UNE ASCENSION DU MONT BLANC
Ce sont doux habitants de Chamonix, le docteur Paccard et le guide Jacques Balmal, qui pour la première fois foulèrent du pied le sommet du mont Blanc. La cime du géant des Alpes, jusqu'alors inaccessible, fut prise d'assaut par ces hardis voyageurs, en août 4786.
Le professeur de Saussure, alors à Genève, apprit la nouvelle de cette glorieuse entreprise, et il voulut aussi la tenter sur le champ. Mais les pluies et les
neiges l'obligèrent à remettre" son ascension à l'année suivante. Il pria Bal mat de l'avertir lorsqu'il jugerait le temps favorable. Au mois de juillet 1787, Saussure rencontra, à Sallanulie, Jacques Balniat, qui venait de réussir une deuxième ascension le 5 du même mois et qui s'était fait accompagner cette fois par deux de ses amis.
Saussure, plus que jamais enflammé du désir de gravir le sommet du grand massif alpestre, se rendit à Chamonix. « J'étais décidé à attendre jusqu'à la fin de la saison, raconte-t-il, plutôt que de manquer l'occasion favorable; il vint enfin ce moment si
Ascension du mont Blauc. - Lt Mont maudit, vu du pieu dos Cosses, à 43U0 mètres, d'altitude. (D'après nature.)
désiré et le 1 er août 1787 je me mis en marche, accompagné d'un domestique et de dix-huit guides qui portaient mes instruments de physique et tout l'attirail dont j'avais besoin. »
A la fin de la première journée il lit placer une lente et coucha à 779 toises au-dessus de Chamonix; le troisième jour seulement, après bien des
* Le club Alpin français m'a fait l'honneur de me confier le soin de conduire la première caravane alpestre, qu'il a organisée sous les auspices de son président, M. Cézanne. Nous ne parlerons pas ici do notre voyage, dont le récit nous entraînerait dans de trop longues descriptions, mais nous croyons que le lecteur lira peut-être avec quelque intérêt l'histoire de notre ascension au sommet du mont liliinc, exécutée le 27 août 1874, quelques jours avant le terrible sinistre dont il a été précédemment parlé. (Yoy. la Nature, n° G8. — 19 septembre 1874, p. 25». ) " A. T.
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peines et mille souffrances, il arriva enfin à la cime tlu mont Blanc.
Aujourd'hui les temps sont bien changés et l'ascension est loin d'être aussi pénible. Au lieu décamper au hasard dans les rochers, on arrive, le premier jour, aux Grands-Mulets, à 3,050 mètres. Là, dans une cabane bien abritée, une servante vous donne à dîner et vous offre un lit pour vous reposer des premières fatigues.
La traversée du glacier des Bossons est une des parties la plus curieuse de l'ascension ; les séracs par lesquels il faut passer, les immenses crevasses que l'on franchit à grand'peine en font une première étape assez pénible. De Chumouix aux Grands- Mulets il faut environ 7 heures de marche, mais le paysage glacé que l'on parcourt, les beautés incom»