NATURE
de la Bretagne et de la Normandie. Les formes oTr nt ! avec celles de la poterie de ces deux provinces de singulières et bien mystérieuses analogies. Urnes funéraires, vases à provisions, vases à boire, tasses, bouil- i loires, marmites à trois pieds, terrines, soupières, | assiettes, lampes, vases à parfums; tout l'attirail j d'une ménagère est là, représenté par de nombreuses séries dont l'ensemble ne forme pas moins de plusieurs milliers d'objets. Nous nous bornerons à signaler ceux qui, soit dans le texte, soit dans les planches de M. Schliemanii, que nous avons sous les yeux, nous ont paru les plus propres à attirer l'attention du lecteur.
En première ligne figure le Depas amphikypellon d'Homère, lequel, à proprement parler , ne formait pas une double coupe, mais bien un très-grand gobelet conique, à lond arrondi, à bord supérieur évasé comme le pavillon d'un cor de chasse, et muni de deux anses latérales de forte dimension. Dans les festins dû celte éno.nio-, auxquels nous avons donné le nom <¥ homériques, l' ani phytrion tenant le gobelet par l'une de ses anses, buvait d'abord une partie du contenu, puis présentait la coupe à son hôte, qui, la prenant par l'anse opposée, la vi dai t tout d un Irai l, puis la posait sur la table, en lui donnant pour base l'extrémité évasée, c'est-à-dire l'embouchure même de la coupe, le faible diamètre et la forme arrondie du fond ne lui permettant pas de se tenir debout sur cette extrémité. Hem arquons, en passant, que ces amphikypella (Bccker mit zwei Ilcnkeîn), ne se trouvent que dans les trois couches préhistoriques supérieures^elque leurs dimensions vont sans cesse en décroissant (d'un litre à un décilitre). Dans les
Très-henu vase en argile de l'nLim. Le couvercle royale.
ques ornaient les cruches qu'ils fabriquaient en figurant sur leurs parois des seins de femme en relief, des boucles d'oreille, et des colliers eu couleur, absolument comme le font encore de nos jours les fabricants de poterie émaillée des Dardanelles.
Il nous reste à dire un mot de certains vases de dimensions ordinairement assez considérables, à fond plat, à parois ventrues, à col large, portant un couvercle orné d'une aigrette recourbée, ou bien une sorte de cloche cylindrique, à quatre arceaux surmontés d'une anse, le tout disposé de manière à simuler une couronne royale. Une tète de chouette, avec sou bec crochu, ses deux gros yeux surmontés de leurs arcades sourcilières, ses deux oreilles plumeuscs, orne le col du vase. Sur les parties latérales de la panse , deux ailes s'élèvent verticalement ; au-dessous du col sont représentés deux seins de femme très -rebondis et un nombril (ou un utérus), large et saillant. Quelquefois le cul du vase est orné d'un collier, et une sorte d'écharpe est placée obliquement sur sa partie ventrue. L'artiste a voulu évidemment figurer la déesse A!in e i vc , 1 a gla u côpis A th en ê d ' H omère, la divinité protectrice des Troycns et de leurs successeurs.
« Àthénè, dit M. Bnrnouf, dont nous aimons à c'.ter les ingénieux aperçus, Athénè fut primitivement l'Aurore à la face brillante ; le mot glaucôph exprimait celte idée. Plus tard, le caractère personnel de celle conception, s'accusant de plus en plus, suivant la loi ordinaire des conceptions religieuses, le même mot
cuite trouvé dans le trésor a la forme d'une couronne
Scie en silex. .
couches les plus inférieures on rencontre des vases à boire dans la forme, sinon l;i matière, qni est une argile grisâtre el grossière, rappelle nos verres à pied. Nous signalerons encore les cruches à long bec redressé, analogues à celles que M. Em Burnoufatrouvées dans 1 île de Santorin, et semblables, quant à l'élégance des contours, à ces carafes de cristal à long col et à grande anse qui figurait aujourd'hui sur nos lubies. Les carafes troyennes sont parfois accolées deux ensemble ; quelquefois même une seule carafe est munie de deux cols juxtaposés et terniiués par un bec fortement redressé. Enfin à Troie, de même qu'à Santorin, les artistes céraini-
Carrouscls en terre cuile.
