaire de ce globe est assez prononcé, car il
in-
égale
La densité moyenne des matériaux qui composent cette planète est inférieure à celle des matériaux constitutifs de notre globe ; elle est de 71 pour 100. Il résulte de cette densité et des dimensions de Mars que le poids des corps y est extrêmement léger à sa surface. Ainsi l'intensité de la pesanteur étant représentée par 100 à la surface de la terre, elle n'est que de 38 à la surface de Mars. C'est la plus faible intensité delà pesanteur que l'on puisse trouver sur toutes les planètes du système. Il en résulte qu'un kilogramme terrestre transporté là ne pèserait plus que 582 grammes. Lu homme du poids de 70 kilogr. transporté sur Mars n'en pèserait pas '27. Il ne serait pas plus fatigué pour parcourir 50 kilomètres que nous pour en parcourir 20, et l'effort musculaire dont l'exercice a fait inventer le jeu de « saute-mou-
tons» aux écoliers en récréation, serait capable de les faire sauter, non plus seulement sur le dos de leurs camarades, mais bien sur le toit des maisons et à la cime des pommiers.
Les êtres vivants, végétaux et animaux, étant composés îles matériaux constitutifs de la planète et organisés suivant l'intensité des forces en action dans le milieu qu'ils habitent, la connaissance des éléments et des forces, qui se manifestent sur Mars, pourrait peut-être nous éclairer sur un commencement de solution pour le grand problème de Vhabitabititë.
Les études de la statistique moderne démontrent scientifiquement que l'homme est le produit de la planète terrestre, en tant qu'être organisé et abstraction faite de sou Ame, dont nous ne nous occupons pas ici. Son poids, sa taille, la densité de ses tissus, le poids et la taille rie sou squelette, iaduréo de la vie, les périodes de travail et de sommeil, la quantité d'air qu'il respire et de nourriture qu'il s'assimile, toutes ses fonctions organiques, même celles qui paraissent le plus arbitraires et jusqu'aux époques maximadcs naissances, des mariages et des décès, en un mot la mac hiiie humaine tout entière, est organisée par la planète. La capacité de nos poumons et la forme de notre poitrine, la nature de notre alimentation et la longueur du tube digestif, la marche et la force des jambes, la vue et la construction de l'oeil, la pensée et le développement du cerveau, etc., etc., tous les détails de notre organisme, toutes les fonctions de notre être, sont en corrélation intime, absolue, permanente, avec le monde au milieu duquel nous vivons. La construction anatomique de notre corps est la même que celle des animaux qui nous précèdent dans l'échelle de la création. Nous sommes laits comme nous le sommes, parce que les quadrupèdes mammifères sont construits comme ils le sont, et ainsi rie toutes les espèces animales, qui se suivent comme les anneaux d'une même chaîne; en remontant d'anneau en anneau, on retrouve les premiers organismes rudimentaires qui sont plus visiblement encore, mais pas davantage, le produit difs forces qui leur ont donné naissance.
dette vérité rappelée, nous voyous que la forme humaine terrestre n'a rien d'arbitraire, qu'elle est le résultat de l'état de la planète, et que par conséquent, elle diffère sur chaque monde suivant les conditions organiques si dissemblables d'une planète à l'autre.
Appliquons cette analyse à l'étude de la vie sur Mars. Déjà nous l'avons dit, cette planète est de tous les mondes du système solaire, celui qui ressemble le plus au notre, les manifestations do la vie à sa surface ne doivent donc pas être absolument étrangères à celles de la vie terrestre. L'analogie si remarquable, qui relie ce monde au notre doit avoir déterminé chez lui des évolutions organiques partagées comme ici entre deux ordres généraux : la végétation et l'animalité. Or nous voyons que les végétaux tirant leur substance de l'air principalement
mil. une faible densité, inférieure à celle de l'eau; ainsi la densité du sapin est de 0.5 celle de l'eau étant -1 ; celle du pcuolierest de 0,4 ; celle de l'orme est 0,(5; celle du chêne est 0,7; celle du tilleul est 0,0, etc. Les animaux étant composés de sulistniires dans lesquelles l'eau entre pour la plus grande part, ont une densité moveune un peu supérieure à celle de l'eau. Ainsi la densité moyenne du corps humain est de 1,07, celle de l'eau étant prise pour unité; celle des os est de 1,8; celle des cartilages est. de 1,1 ; celles des nerfs est de 1,0-i ; celle de la graisse est de 0,9, etc.
