LA MÉTÉOROLOGIE DL MOIS DE JUILLET
Quoique le thermomètre se soit élevé à deux reprises différentes jusqu'à 52° au-dessus rie zéro, et que nous ayons traversé quelques journées véritablement étouffantes et quelques nuits quine l'étaient guère moins, c'est surtout pur l'abondance des orages et la fréquence dûs coups de foudre que cet été est véritablement remarquable.
L'orage le plus violent est sans contredit celui qui a éelalé dans la journée du 2 G, à doux reprises différentes, La première secousse orageuse a eu lieu un
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peu après niidi. Elle a été suivie, connue il arrive ordinairement, d'une pluie torrentielle ; mais il n'en a point été de même de l'orage qui a éclaté vers six heures'. A peine si quelques gouttes d'eau sont tombées, ce qui explique parfaitement, comme nous l'avons déjà fait remarquer, la violence des coups de foudre.
L'arbre foudroyé que nous avons représenté est un acacia qui se trouve dans. le jardin du Luxembourg, au milieu d'une petite prairie, près de la nui Yavui. Il est très-probable que la victime ne périra poml malgré les nombreuses cicatrices qu'elle porte, car il en est des arbres nomme des hommes etdes animaux ; les blessures faites par la foudre sont celles dont on se guérit le plus facilement. 11 y a de la ressource toutes les fois que l'être n'est pas lue sur le coup. Les branches ont à peine élé touchées, ce qui n'a rien d'étonnant, car elles étaient encore couvertes d'humidité et, par conséquent très - conductrices. Les portions de l'écorce qui ont été déchirées sont surtout celles qui se trouvaient desséchées, et qui n'avaient point élé exposées à l'averse violente du matin , c'est principalement, dans les parties )es moins conductrices dans les lacunes ou dans les ijuasi-lacunes que reflet destructeur du fluide s'est fait plus vivement sentir.
C'est pour bien faire comprendre cet effet que nous avons donné le dessin ci-dessus, qui,
sans cette circonstance, n'offrirait nul intérêt. Il ne serait peut-être pas impossible de retrouver, dans ce coup de foudre, l'iiilluence d'objets de fer situés dans le voisinage. En effet, l'acacia du Luxembourg se trouvait à faible distance dos grilles qui ferment le jardin et des échalas en fer qui soutiennent les espaliers de l'école prat'que d'arboriculture, mais les orages de cette période nous offrent des exemples bien plus saillants. Un bourgeois d'Aix-les-Ilahis qui se, promenait avec sa femme, n'a point été touché par la foudre, qui a tué cette, malheureuse à ses cotés. Ou a constaté, comme, d'ordinaire, que les boiîWes d'oreilles et autres bijoux, avaient été le point de dé-
part de décharges intenses, et que la victime, portait sous sa robe des cerceaux d'acier. Cet événement tragique a eu lieu le 27 juillet.
Les journaux d'Alsace rapportent qu'un violent orage a éclaté au-dessus de Melmigheim, petite commune de ce pays où existe une lilatuie qui a été fulgurée. l.a foudre a frappé 20 fois crtn-éculivcs les bâtiments qui ont élé incendiés. Comment expliquer ce fait, fort rare du reste dans les annales delà météorologie, si ce n'est par un concours de circonstances exceptionnelles permettant à la foudre d'exercer ses allantes avec toute leur terrible énergie. Il est plus que probable que cette usine renfermait de grandes masses de 1er qui auront déterminé la forme de la trajectoire du fluide.
Toutefois il esl bon de noter qu'il ne suffit jamais d'une circonstance unique quelque énergique qu'elle puisse être pour entraîner une fulguration. La chute de la foudre est toujours le résultat de l'accumulation fortuite d'une série de causes dont l'analyse est, toujours délicate et difficile, quelquefois indéchiffrable. Lue étude svstématique de tous les coups de foudre serait indispensable, mais elle est au-dessus des forces d'un physicien isolé. Los bureaux météorologiques pourraient seuls l'entreprend re avec quelque succès.
il. Levi.rrier vient d'adresser aux chambres de commerce, une circulaire pour leur demander si elles verraient avantage à recevoir , vingt- quatre ou quarante-huit heures à l'avance, l'annonce du temps probable.
Il est facile de prévoir ce que sera la réponse à la question posée par le savant académicien, ilais nous croyons que les sociétés d'agriculture ne seraient pas moins empressées à répondre favorablement, si ou demandait leur avis sur l'opportunité d'étudier les coups de foudre et les phénomènes qui s'y rattachent plus ou moins directement.
^Y. DE Eu.NVIKI.Lli.
Le Propriétaire-Gérant : G. Tissàïjuo.
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ArLre du junlin du CiiM'iiiJmiiryj foudroya lu 20 juillet. 1 8-73-
.V 12. — 20 AOIT 1875
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