signifia « un visage <Je chouette » et l'art hellénique, avec la civilisation, fit le reste. Les vases troyens répondent à lu seconde phase de cette conception ; ce sont les premiers documents qui l'attestent, mais ils sont complets 1 . »
Les vases sur lesquels Minerve est représentée avec un visage de chouette, no sont pas les seuls indices
1 Éni. Curnoiif.
d'un culte religieux chez les peuples qui se sont succédé sur remplacement de Hissarlik. Dans les couches préhistoriques, mais surtout dans celles qui sont situées à une profondeur de 1 ù 7 mètres au-dessous de la surface, on trouve une masse colossale « eine colossale Masse)) d'objets en terre cuite, arrondis ou en forme de roue, ces derniers offrant avec
les fusaîoles des archéologues italiens, de frappantes
analogies.
La plupart sont ornés de bizarres dessins ou symboles, parmi lesquels le dieu du soleil occupe toujours la place centrale. On y voit aussi très-souvent le Swastika, ou machine à feu de nos premiers ancêtres aryens; l'autel du sacrifice, avec ses flammes
Vases du terre trouvés dans les ruines de Troie, dont l'un est surmonté d'une tète de chouclti!.
pétillantes ; l'arbre sacré de la vie qui produit la soma ' (liqueur sacrée), enfin la rose mystique. Assez fié- i quemment l'image du soleil, gravée sur les Tevracottas (terres cuites), est entourée de rayons, d'étoiles et d'autres soleils levants, diversement groupés, mais le plus ordinairement disposés de manière à former une croix autour du soleil qui occupe le centre du disque symbolique. Quelquefois cinq roses mystiques sont rangées en cercle autour d'un soleil central.
Les savantes recherches de M. Scîiliemann, et sur-
tout celles de M. E. Burnonf semblent avoir démontré que le Swastika représente les deux morceaux do bois que l'on plaçait transversalement, l'un au-dessus de l'autre, de manière à former une croix, et dont les extrémités, recourbées à angledroit, étaient retenues par quatre clous afin qu'elles ne pussent tourner ni d'un côté ni de l'autre.
Au point d'union des deux pièces était creusée une petite fossette dans laquelle, à l'aide d'une corde de chanvre mêlé à du poil de vache, on faisait tourner rapidement une troisième pièce de bois en forme de
LA NA.TUUE.
lance, nommée Pramanlha, jusqu'à ce que le frottement eût allumé le feu (Agni, ignis), destiné au sacrifice. Le père du feu sacré se nommait Twastri,
c'est-à-dire le, divin charpentier, qui fabriquait le Sivastika et le Pramantha, dont le frôlement réciproque produisait l'enfant divin (Agni). De Praman-
, embouchure
Vases a deux anses.
>épas amphikijpelion .
Idole en ©arbre de la.
déesse Minerve* .'
Vases en poterie d'argile lissée trouvés dans les ruinai de Troie.
Vase rouge, brillant, représentant Mincrre ilienne, atec son et son easqtia tonnant le eoat ercle ;
tha, les Grecs firent, dans la suite, Prométhée, qui déroba le feu du ciel pour allumer l'étincelle de l'âme dans l'homme formé d'argile. La mère d'Agni s'appelait Maya.
A quel usage étaient employés les objets en tenc cuite dont nous venons de parier, et que le docteur Schliemann désigne indifféremment sous les noms de Terracotta-Kugeln, Carrouseli, Vulcane. Etaieut-ce,
LA KATLUE.
comme il le croit, des ex-voto consacrés à Vulcain, ' dieu du feu? ou Lien, comme le pense M. Buniouf, étaient-ce des amulettes ou des monnaies courantes ? La question est restée jusqu'à présent indécise, et '. nous ne possédons pas encore les données nécessai- ' rcs et suffisantes pour la trancher.
Outre les vases dont nous avons fait mention, il en est d'autres, trouvés à diverses profondeurs (de 6 à 8 mètres), qui représentent des ligures d'animaux parfaitement rceonnaissables. De ce nombre sont le bœuf, l'hippopotame, le porc, le serpent cornu, l'ne tète de lion a été sculptée très-habilement sur une poignée de sceptre du plus fin cristal. L'antilope, le lièvre, animaux symboliques, figurent sur quelques Carrousels. I) r N. Joly, de Toulouse.
— La suite jiroclmincnttjut. — j
CHRONIQUE
Les ascensions «In mont Ri.tnc. — Au mois d'août dernier le mont Blanc a été pravi deux fois. M. Albert Tiçsandier, dessinateur de la JSalwe, membre du club Alpin français, a exécuté une magnifique ascension dont nous donnerons prochainement le récit à nos lecteurs.