Ajoutons que la densité intérieure, de tout astre est nécessairement composée de couches variées dont la légèreté augmente depuis les régions centrales, jusqu'aux couches supérieures. C'est ainsi que tandis que la densité générale du globe terrestre est de 5,5 comparée à celle de l'eau, celle des matériaux qui avois nient la surface (pierres, grès, calcaire, granité) est rie 2,5 à 2,7. La même proportion doit exister sur Murs. L'eau v est plus légère qu'ici. La densité des corps organisés doit v être inférieure à 0,8 celle de l'eau y étant peu supérieure à 0,7.
Les animaux et les végétaux doivent y êlredc plus haute taille qu'ici, quoique la planète soit plus petite. Ce n'est pas le volume d'un globe qui règle les dimensions des êtres vivant à sa surface, mais l'intensité de la pesanteur relativement aux conditions de milieux et de vitalité Ainsi îles hommes deux l'ois plus hauts que nous auraient, une certaine difliculié à marcher, et se casseraient fort souvent les jambes à cause de l'intensité de l'attraction terrestre. Il leur faudrait quatre jambes, pour une plus grande stabilisé. Les quadrupèdes en effet peuvent dépasser ces proportions, exemple : chevaux, chameaux, éléphants. Les seuls animaux qui puissent marcher sur deux jambes, les singes anthropomorphes, sont d'une taille inférieure à la nôtre, et il est possible que l'homme lie soit arrivé à sa taille naturelle qu'après des siècles d'exercice et de développement. Cette taille décroît aujourd'hui dans les pays très-civilisés à cause de la vie citadine et de l'accroissement du sjstème ner- \eux au détriment du système musculaire. Dans l'eau, les animaux peuvent atteindre des dimensions plus considérables, (exemple : cachalots, baleines) à cause de leur légèreté, spécifique dans ce milieu. Le règne végétal nous montre certaines espèces d'arbres, qui s'élèvent à des hauteurs géantes, à cause de leur immobilité. Ainsi la taille des êtres est intimement et nécessairement déterminée par l'intensité de la pesanteur.
Il est donc probable que les choses sont établies sur une plus grande échelle à la surface de Mars et que les plantes et les animaux y sont beaucoup plus élevés qu'ici. Ce n'est pas à dire cependant pour cela que les hommes 1 y aient notre forme et soient des
* Je donne le nom d'hommes clims chaque planète aux ûlivs île la race animale vmsonnubh qui la domine, quelle que soit d'ailleurs leur l'orme exléricure, laquelle dépend de celle des ascendants siooloiriques antérieurs.
géants. En remontant à la. formation delà série zoologique, on peut augurer, que la succession des espèces aura fortement subi l'influence (le la pesanteur. Tandis qu'ici la grande majorité des races animales a dû rester clouée à la surface du sol par l'attraction terrestre, et qu'un bien petit nombre ont reçu le privilège de. l'aile et du vol, il est bien probable qu'en raison de la disposition toute particulière des choses, la série zoologique martiale s'est développée de préférence par la succession des espèces ailées. Dans ce cas, les races animales supérieures y sont munies d'ailes. Sur notre sphère subi unaire le vautour elle condor sont les rois du monde aérien; là-bas, les grandes races vertébrées, la race humaine elle-même, qui en est la résultante et la dernière expression, ont le privilège très-digne d'envie, de jouir de la locomotion aérienne. Le l'ait est d'autant plus probable qu'à la faiblesse de la pesanteur, s'ajoute encore l'existence d'une atrno-phère analogue, à la nôtre et peut-être plus dense.
