EXAMEN MICROSCOPIQUE DES MINÉRAUX
On a découvert avec le secours du microscope, une multitude d'organismes fossiles dans les matières meubles : foraminiferes, diatomées, coquillages, restes paléoulologicjues aussi importants que ceux des animaux de grande taille. Les découvertes ont été a-sez étendues, à cause île la simplicité du mode de préparation nécessaire pour l'exunen; il suffit de délayer un dépôt dans de l'eau et recueillir après plusieurs lavages telle partie chargée de ces organismes et de les fixer avec du baume de Canada sur le porte-objet.
Les roches contiennent, dans une autre acception, des caractères aussi dignes de fixer l'attention des minéralogistes ; mais elles ne se traitent pas de la
I infinie manière. L'opération qui est longue et déli- I cate, consiste à user un petit fragment de l'échantillon choisi, sur une meule ou une pierre dure saupoudrée d'émeri, jusqu'à ce qu'il soit réduit à une épaisseur suffisante. La lamelle ohtenue, doit être telle, q u'el le satisfasse aux conditions nécessaires à un bon examen ; trop épaisse, elle ne laisserait pas passer j la lumière requise pour discerner les détails; trop | mince, elle pourrait, se briser, ou laisser trop peu de matière à examiner.
Le rodage est assez long; il exige quelquefois plusieurs heures d'un travail assidu et fatigant. Quand une face est suffisamment usée, on retourne le fragment ; s'il est trop petit pour être pris avec les doigts, on colle la face polie sur une molette en verre avec du baume de Canada et l'on continue, en ayant soin de roder bien parallèlement à la fice déjà travaillée.
Basalte fel<l-]>alliiquc.
(Grossissement 20 D. )
lY.idiyU: cotitenatil tins cristaux Je mica.
(Grossissement 20 D.)
Si le frottement développe trop de chaleur, on évite la fu>ion du baume en opérant sous l'eau ou en mouillant fréquemment. Quand on est arrivé au degré d'épaisseur voulu, on termine avec de la potée d'étain et on hotte avec du drap fin ; puis la lamelle ohtenue est détachée et recollée sur le porte-objet. Les observations faites directement sur des minéraux opaques, tels qu'ils se trouvent par suite du la cassure, sont généralement insuffisantes ; la difficulté de mettre au foyer les différentes parties du sujet, le manque d'éclairage, la nature amorphe même des roches, sont des obstacles à un bon discernement, ils n'existent pas quaud on examine des spécimens transparents. La première condition dans cet examen étant de bien ! voir, il faut choisir un grossissement en rapport avec ce que l'on observe ; on est naturellement porté vers l'exagération; avant tout, il faut voir distinctement et se contenter de la combinaison optique qui llatte . le plus la vision. Une amplification de 15 à 50 diamètres est suffi- an le dans la plupart des circonstan-
ces; dans ce cas, on ne dénature pas trop les molécules ou les cristaux renfermés dans les roches.
Les ligures ci-dessus, donneront une idée exacte, de ce genre d'investigation, jusqu'ici peu pratiqué par les niicrographes ; elles ont été dessinées d'après des pholomicrographies de sujets préparés par M. Yelain, préparateur de géologie à la Sorbonne. Ces spécimens de roches proviennent d'un voyage exécuté sur les côtes d'Algérie. Ou y voit des cristaux de mtca coupés dans le sens de la longueur et dans celui de la largeur, et du feldspath rempli pareillement de cr.staux. Tous les échantillons que l'on étudie i sont pas aussi intéressants ; un grand nombre ne présentent qu'un aspect amorphe, où l'œil le plus exercé ne peut reconnaître de cristaux. Mais il est probable qu'il y a, dans la plupart des cas, d'importantes observations à faire dans ce mode d'examen microscopique. J. Giraho.
Ml