‹ La Nature 1874 S 2 N 53a 78Chapitre 176 sur 229 · FOUR A PUDDLER DE CRAMPTON · texte numérisé non relu

FOUR A PUDDLER DE CRAMPTON

Le nouveau procédé de puddlngc mécanique auquel l'ingénieur anglais Crampton a donné son nom, excite en ce moment chez nos voisins d'Outre- Manche, un enthousiasme que paraissent justifier Ls excellents résultats obtenus par son emploi dans la métallurgie du fer.

Le puddlage mécanique se produit par la rotation du four; la haute température nécessaire à l'opération est obtenue au moyen d'un mélange d'air et de charbon pulvérisé qui brûle en présence du métal à puddler.

Le four se compose d'une chambre unique qui contient le métal à traiter et est en même temps le siège de toutes les réactions ; c'est là que commence et s'achève la combustion, et que le métal se travaille. Cette chambre est intérieurement garnie d'un revêtement d'oxyde de fer. Elle est formée dune double enveloppe en fer forgé, de manière à ménager un espace où peut circuler un courant d'eau ; un robinet à deux voies amène par l'un de ses orifices l'eau froide et permet par l'autre la sortie de l'eau échauffée.

Ce compartiment à eau est une des plus importantes dispositions de l'appareil , l'action protectrice du liquide froid sur le four est beaucoup plus grande qu'on ne l'aurait jamais cru.

A l'avant, le four est en communication avec la cheminée voisine par une sorte de tuyau en forme de col, mobile autour d'une colonne de fonte, de manière à pouvoir s'appliquer sur l'orifice du four.

Le travail du four est des plus simples. Supposons qu'il soit froid, on écarte le col, on remplit le four de bois et on met le feu. On rapproche encore le col et ou donne seulement del'air jusqu'à ce que la combustion du bois soit énergique. On commence alors à injecter le combustible pulvérisé et on continue pendant 40 ou 45 minutes. Le four est au rouge blanc et peut recevoir une charge tic métal. Il faut pour l'amener à ce point à peu près 200 kilog. de charbon et la combustion est parfaite au point que tout le charbon esL consumé.

On introduit alors une charge de 400 à 500 kilog. de 1er froid et on injecte de nouveau le mélange d'air et de charbon. Au bout de trois quarts d'heure environ, le fer est fondu et on imprime au four un mouvement lent de rotation; le fer puddlo se réunit en

une boule qui est retirée et travaill ;e suivant les procédés ordinaires. — On procède alors aux réparalions du revêtement intérieur, on recharge le four et le cycle des opérations recommence.

Dans des expériences faites à Woolwich, pour des charges moyennes de 525 kilog! , le temps moyen né.cessaire à une opération complète fut de 1 heure 31 minutes et on a pu en faire en une journée de 12 heures jusqu'à neuf opérations avec des charges de 450 kilog.

On attribue la rvmarquablo qualité du fer obtenu par le procédé Crampton à l'élévation considérable de température produite par l'emploi du mélange d'air et de charbon pulvérisé, et à l'ingénieuse disposition qui permet de doser à chaque instant le charbon de manière à avoir une combustion parfaite.

In autre point de vue qui nous semble digne d'intérêt, c'est que ce procédé permet Y utilisation directe ào poussiers et débris de charbon, qui jusqu'ici n'avaient trouve d'emploi que dans la fabrica iou des briquettes. 1

Page 1