L'INCRUSTATION DES CHAUDIÈRES
A VAFEUR.
Le problème d'éviter l'incrustation des chaudières est fort important et fort difficile à résoudre, surtout pour celles îles navires à vapeur qui ne peuvent employer que de l'eau salée.
Sous trouvons dans plusieurs journaux une indication fort intéressante : un des mécaniciens du Saint-Laurent, paquebot de la Compagnie transatlantique (nous regrettons vivement, de ne pouvoir donner son nom), oublia en parlant dans un de ses bouilleur?, un lingot de zinc, et fut fort étonné au retour de ne plus retrouver sou zinc ; il constata en outre que le dépôt laissé par l'eau était une simple boue facile à enlever au moyen d'un lavage.
Le mécanicien refît l'expérience àun second voyage, et trouva comme la première fois que le zinc disparaissait, et que le dépôt laissé par l'eau évaporée était boueux et non plus solidement attaché aux parois de la chaudière.
Un industriel d'Angers, informé du succès obtenu à bord du Saint-Laurent, fit de son côté l'expérience et trouva le même résultat.
Il y a lieu de croire que bien d'autres propriétaires de machines à vapeur feront la même expérience d'ici à peu de temps, et que la question pratique sera bientôt tranchée.
On a déjà donné une explication partielle du fait; mais les journaux qui l'ont reproduite, à notre connaissance, ont probablement mal traduit la pensée de l'auteur, M. Lesueur, employé des télégraphes à Angers. Il est facile de refaire cette explication.
Le zinc étant placé dans une chaudière en fer remplie d'eau, réalise un couple voltaïque; le zinc constitue le pôle négatif et ce couple un élément «le pile, le fer le pôle positif. Il arrive alors, comme dans toutes les piles, que le zinc se consomme, se distant, et que le fer est protégé de la dissolution et de l'oxydation.
Sur ce point il n'y a aucun doute, et la disparition du zinc est complètement expliquée : la température élevée et l'eau coutenue dans la chaudière facilite uu peu l'action, ou en d'autres termes, augmente l'intensité du couple; voilà tout ce que nous croyons qu'on en puisse dire.
Mais la suppression du dépôt solide et de l'incrustation n'est pas expliquée par là : ou pont dire (pie la surface du fer se trouvant préservée de toute rouille, ne présente plus lu même facilité à l'adhérence intime du dépôt. On pourrait même ajouter à l'appui de cette remarque que, dans les couples de Daniell, le cuivre (remplaçant le fer de la chaudière) reste ab solument net et biillant, et que dans les couples de- Orove aucun dépôt ne salit la surface du platine.
Nous croyons cependant que cette partie de l'explication du fait constaté sur le Saint-Laurent est
incomplète, et qu'il est à propos de se rappeler ici une idée proposée par Davy, et qui est mentionnée dans les traités de physique. Davy avait indiqué pour supprimer l'attaque des doublures en cuivre de navire, de mettre une plaque de zinc d'une faible étendue sur un point quelconque de la surface du cuivre à protéger. Le cuivre et le zinc plongeant dans la mer constituaient un couple, le zinc se dissolvait lentement, et le cuivre était absolument préservé. Jusqu'ici tout se passe comme dans la chaudière à vapeur, mais le procédé si simple de Davy a dû être abandonné, parce que la surface de cuivre se couvrait très-rapidement de coquillages marins et que la marche du navire s'en trouvait notablement retardée : les choses se passaient donc au point de vue du maintien «le la surface de enivre tout autrement qu'elles ne se sont accomplies dans les générateurs du Saint- Laurent.
Si la théorie de M. Lesueur est incomplète, comme nous le croyons, elle est loin d'être inutile, car elle conduit ii luire remarquer aux praticiens, que le zinc est le seul métal à employer dans cette circonstance; il va sans dire que l'aluminium est écarté par son prix. Tout autre métal, le plomb, l'étain, le cuivre, introduits dans une chaudière feraient juste l'opposé de ce que l'ait le zinc; il y aurait bien encore un couple, mais le sens du courant serait par rapport au fer de sens inverse; le fer deviendrait le pôle négatif, il se rouillerait et se dissoudrait dans l'eau.
L'expérience vaudrait la peine d'être faite dans une vieille chaudière ; on verrait si l'addition d'un morceau île enivre dans un bouilleur active d'une manière très-marquée l'oxydation du fer et si cette oxydation a pour effet de provoquer une rapide incrustation; ce serait comme une contre-épreuve de l'expérience du Sainl-Laurent. Ai.f. Xuudft-Biuïcuet.
DESCARTKS ET L'AUTOMATISME