Quelques jours après un jeune Anglais, M. Marshall, de Leeds, voulut gravir le mont Blanc en suivant une route nouvelle; sa témérité devait lui coûter la vie. Voici les renseignements qui nous sont communiqués à ce sujet par un habitant de Courmayeur.
« M Marshall, de Leeds, est resté plusieurs jours à l'hôtel Royal, à Courmayeur, et nous faisait part de ses plans pour prendre une nouvelle roule puir se rendre à Ghamounix par le mont Blanc, comme il avait l'ait récemment pour aller de Chamounix à Courmayeur par le pic Triolet. Il partit accompagné de deux guides expérimentés, qui l'avaient déjà conduit dans son dernier voyage et muni de t tous les instruments nécessaires.
Un seul guide revint; les deux autres voyageurs n'étaient plus!
La petite troupe monta par l'ail je Blanche et arriva de bonne heure dans l'après-midi au pied du mont Blanc. Après avoir gravi une partie du glacier du Fresnav, ils firent leurs préparatifs pour y passer la nuit. Le lendemain matin ils arrivèrent au » Licier du Brouillard, qui mène directement au mont Blanc. Mais après des tentatives inutiles, et voyant que le passage était impraticable, ils revinrent sur leurs pus pour rejoindre le glacier du Brouillard es sûreté, et ils étaient attaches tous les trois ensemble. En continuant leur retraite à minuit ù travers le glacier, ils tombèrent tons les trois dans une crevasse. M. Marshall et le guide Fischer furent tués sur le coup sans prononcer une parole, et au lever du jour, le guidy survivant voyant qu'il lui était impossible de ramener les corps à la surface, fut obligé de les abandonner et de descendre à Courmayeur.
li' éruption de l'Etna. — Dans la matinée du 50 août, dit la Gazetta <li Ulessina, des colonnes de fumée s'élevaient dans diverses directions. Tout faùait croire que plusieurs grands cratères s'étaient formés sur le versant nord et que nous assisterions à une des plus imposantes et des plus terribles éruptions de Mongibello. Mais, après quelques
heures, toute la fumée a disparu et elle n'a plus reparu, de sorte que l'éruption parait déjà finie. C'est peut-être à celte cessation soudaine que sont dues les continuelles secousses du sol. Et elles sont fort légères en comparaison de celles de Randazzo, Bronte, Linguagiosaa et l'iedimonte.
Tous les agents de la force publique disponibles dans l'arrondissement sont partis pour ces localités afin de garder le-* maisons, car les habitants dorme nt à la belle éloilc. DePiedimonlc, on a envoyé chercher ici des voiles de bâtiment pour en faire des logements provisoires et surs. On dit que la maison d'arrêt de Lingunglossa s'est écroulée; on ignore encore s'il y a eu des victimes.
Ce matin, à cinq heures et demie, ajoute un correspondant; du Journal officiel, nous avons ressenti une forte secousse, mais elle a duré très-peu de temps. A deux heures-, il yen a eu une autre moins forte, mais plus longue. U semblait que quelqu'un poussât les portes du dehors. On a noté un phénomène singulier: aucun grondement ne s'e^t fait entendre cette fois. Habituellement l'Etna prélude à ses grands spectacles par de forts grondements qui ressemblent a des tonnerres. Cet le fois-ci, il n'en a rien été. La pluie de cendres n été très-peu considérable. Seraient— ce là des symptômes d'affaiblissement ?
Une explosion de feu grisou. — Un terrible accident a eu lieu dans le pays de Galles, à Plvnliinmogi, une des plus importantes houillères de la localité.
Mardi dernier, Tune d'elles retentissait du bruit d'une explosion épouvantable de feu grisou, qui iança des pierres, de la (erre, du charbon, etc., par l'orifice des puits jusqu'à une hauteur de 200 mètres. On ignore à quoi attribuer cet accident, car les précautions les plus minutieuses avaient été prises pour le prévenir. Aussi Lot, on se porta an secours des malheureux ouvriers, et on parvint à les faire tous sortir. Beaucoup sont plus ou moins grièvement blessé» et sept dans un état désespéré. La pluie a été intense depuis quelques jours. Il est à craindre que des infiltrations ne se soient produites et quelles aient amené un éboulement qui aura laissé échapper une masse énorme de gaz.