Sur la terre, un corps qui tombe du haut d'une tour nu d'une fenêtre, parcourt -4 mètres 90 cent., dans la première seconde de chute. Sur Mars, le inertie corps, attiré moins fortement, ne. tombe qu'avec une vitesse presque trois fois moindre. Soit en raison de 1 mètre 87 cent, dans la même unité de temps, l.os tentatives faites pour s'élever dans les airs à l'aide d'ailes construites dans ce but, n'ont pas réussi sur notre planète et ne peuvent réussir, parce que la pesanteur nous fait tomber de étmètres'JOceut. dans une seconde, et que le mouvement, des ailes s'appuyant sur l'air ne peut nous élever de la même quantité dans le même temps. Si l'on pouvait faire quatre battements d'ailes par seconde il suflirait île s'élever 1 de 55 centimètres par battement 1 pour pouvoir se soutenir et. planer. Or la force d'un cheval pouvant seulement élever le poids d'un homme pesant 7,'i kilogrammes de 1 mètre en une seconde, et la force de l'homme étant au plus le. cinquième de celle du cheval, le force de l'homme ne monterait son propre poids en une seconde que d'un cinquième de mètre, ou de '20 centimètres. En un quart de seconde, elle ne s'élèverait que de 5 centimètres. Donc l'homme ne peut pas voler sur la terre par sa propre force musculaire.
Sur Mars l'intensité de la pesanteur étant presque trois fois moindre, au lieu de 55 centimètres, il suffirait de s'élever de 12 centimètres par battement d'ailes d'an quart de seconde pour pouvoir se soutenir dans l'air et planer. Or, le même effort musculaire, qui nous élèverait ici à 5 centimètres nous porterait là à 15 centimètres, ce qui serait déjà suffisant pour vaincre la pesanteur. Mais d'autre part, un poids de 75 kilog. n'en pèse que 28 kil. 65 à la surface de Mars. Si donc, nous supposions aux hommes de
1 La chute des corps se lliit par un mouvement uniformément accéléré. Dana le premier quart de seconde, il n'est que de TC27 millimètres ; il est de fiai dans le deuxième quart, de 1^08 dans le troisième, et de 2f>16 dans le quatrième. Total : 4»,90.
Mars, une force musculaire égale à la nùLie, et un poids réduit proportionnellement à l'intensité de la pesanteur, nous eu conclurions qu'il leur serait aussi facile de voler qu'à nous de marcher, et qu'ils peuvent se soutenir dans les airs à l'aide d'une construction anatomîquc peu différente de celle des grands voiliers de notre atmosphère.
Ce sont là, sans contredit, des hypothèses bien conjecturales ; mais elles sont appuyées toutefois sur une argumentation judicieusement fondée. La faible intensité de l'attraction, de Mars permet aux végétaux de s'élever beaucoup plus haut que sur la terre, toutes choses égales d'ailleurs. Il en est de même pour les animaux qui marchent sur le sol. Celte même cause a dû déterminer une prédilection pour les formes aériennes, et les races animales les plus importantes, c'est-à-dire les vertébrés, depuis le premier échelon du genre jusqu'à l'homme lui-même, ont dû se construire, se développer, se succéder et s'établu'définitivemcut dans la vie atmosphérique. La sélection naturelle n'a pu qu'aider encore à l'affirmatiou vitale de ce règne aérien.
Tout ce que j'expose ici ne doit s'entendre qu'au point de vue de l'organisme vital considéré en luimême, et non pas au point de vue des formes extérieures. Je ne suppose point qu'il y ait sur Mars, des peupliers, des sapins, des chênes; ni des chiens, des chats ou des éléphants, ni des hommes formés d'une tète pareille à la nôtre portée par un buste installé sur deux jambes, etc., le tout accompagné d'une paire d'ailes, à la façon des anges de Michel-Ange ou de Callot. Ce serait fort se méprendre sur les essais d'anatomic comparée qui précèdent, que de pousser l'anthropomorphisme jusque-là. Non! de la forme nous ne pouvons rien dire, ni rien penser. Elle dépend de la direction primordiale, qui a été prise par les premières cellules organiques à l'époque de l'apparition de la vie à la surface de la planète ; et il est probable que les formes de la vie diffèrent essentiellement sur chaque monde. Je ne parle donc ici que de l'ensemble, et j'expose ce que l'énorme différence de pesanteur a dû déterminer dans les manifestations de cotte vie, quelles qu'elles soient d'ailleurs.
