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LES TORPILLES OFFENSIVES

La question des torpilles offre une importunée capitale; elle préoccupe très-sérieusement les marines îles pays civilisés, et, s'impose tout à l;t fins aux études d'un grand nombre de savants : mécaniciens, physiciens et chimistes. La torpille en effrt apporte d'étonnantes complications à la science déjà si complexe du combat naval.

Nous avons raconté ailleurs 1 les débuts de la torpille depuis sa création par deux Américains, Bushnell et l'ullou, jusqu'à sa réapparition lors des guerres de Crimée et d'Italie, et le rôle important

qu'elle a rempli dans la guerre de sécession, aux Utats-Unis,

Nous ne connaissions alors que la torpille défensive, celle que l'on place dans les rivières, les entrées de port, et que le choc ou l'électricité enflamme. (je genre de torpilles, dites dormantes, n fait depuis de considérables progrès ; on peut même affirmer que si ces engins n'ont pas atleiut la perfection, ils sont bien près d'offrir aux eaux qu'ils auront à défendre une sécurité absolue, quelque ingénieux que se montre l'agresseur à les découvrir. Le talent dépensé dans celte voie par tontes les marines devait amener ee résultat. Mais ce «pie l'on n'osait prévoir au déliul, c'est le rôle elfeusif de la torpille rendue

Ln Sputjtvn-hutji'il, kiti'an liajiille :imrnrinn.

mobile, qu'elle soit conduite sur l'ennemi par des hommes «le la U^orlipe des bmliitiers grecs Canaris et Pépiais, ou des torpédistes américains Davidson et Cu>biug, ou «[lie la redoutable machine, soit remorquée par des bâtiments spéciaux sur le théâtre d'un combat naval (système llarvey), ou enfin que, douée d'une force propre, elle aille frapper un navire désigné à ses coups (systèmes Wiitehead-Luppis, Lav, Uricsson, etc.) C'est pourtant sous ces trois formes «pi'clle se présente aujourd'hui aux méditations des tacticiens et des ingénieurs, dont l'oeuvre, depuis un demi-siècle, recommence sans cosse avant même d'être achevée,

La première marine qui ait fait l'expérience des torpilles, nous l'avons dit, est la marine des États- Unis. Après les avoir employées pour la délensc de leurs rivières, pendant leur guerre de sécession, l«:s

1 Le Fond de lu mer. — J'aiis, îluUel ; in-8".

Américains eu vinrent peu à peu à imiter les Chinois et imaginèrent des machines qui, abandonnées au courant des fleuves, allaient éclater contre les flancs des navires qu'ils voulaient détruire. Mais ce peuple ingénieux et hardi ne devait pas en rester à ces essais, si satisfaisants qu'ils fussent.

En 181)0, alors que la flotte fédérale bloquait Charleston, il y avait dans ce port un petit bateau dont il faut parler, car il est l'ancêtre «les torpilles mobiles. Construit pour les travaux sous-marins, son mécanisme était des moins compliqués; il consistait eu un simple engrenage qui, mû à la main, faisait, évoluer une hélice. Submergé il recevait l'air par le moyeu assez élémentaire d'un long tuyau maintenu à la surface de l'eau par un flotteur. Un officier rebelle, dont le nom nous échappe, l'ayant vu, songea aussitôt à l'utiliser pour aller la nuit fixer une torpille sous les (laucs de l'un des navires qui cernaient le port.

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