CONGRÈS INTERNATIONAL
DES MÉTÉOUOI.OGISTKS A VIENNE.
(Suite et fin. — Voy. p. 258.)
1/ensemhle des conditions d'un bon établissement de télégraphie météorologique se trouve dans le rapport d'une commission dont les conclusions ont été volées par le Congre-:. Elles ne sont au fond que celles du Bureau météorologique de Londres que noua avons fait connaître dans une étude précédente (voir les n ' 31 et 55). Nous ajouterons seulement la mention d'une proposition additionnelle que M. llolfmayer, directeur do l'Institut météorologique de Copenhague, a ainsi formulée : « Il me paraît de la plus haute importance de donner le matin, aussitôt que possible, les renseignements météorologiques. Ne faudrait-il pas recommander de baser ces renseignements sur les observations faites le soir précédent ? Si un institut central, bien situé, pouvait recevoir chaque soir les dépèches télégraphiques d'un nombre suffisant de stations européennes, pour en déduire un aperçu des conditions météorologiques, le résumé pourrait être distribué dans la nuit ou le malin de bonne heure aux différents systèmes nationaux, et il pourrait être immédiatement utilisé par sa comparaison avec les dépêches du matin des différentes stations appartenant a'i réseau spécial. Les systèmes nationaux n'obtiendraient pas seulement ainsi un meilleur aperçu de la situation et des variations des grands maxima et minima barométriques, mais par une telle concentration des observations du soir, chaque système isolé pourrait aussi se contenter de télégrammes du matin, provenant d'un cercle plus limité de stations, tandis que maintenant chaque Institut météorologique est forcé d'étendre sa correspondance télégraphique bien au delà des frontières de son pays pour avoir une connaissance suffisante des conditions atmosphériques. Les télégrammes des stations étrangères et éloignées parviennent si irrégulièrement et si tard que les aperçus diurnes du temps et les annonces de tempêtes ne peuvent être publics que vers midi et quelquefois plus lard, tandis qu'ils pourraient être prêts au moins deux heures plus tôt s'ils ne dépendaient que des télégrammes venant d'un cercle plus restreint. » On peut rattacher à ce qui précède l'adoption par le Congrès d'une résolution proposée par le représentant des Etats-Unis, le géné-
ral Albert J. Myer, demandant qu'en vue de la construction des caries synoptiques générales, une observation météorologique simultanée soit faite chaque jour dans le plus grand nombre possible de stations sur le globe.
Le Congrès a émis un vœu pour l'installation dans chaque pajs d'un bureau d'échange pour les publications, sur le modelé de celui qui existe à l'Institut Smilhsonien. 11 a voté ensuite la formation d'un comité permanent pour assurer l'exécution de ses décisions et pour préparer la réunion des Congrès futurs. Ce comité pourra se compléter en cas de sortie d'un de ses membres et se renforcer par l'adjonction de deux membres nouveaux. Celte augmentation éventuelle réserve à la France la possibilité de prendre part aux travaux. Les membres du comité, nommés au scrutin secret, sont MM. Brulms, Buys-Ballot, Cautoni, Jelinek, Mohn, Scott et Wild. M. Buys-Ballot a été choisi comme président.
Le Congrès a décidé en outre que ses membres devront exprimer aux gouvernements le vœu qu'après trois années, un nouveau Congrès international puisse se réunir. Il a déclaré très-favorables aux progrès de la météorologie les mesures suivantes:
a L'installation, sur des pics de montagnes élevées, de stations météorologiques fixes pourvues d'appareils enregistreurs. Le comité permanent a été spécialement chargé d'examiner s'il n'y a pas lien de demander la formation d'un fonds international pour ériger et entretenir des observatoires dans des contrées el des îles éloignées.
b L'organisation d'essais sur la possibilité de faire des observations prolongées avec des ballons captifs.
c L'érection de stations météorologiques dans tes hautes latitudes boréales et australes, notamment au Spitzbci'g.
d L'érection de nouvelles stations complémentaires sur la côte nord de l'Afrique, et une publication régulière des observations faites dans les stations déjà existantes sur cette côte.
e Vax égard à l'utilité qui eu résultera, tant pour la science que pour la navigation, une organisation plus complète des stations de Turquie et notamment de l'Observatoire central de Çonstantinople.
/"Le maintien de la station d'Athènes et la publication de ses observations.
Le Congrès déclare enfin que la fondation d'un Institut international pour les questions météorologiques, est éminemment utile et désirable. Le comité permanent est chargé d'étudier toutes les questions qui se rapportent à cet Institut et de dresser un projet d'exécution détaillé.
Mous ajouterons la mention d'une intéressante demande, adressée au Congrès, d'instructions relatives à l'établissement d'un sytème de stations météorologiques sur les cotes de la Chine, par M. Campbell, secrétaire de l'inspection des douanes maritimes de ce pays, au nom du directeur, M. Ilart. La commission chargée de les rédiger a eu pour rapporteur M. Robert Scott, qui après a voir donné les indications
LA NATlïllE.
nécessaires pour le choix des instruments, fait ressortir la grande importance de l'introduction de la météorologie télégraphique en Chine et recommande à l'organisateur de s'inspirer des conseils des météorologistes expérimentés qui dirigent des systèmes iuialogues, comme le général Myer à Washington, M. iïlaiidford, directeur du réseau météorologique du Bengale à Calcutta, M. Me! dru m, secrétaire de Ja Société météorologique de Maurice. Les quatre slatations de premier ordre devront être Shang Haï, Pékin, llong-kong et Àmoy, ia première devenant station centrale.
L'euseinble des travaux du Congrès météorologique et l'esprit amical qui a régné dans ses discussions nous fait bien augurer de l'avenir de ces réunions et de la féconde influence qu'elles exerceront, sur le progrès de la météorologie. Nous devons rappeler que, ce Congrès s'est tenu au moment où l'épidémie cholérique sévissait à Vienne. La conscience avec laquelle les délégués ont cependant accompli leur mission prouve leur dévouement à la science. L'un d'eux, l'éininent astronome italien Dotlati, a été atteint pendant le cours des séances, ha météorologie fait en lui une très-grande perte. Il était le principal promoteur des recherches qui la rattachent au milieu cosmique et lui ouvrent par là de nouveaux et brillants horizons. F.ZcRClIEft.