Quoi qu'il en soit, nous devons savoir que notre organisation humaine terrestre, a été fabriquée, agencée, déterminée par la planète que nous habitons. Nous sommes la résultante mathématique des forces eu action à la surface de ce globe. C'est celte vérité nouvelle de l'analyse scientifique moderne, qui nous autorise à essayer des recherches telles que les précédentes, lesquelles eussent été purement romanesques à une autre époque. En résumé, le problème se pose en ces termes : l'homme est la résultante des forces planétaires; étant données ces forces, poser l'équation, et calculer cette résultante, inconnue jusqu'ici pour tous les mondes différents du notre.
bailleurs la planète Mars est la seule dont la physiologie générale soit suffisamment connue pour permettre d'essaver cette recherche.
Aux données qui précèdent, ajoutons celles qui constituent les périodes de la vie : la durée du jour et celle de l'année, ha rotation de cette planète sur sou axe s'ciïcctue eu 24 heures 37 minutes et 22 secondes* : le jour et la nuit y sont donc peu différents des nôtres quant à la durée, et ils varient comme ici suivant les saisons, étant plus longs en été qu'eu hiver, selon les latitudes. L'année de Mars est presque double de la nôtre, car elle compte 087 de nos jours; en la dénombrant en jours de Mars, ou trouve qu'elle se compose de 608 -J de ces jours. De l'équinoxe de printemps à l'équinoxe d'automne, il y a 372 jours martiaux: c'est Ja belle saison de l'hémisphère boréal et la mauvaise de l'hémisphère austral. Les saisons hibernales ne durent que 207 jours pour l'hémisphère boréal, et par conséquent 372 pour l'hémisphère austral. De plus, comme la planète suit une ellipse très-prononcée, les extrêmes de température y sont plus différenciées qu'ici : elle est de 5 millions de lieues plus près du soleil à sou périhélie qu'à sou aphélie. C'est au solstice d'été, de son hémisphère sud, que cette planète est actuellement à sa moindre dislance du soleil, et par conséquent reçoit de cet astre, le maximum de chaleur. 11 résulte de ce fait que les neiges polaires australes doivent beaucoup plus varier d'étendue que celles du pôle boréal, et c'est aussi ce que montre l'observation.
Chacune des saisons de Mars dure presque six de. nos mois. La chaleur et la lumière que cette planète reçoit du soleil v sont en movenne moitié plus faibles que celles que nous recevons. Le disque du soleil y est une fois et demie moins large. Les habitants de Mars, voient le ciel, les constellations, absolument telles que nous les voyons. Quand aux planètes, Jupiter est pour eux, plus brillant que pour nous. 11 en est de même des trois autres grosses planètes Saturne, LVanus et Neptune.
Us doivent avoir découvert à l'œil nu et avant nous les centaines de petites planètes qui gravitent entre leur orbite et celui de Jupiter. Mercure rapproché du soleil et perdu daiij ses rayons est très-difficile à distinguer. Vénus leur paraît comme Mercure nous paraît à nous-mêmes. La terre où nous sommes est pour eux une brillante étoile, qui tantôt paraît à l'occident après le coucher du soleil, et tantôt précède eu avant-courrière le lever de l'astre roi. Elle leur offre des phases comme Vénus nous en offre à nous-mêmes. Eu un mot nous sommes leur « étoile du berger, » l'astre le plus brillant, le plus magnifique de leur ciel étoile. Peut-être même nous dressent-ils des autels !
Telle est la physiologie générale do cette planète voisine, dont la surface est quatre fois plus petite que celle de la terre, mais qui est plus favorablement par-
1 Exactement ; 88,0i2 Hi:a ,7. T >3. La rutalion sidérale de la Terre esl de 80.104 secondes. 11 y a naturellement dans i'mim;e de Mars comme dans l'année terrestre une roLUion suUiirc de moins. Par conséquent l'année de Mars se compose de 605! I jours sidéraux, et le jour solaire, le joui- civil qui est de 24 heures chez noua est là du 24' 39" 35".