S.csvciKbnges. — Le Salut public, de Lyon, nous apprend qu'il est déjà question des vendanges; il fait en effet, une chaleur propre à la maturation du raisin. Les raisins sont noirs et mûrissent également. On commencera à vendanger du 10 au 20 septembre. La récolte sera, diton, abondante, sauf dans les parties basses, complètement gelées ; le pris des tonneaux eu témoigne par son élévation. Du reste, la récolte de 1874 promet de surpasser celle de bien des années précédentes en abondance et en qualité. De tous côtés, les nouvelles sont satisfaisantes.
ACADÉMIE DES SCIENCES
Séance du 14 septemhr 1874. — Présidence de M. Berthano.
Eruption de l'Etna. — Le grand volcan sicilien continue à gronder et à vomir de la lave. D'après une lettre écrite de Messine, en date du 3 septembre, de nouvelles bouches se sont ouvertes à l'est du cratère primitif et à des distances de 2,500 mètres, 5,000 moires et davantage. Dans le nord, de petits cratères se sont formés aussi, mais ils sont beaucoup moins importants.
Action de l'acide carbonique sur le sanij. — lt résulte des expériences de M. Mathieu que la coagulation spontanée du sang extrait de la veine et abandonné à lui-même est exclusivement due "a l'action de l'acide carbonique contenu dans l'air. En présence de ce résultat, il devient nécessaire d'expliquer comment l'acide carbonique, si abondant dans le sang noir, ne le coagule pas dans la veine même ; c'est ce que l'auteur fait en remarquant que le gaz n'est pas libre dans le s:mg vivant, mais emprisonné au contraire dans les globules.
Machine pneumatique. — Par un perfectionnement trèssimple, M. de Las JlarisiiKis fait de la machine pneumatique à mercure (Voy. p. 24-i) un instrument très-commode, il consiste en deux ballons contenant du mercure et communiquant par des tubes flexibles, ensemble et avec, le récipient a vi 1er, Un mécanisme permet d'élever et d'abaisser alternativement les ballons et, d'après l'auteur, le vide obtenu, est très-supérieur à celui qu'on réalise autrement.
Effluves de (leurs de colchique. — Une bien curieuse observation est signalée par Jl. Isidore Pierre, professeur à la Faculté des sciences de Caen. Elle consiste tout simplement à approcher le doigt, mais sans la toucher, d'une fleur de colchique d'automne. Presque instantanément la peau prend la teinte verdàlre et livide caractéristique du cadavre. Toutefois la plante ne donne ce résultat qu'au moment où elle est en pleine floraison ; quelques heures après aucun effet anal >gue ne peut plus être observé. Quant à la matière qui teint la peau, M. Pierre n'a pu, vu sa petite quantité, que l'étudier superficiellement. Elle lui parait liquide et différer complètement à cet égard du pollen, avec lequel, néanmoins, elle doit être émise parles anthères au moment de la fructification, il y a là un sujet intéressant de recherches, d'autant plus que, suivant toutes probabilités, ce fait n'appartient pas en propre au colchique et doit être présenté également par d'autres fleurs.
Vanille artificielle. — Déjà nous avons dit comment deux élèves de M. Hoffmann convertissent le suc propre du pin en principe odorant de la vanille. Le célèbre chimiste annonce aujourd'hui que les auteurs de la découvert»! ont monté une usine et que leur industrie nouvelle est florissante. Un arbre de dimension ordinaire donne assez de liquide pour que la vanilline produite représente une valeur de 100 francs, et le bois n'est aucunement altéré. Il est permis de prévoir le temps où la vanille naturelle sera complètement remplacée par le produit nouveau.
Vapeurs niti'êtises de jus de betteraves. — Depuis trèslongtemps on a remarqué, lors de la concentration des jus de betteraves, le dégagement de vapeurs hypoazotiques. M. Maumenée, que ce dégagement préoccupe depuis de nombreuses années, en propose aujourd'hui une explication étayée par des expériences directes. Le jus contient un nitrate d'ammoniaque qui, sous l'action de la chaleur perd une partie de sa base et devient acide. Le nitrate acide, à son tour, si l'ébulhtion est continuée assez longtemps, se décompose suivant une formule bien connue et dégage soit de l'hypoazotide soit du hioxyde d'azote qui, au contact de l'air reproduit les vapeurs rousses.
