‹ La Nature 1874 S 2 N 53a 78Chapitre 125 sur 229 · LE CHAMP D'EXPÉRIENCE · texte numérisé non relu

LE CHAMP D'EXPÉRIENCE

DE DESTRUCTION DU rilVLLOXERA.

On a récemment institué dans le Midi un champ d'expérience, pour étudier les procédés propres à détruire le phvl lovera. M. Balard vient de visiter la localité où est établi ce curieux champ d'expérience, et, dans une des dernières séances de la Société d'encouragement, il a rendu compte des ses impressions que nous reproduisons succinctement.

Sous la direction d'une commission spéciale, présidée par M. Marcs (Henri), l'un des membres correspondants du Conseil de la Société d'encouragement, tous Jes procédés, agents toxiques ou amendements qui peuvent | résenter quelque chance, de succès, sont essayés avec un ordre et une méthode qui donnent les plus grandes garanties sur le jugement porté par la commission. Les engrais azotés, mêlés de sels potassiques et de sulfures alcalins, étaient les produits qui , en ce moment, faisaient espérer les meilleurs résultats. En comparant Jes sarments rabougris que la vigne avait produits l'année dernière et dont il restait des parties notables après la taille, avec les pousses vigoureuses de la nouvelle année, on pouvait apprécier l'amélioration

que l'emploi de ces engrais avait apportée dans la vigueur de la vigne. Quant au sulfure de carbone, partout où il a été employé près de la surface du sol et de manière que ses vapeurs pussent atteindre les feuilles, il a détruit toule végétation; mais des propriétaires dont le témoignage est tout à fait digue de confiance, se sont servis de cette substance selon les indications de M. Monestier, c'est-à-dire en la mettant dans le sol à une profondeur de 0"',80 au moins, et. en la mêlant avec des matières qui ralentissent sa vaporisation, et ils ont constaté le rétablissement d'une végétation vigoureuse, amenant une bonne récolte, sur plusieurs vignes infectées dont l'étendue n'était pas moindre que 10,000 souches. Les recherches expérimentales qui succèdent, d'une manière rationnelle, aux études scientifiques auxquelles nous devons une connaissance plus complète de l'ennemi contre lequel nous luttons, paraissent donc être dans une banne voie, et. elles donneront bientôt, il faut l'espérer, des résultats importants.

L'ANTILOPE BEISA

La collection du Jardin zoologique de Régent' s- Parle vient de s'enrichir d'un nouveau spécimen d'antilope, que lui envieront tous les jardins zoologiques d'Europe. C'est l'antilope Beisa d'Abyssinio, ou Oryx Beisa des naturalistes. Une variété de cette espèce, le leucoryx commun de l'Afrique septentrionale, est acclimatée à RegentVPark depuis plusieurs années, et s'est reproduite souvent. Les petits sont élevés au Jardin zoologique même. Le Beisa se distingue de son allié plus commun par des taches nettement dessinées et par rétrécissement de ses cornes. Les naturalistes n'ayant point eu encore occasion d'observer cet animal vivant, nous croyons devoir appeler l'attention sur la gravure ci-contre qui a été exécutée d'après nature. On ne sait pas grand chose de l'histoire naturelle de cette antilope dans son pays natal.

AI. W. T. Blandford qui, en qualité de naturaliste de l'expédition abyssinienne, avait des occasions exceptionnelles pour observer ce bel animal dans son pays d'origine, nous apprend qu'il a tiré à la chasse quatre de ces antilopes, non moins belles que rares, dans le désert qui s'étend au nord deMassowa.

« Le Beisa, » écrit M. Blandford, « se rencontre seul ou par petites troupes n'excédant pas dix individus, dans la contrée stérile et montagneuse qui longe la côte. Il paraît que ces animaux peuplent les montagnes du Samhar. Lorsque l'on se rapproche de la baied'Annesley, où la contrée est plus boisée, l'on ne retrouve plus ce gibier. Il faut poursuivre alors vers le sud, dans le pays desSomalis, pour retrouver cette antilope. Les cornes du Beisa font l'objet d'un commerce considérable entre Bernera et Aden. Les Somalis se servent de ces cornes comme d'armes de guerre.

LA NATUnE.

« L'Oryx Bcisa, près deMassowah,se nourrit principalement d'une herbe grossière semblable à un diminutif du bambou. Cet animal se repnît d'herbes plutôt qu'il ne broute les jeunes pousses et les feuilles des arbres à l'exception des acacias dont il est très— friand. Les habitudes du Iîeisa sont diurnes : il p;iit le matin et, lu soir, et ressemble sous ce rapport à la gazelle, dont incontestablement il se rapproche d'ailleurs beaucoup.

« Nous trouvant dans le Sanihar aux mois de juillet et août, l'oryx parut boire tous les jours, entre nue et deux heures de relevée.

Cependant, cette régularité est probablement inoins grande lorsque le temps est froid.

« L'aspect d'un troupeau est vraiment imposant. Cet animal a les formes les plus élégantes et les plus symétriques. »

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