LA NATL'HK
tugée entre les continents et les mers. L'atmosphère qui l'environne, les eaux qui l'arrosent et la fertilisent, les rayons du soleil qui réchauffent et l'illuminent, les vents qui la parcourent d'un polo à l'autre, les saisons qui la transforment, sont autant d'éléments pour lui construire un ordre de vie analogue à celui dont notre propre planète est gratifiée. La faiblesse île la pesanteur à sa surface a dû modilier particulièlement retordre de vie en l'appropriant à sa condition spéciale. Ainsi le globe de Mars ne doit plus se présenter à. nous désormais comme un bloc de pierre tournant au sein de l'immensité dans la fronde de l'attraction solaire, comme une niasse incite, stérile et inanimée, mais nous devons voir en lui un monde vivant, peuplé d'êtres sans nombre voltigeant dans son atmosphère , orné, de paysages où le bruit du vent se fait entendre, «fi beau reflète la lumière du ciel. Nouveau monde que nul Colomb n'atteindra, mais sur lequel cependant toute une race humaine habite actuellement, travaille, pense, et médite comme nous sans doute, sur les giands et mystérieux problèmes de la nature.
CaJIIU.E i'l.AM31,\niO!V
CHRONIQUE
Préparatifs en Kussie pour le passage de Té-
nusj — Les astronomes russes ont résulu d'établir \inglqualre stations pour observer le passage de Vénus. On est fondé ii espérer (pie le temps sera très-1'avnrable pour Joutes les ohsef\ allons astronomiques dans les stations de Sibérie et île la rote du Pacifique, car il n'v :i dans le mois de décembre qu'une moyenne de trois jours nuageux dans cette partie des possessions russes. Les froids excessifs du mois de novembre sont considérés comme nu obstacle invincible pour ce genre de Irai ail. Unique s talion est niuiiio de nombreux appareils, horloges, chronomètres, télescopes, etc. Les astronomes doivent faire des travaux préliminaires d'essai à l'observatoire impérial central de Pultovva, Les positions géographiques des stations qui auront ainsi obtenu de bons résultais seront ensuite déterminées par une commission géographique choisie dans la marine russe, l'our compléter cette partie du travail on construit un télégraphe à travers la Sibérie, jusqu'à Nicohivcsk, (Xatwe.)
Découverte d'une, carrière «le pierre» litthwgrapliiijui-H. — La plupart des pierres lithographiques, dont on fuit aujourd'hui une, consommation considérable, proviennent, de l'Allemagne. On vient d'en découvrir un gisement très-important en Italie sur la frontière française et sur la cote du golfe de Gènes; les pierres extraites, sont de très-belle qualité, elles remplaceront avecavantuge, celles des carrières exploitées, dont un très-grand nombre commençaient à s'épuiser d'une façon très-sensible.
lin pnlis il gazcomliustiblc. — A six milles environ de 'J'itusville en Pensvlvanie, on a foré un puits qui peut être considéré comme nue des merveilles du monte. Il s'en échappe des torrents d'un gaz combustible que l'industrie américaine vient d'utiliser pour l'éclairage et le chauffage de la ville de Titusville, Chaque jour do vingt
quatre heures, plus de trois millions de pieds cubes de gaz, jaillissent de l'orifice pratiqué dans le sol. Lue grande partie du gaz est perdue ; l'autre partie est dirigée dans des tuyaux vers la ville, où il donne d'excellents résultais pour le chauffage. 11 y a aujourd'hui à Titusville deux cent cinquante habitations qui l'emploient journellement. Ce gaz naturel n'est, pus très-riche en carbone : son pouvoir calorifique est considérable. Pour les besoins de l'éclairage, on l'enrichit en carbone, en le faisant passer dans des huiles de inijihle ou de pétrole.
Ascension iln roi île Siam. — Le roi de, Sinm est un petit ballon tout blanc pesant liio kilogr. et cubant ,Î L 20 mètres, coulant lôOI) francs que M. Félin . Gralion u conslruil pour le gouvernement siamois. Il doit ligureraux tètes île la majorité du second roi, qui auront heu à Bangkok le 2fi septembre prochain. Mais avant d'en prendre livraison les délégués du gouvernement français ont voulu assister à l'essai de ce. petit aérnslat. L'ascension a eu lieu le ù auùt à midi et demi. A 5 heures. .M. Félix Graticu exécutait sa descente près de .Veaux. Avec son aérostat en miniature il avait donné une répétition iluvoiuge du Géant. Oui oserait dire que les ballons n'ont point d'esprit. La difficulté de. préparer do gaz dans les usines naissantes de Bangkok est la cause de l'exiguïté des dimensions de cet aérostat qui avec du gaz hulrogène pourrait largement porter deux personnes. Si le roi de Siam n'a point d'aériinaute ce sera un condamné à mort qui fera l'ascension.