Un nouveau phylloxéra. — Les journaux du Midi étaient tous pleins ces derniers jours de la découverte faite par M. Liechtenstein du phylloxéra ailé, à la surface des feuilles de vigne. On remarquait en même temps que le terrible insecte, sous sa forme parfaite, recouvrait les
feuilles de beaucoup d'autres végétaux, et spécialement celles du petit chêne à kermès, si abondant autour de Montpellier. C'est au point qu'il y avait lieu dd se demander si le phylloxéra ne choisit pas cet arbre pour y accomplir quelque métamorphose ou quelque fonction particulière. M. Balbiani, étudiant les choses de très- près, reconnaît que, si le phylloxéra est réellement apparu sous sa forme ailée à la surface des feuilles de la vigne, il est mêlé d'une quantité innombrable d'un autre insecte, phylloxéra aussi, mais tout a fait inoffensif, et qui est spécialement attaché au chêne qui vient d'être cité. Le savant naturaliste en fait le phylloxéra Lichlensteinii, en l'honneur de l'observateur qui l'a signalé le premier, sans toutefois le reconnaître. Cette nouvelle acquisition de l'entomologie porte à trois le nombre des phylloxéras dès maintenant décrits. Outre le phylloxéra va&lalrix spécial à la vigne, on connaît en effet celui du chêne pédoncule qui n'exerce aucun ravage.
Victoire du sulfo -carbonate de potassium. — Le sulfocarbonate de potassium proposé, comme nos lecteurs le savent bien, par M. Dumas, pour détruire le phylloxéra, vient d'être expérimenté en grand à Cognac par M. Mouillefert. Une dissolution au centième, absolument in offensive sur la vigne, tue en moins de vingt- quatre heures tous les phylloxéras et les œufs en contact desquels elle parvient. M. Dumas saisit l'occasion pour annoncer qu'il est arrivé à préparer le précieux sel dans des conditions d'économie absolument inespérée. Le procédé consiste à agiter une dissolution aqueuse de sulfure de potassium avec du sulfure de carbone en proportion voulue : la combinaison se fait peu à peu, et le sel est absolument pur et dépourvu de sulfure comme le prouve le beau précipité rouge qu'il donne avec les dissolutions plombiques.
Coaltar ei phylloxéra. — Le coaltar ou goudron de houille essayé, il y a déjà trois ans, aux environs de Nîmes par M. Petit, a donné contre le phylloxéra des résultats tellement satisfaisants que la Société d'histoire naturelle de Lyon, sous l'impulsion de 31. Duclaux, pense qu'on peut avec celte matière construire une sorte de fortification souterraine inexpugnable pour le parasite. On séparerait le Beaujolais, aujourd'hui menacé, des régions du Midi en imbibant sa frontière avec du goudron, et, suivant toute apparence, aucun phylloxéra ne la franchirait. On peut espérer, parait-il, qu'on passera dans cette circonstance de la théorie à la pratique.
A ce sujet, il. Dumas fait remarquer que la Bourgogne n'est pas seulement menacée du côté du sud : il faudrait par là G ou 7 ans pour que le fléau arrive. Elle l'est aussi par Paris, et les ravage-; peuvent être beaucoup plus prochains. Elle l'est par Paris à cause de la funeste curiosité d'une foule de personnes, qui se sont permis d'apporter ici des phylloxéras recueillis da,ns le Midi et cela, bien entendu, dans un but scientifique. Il y a là un danger trèsréel auquel on n'a pas fait assez attention, et qu'il importerait de conjurer par tous les moyens possibles. Il est décidé que le ministre sera informé de cet état de choses et invité à agir.
Cause de la prise du plâtre. — Tous les chimistes savent qu'on explique le phénomène si remarquable de la prise du plâtre, par la production de cristaux de gypse qui se feutreraient ensemble d'une manière solide. Celte explication, répétée partout, est cependant loin d'être satisfaisante, et cela de l'aveu de tout le monde. M. L:indrin, dans un travail des plus intéressants, rattache le pheno- 1 mène à ceux que présentent les dissolutions salines sur-
saturées, et il insiste sur les modifications que la prise du plâtre peut subir par le fait de son mélange avec de la chaux vive. Avec une proportion convenable de cette terre, on arrive à obtenir des plâtres durs et solides, appelés certainement à des applications importantes.
Stamslas Meusier.