DES FEUILLES DU CHÊNE
La plupart des espèces végétales ont leurs parasites et leurs ennemis; si la vigne est dévorée par le phylloxéra, la pomme de terre par une mouche spéciale, les feuilles de chêne sont sans cesse attaquées par les cynips. Il n'est pas inutile de faire connaître ces petits malfaiteurs qui, par leur nombre, deviennent de redoutables fléaux, contre lesquels, hélas ! la puissance de l'homme, de la science et de l'industrie tout entière s'acharne en vain ! Les cynips sont de petits héminoptères qui exercent de grands ravages dans nos climats, ils piquent les végétaux et autour de l'œuf croît une excroissance ou galle, qui se développe sous l'influence d'un afflux de sève. Au, centre de cette galle, une certaine quantité de fluide se produit, et sert à subvenir à l'existence des larves : la
fécule se métamorphose bientôt en matière grasse et alimente la nymphe. Quand l'adulte est formé, il perce d'un trou circulaire la demeure où il est né, et prend sa place au soleil.
Aucun arbre plus que le chêne ne se couvre de galles : nous représentons la forme et l'aspect de celles-ci à côté de deux cynips que l'os aperçoit sur une feuille endommagée parles parasites. Les cynips ont une taille variable, ceux du chêne ont la dimension d'une petite mouche, mais contrairement à la mouche commune qui, comme tout le monde le sait, n'a que deux ailes, ils en ont quatre. Dans certaines régions comme la Syrie, les cynips produisent sur les chênes une galle spéciale, connue sous le nom de noix de galles; celles-ci, fort riches en tannin, sont employées en teinture et dans la fabrication de l'encre.
Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier.
— Coude ii. - Typ. et stér. de Cuiiô.