Observation de l'opposition de ta planète
t.erila. — Les conseils que nous avons donnés peur l'observation de la planète Flore, sent suivis en Amérique avant que la JSattire, y soit parvenue! Le docteur Peters avant calculé dans le Journal américain des sciences l'orbite de la planète Gerda (122 ,: du groupe), une des dernières découvertes, un astronome de l'Observatoire national de Washington, M. Stockwell, vient do publier dans les Nouvelles astronomiques de KicI les- épliéniériiles pour l'observation de. sa prochaine apparition ; cet événement astronomique aura lieu le 2 7 octobre prochain ;i 1 heure tl'lo" du malin (temps moyen de Paris). L'observation aura cependant, lien duos des circonstances moins favorables non-seulement que celles de la planète blore, mais encore que celles delà planète Pkocea. Le mouvement en ascension droite sera de U' en 21 heures et le mouvement en déclinaison de A'. A ce moment la planète n'étant point à son périhélie, la quantité de lumière qu'elle, nous donnera ne sera que les 83/100 de sa valeur maxima. M. Stockwell évalue qu'elle sera alors égale à une étoile de douzième grandeur. A ce moment critique de son mouvement apparent, la planète Gerda se trouvera par 1 h. A m. .t0 d'ascension droite et ll û 15' de déclinaison boréale. Kilo sera pur conséquent dans le, voisinage de la constellation 1 du Bélier mais un peu au-dessous de ce groupe d'étoiles.
Découverte de Troie. — D'après un article du docteur Otto Delilsch, dans un périodique allemand, on aurait découvert les ruines mêmes de Troie, qui jusqu'ici avaient échappé il toutes les investiga lions des archéolo- «ues. Le docteur Schliemaun aurait mis à jour des objets qui pourraient, être considérés connue des témoignages irrécusables de l'emplacement A'ilion. 11 semblerait que le pays est plus élevé de 13 à 15 mètres que du temps d'Homère. On a retrouvé des vases et des figurines expressives ; parmi ces restes précieux on mentionne m\ buste de femme et des tètes de hiboux, ce qui semblerait indi-
quer que l'endroit du la découverte était elïeetiveincnt le temple île Pallas Alhene, la divinité tnfélaire de la ville. On aurait ainsi retrouvé l'enceinte- fortifiée et la tour principale de la forteresse. Les travaux se poursuivent activement avec 150 ouvriers terrassiers.
Agassiz aux iles Elisabeth. — Les journaux d'Amérique nous apprennent, que le, célèbre Agassi/, membre correspondant de l'Académie des sciences de Paris, vient de procéder à l'inauguration de l'école d'histoire naturelle pratique dont, il a accepté la direction dans cet archipel. Cet établissement est encore unique dans le monde. Quoique depuis plusieurs années on ait établi des aquariums dans plusieurs ports de nier, on n'avait pas encore songé à créer un enseignement spécial au milieu du district maiin où vivent les plantes et les animaux dont on s'occupe.
L'instruction qui sera donnée par le plus grand naturaliste de l'école, sera entièrement gratuite ; les clévcs'n'aoronl. qu'à subvenir aux frais de leur nourriture et de. leur entretien personnel qui seront peu considérables. Aussi les demandes d'admission ont été si nombreuses, que M. Agassiï a dû en rejeter le plus grand nombre : craignant de voir reparaître sous forme de visiteurs et de flâneurs ceux qu'il avait du éccmduire, il a dû publier une sorte de proclamation pour avertir le public qu'il n'y avait pas dans l'ile le moyen de loger des personnes autres que, les 50 élèves et leurs professeurs.
iNous apprenons en mémo temps qn'un armateur de riew-York yient de donner à l'école nu yacht destiné aux promenades, eueursions scientifiques, dragoages, etc., etc.
ll.Agassiz qui s'établit ainsi, à l'âge de 7 2 ans, dans une petite île du golfe Blizzard, ne manquera certainement pas, malgré son grand âge, de doter la science d'imporlants progrès. On sait que le célèbre naturaliste a déjà exécuté, dans le cours de sa longue carrière, de magnifiques explorations, qui l'ont habitué à une existence semblable à celle, qu'il va mener d.ans ^in pavs peu habité.
ACADÉMIE DES SCIENCES
Malice du 4 août 187",.
Présidence de M. I!i:ktiu\d.
M. Tynda.ll assiste à la séance.
— Au nom de son collègue de la guerre, ic ministre de l'instruction publique s'informe du sort des nombreux mémoires relatifs à l'aérostation que depuis trois ans l'Académie a reçus, par l'entremise du premier de ces départements. — Aucun rapport n'est prêt et comme on ne peut prévoir quand ils le seront tous, M. Dumas propose d'extraire immédiatement de l'amas de pièces à examiner ce qui est évidemment mauvais et de faire, du reste l'objet d'un rapport qui, restreint à cet ordre de documents, pourra être promptemeui terminé.
— L'orage qui a éclaté le 26 juillet, à Troyes (Aube) et sur lequel une lettre de M. Eugène Parent donne d'intéressants détails est digne d'attention non-seulement comme ayant offert de nombreux exemples de foudre globulaire mais aussi à cause des caractères inusités qu'elle a présentés. Ici, c'est un globe de feu de la grosseur d'une orange, qu'on voit courir dans la rue et disparaître sans bruit. Lu peu plus loin, un autre globe de feu se montre dans un magasin, en sort par la porte, y rentre par le même chemin et disparait encore mim bruit après avoir imprimé sur le plafond le dessin d'un store placé, sur son passage. Ailleurs enfin un troisième globe éclate toujours
sans bruit en projetant une pluie de feu dans tous les sens. Cette allure silencieuse est comme on peut le voir par la notice d'Arago sur la Tonnerre un caractère qui n'avait pas encore fixé l'attention. M. Dumas constate que les éclairs en boule paraissent fréquents celte année et il cite, la Manche comme en ayant été plus particulièrement témoin. — Le secrétaire présente an nom de M. Lawrence Smith professeur à l'Université de Louisville (Kentucky) la collection en un volume de tous les mémoires minérale— giipies et géologiques de l'éminent savant américain. Il signale spécialement un grand travail sur le corindon de la Caroline du ixurd ; ou eu trouve des cristaux transparents et propres à la joaillerie et en même temps d'opaques et fendillés qui atteignent parfois l'énorme poids de ÏJOO à 400 kilogrammes. Lu autre volume non moins précieux dans un genre différent est offert de la part de M. le docteur Jlarcy qui y a réuni ses ingénieuses et savantes expériences sur la mécanique animale.
La détermination du volume d'air nécessaire à la salubrité des lieux habités est l'objet d'un mémoire du général Morin. Il a pris son point de départ sur les rechei elles si précises faites naguère sur le môme sujet par le savant et modeste M. Félix Leblanc qui analysant eu 1842 l'air de l'amphithéâtre de la Sorbonno à l'issue d'une leçon de 11. Dumas, lui trouvait des caractères véritablement toxiques. Il s'en faut de beaucoup que ces recherches aient produit les fruits qu'on eût pu en attendre. Prenez l'air de, nos modernes casernes, où l'espace moyen est par homme de 10 à 12 mètres cubes, cet air aurait besoin d'être renouvelé à raison de X0 à OU mètres cubes par homme et par heure, pour être salubre; or on ne le renouvelle pas du tout! Les chusos se passent autrement eu Angleterre, où d'abord les casernes sont relativement plus vastes, l'espace y étant de 17 mètres cubes par tète et où le renouvellement se fait à raison de S7 mètres cubes. La nécessité d'une circulation si active n'étonne pas, quand on sait que chaque homme exhale en une heure 12 litres de vapeur d'eau et 20 litres d'acide carbonique.
Lu dernier fait. Crie chambra à couclier cubant 00 mètres et habitée par une seule personne n'est salubre que s'il y passe 4(1 mètres cubes par heure. Que le jour de l'hygiène est donc encore loin de nous !
- Une exhibition de Cucvjos petits insectes envoyés de Cuba il SI. des Cloizeaux cl qui ont la propriété de devenir lumineux quand on les immerge dans l'eau, procure une agréable distraction. L'Académie, à notre connaissance, jouit de ce joli spectacle pour la seconde fois. De 1500 insectes expédiés de la reine des Antilles il ne reste plus qu'une douzaine de sujets vivants.
Stanislas Mecmer.