‹ La Nature 1874 S 2 N 53a 78Chapitre 191 sur 229 · SIR WILLIAM FAIRBAIRN · texte numérisé non relu

SIR WILLIAM FAIRBAIRN

Parmi les ingénieurs anglais dont les travaux ont conduit à une généralisation si complète de l'emploi du fer qu'on ne voit guère dans quelles circonstances ce métal ne pourrait pas remplacer le bois, il faut ci 1er en première ligne W.llifim Fairbairn que la mort vient d'enlever récemment à l'Angleterre. En même temps qu'il nous semble utile de rappeler les travaux et les recherches de cet homme érninent, il nous paraît bon de donner un exemple, ajouté à tant d'autres, de ce que peuvent la persévérance et l'amour du travail-

"William Fairbairn naquit àKelso, le 19 février 1 789, de parents dont la situation était peu fortunée : bien que son éducation eût été fort négligée, il présenta dès l'enfance des dispositions pour tout ce qui se rattachait aux arts mécaniques; aussi, dès l'âge de quatorze, ans, il saisit l'occasion favorable de l'érection d'un pont à Kelso pour entrer en apprentissage, dirions-nous presque, dans les bureaux de M. Hennie qui avait fait le projet et qui avait été chargé de l'exécution de ce travail. Quelque temps après, le jeune Fairbairn rejoignit, à Neweastle, son père qui était alors chargé de la surveillance d'une mine de houille, et, tout eu s'occupant dans la journée de l'exploitation au point de vue pratique et participant effectivement aux travaux manuels, il consacrait ses soirées et une partie de ses nuits à l'étude des théories mathématiques et. mécaniques. C'est dans ces circonstances qu'il fit la connaissance de Georges Slepiienson, et le zèle de chacun d'eux à acquérir des connaissances nouvelles stimula leur ardeur et les fit rapidement progresser.

Fairbairn, ayant manqué une position avantageuse qu'il espérait, se décida à aller à Londres, puis à faire un voyage dans le sud de l'Angleterre, dans le pays de Galles et en Irlande ; pendant son voyage, il gagnait par son travail de chaque jour la somme nécessaire pour subvenir à ses besoins matériels.

En 1816, après un séjour de deux ans à Manchester, Fairbairn avait pu faire quelques économies; il ne tarda pas à se marier et commença bientôt à travailler pour sou propre compte comme ingénieur. Quelque temps apiès, il devenait l'associé de M. James llillie, à partir de cet instant, Fairbairn vit constamment sa position s'améliorer et lui donner nonseulement l'indépendance, mais même la fortune. C'est durant une période de quinze ans, pendant laquelle cette association se continua, que, en dehors des améliorations constantes apportées par Fairbairn aux appareils qu'il construisait, il fut conduit à

1 Extrait et traduit du Harper's New Moiithly Blagaiine de New -York.

mettre au jour les premiers navires en fer : il continua cette spécialité à l'usine de Willwall qu'il dirigea pendant quatorze ans. Plus tard nous le voyons, de concert avec Robert Slephenson, construire les ponts Brilannia el de Conway, ponts tubulaircs en métal; puis, participer à l'établissement des forts avec revêtements en fer à SpitUead. C'est à son instigation que l'ut créée l'association des propriétaires de machines à vapeur de Manchester, et c'est lui également qui, dès 1831, proposait l'installation d'un système d'inspection des chaudières à vapeur qui devait donner d'utiles résultats.

Il convient de signaler, d'autre part, les recherches expérimentales qu'il fit sur la force des tôles et des rivets, sur lu résistance de chaudières à vapeur, expériences qui sont restées classiques. En outre, '1 présenta aux diverses sociétés dont il était membre, dos mémoires, des notes sur les divers sujets à l'ordre du jour, travaux importants qui, croyons-nous, n'ont pas été publiés à part et qu'il faut rechercher dans les procès-verbaux et les Iransuulions de ces sociétés. Ils constituent, dans leur ensemble, une œuvre importante.

Fairbairn avait vu successivement tous les honneurs lui être décernés : sans vouloir les énumérer, nous nous bornerons à dite qu'il était correspondant de l'Académie des sciences de France (section de mécanique) depuis 1852 et que, en 1869, sur la proposition de M. Gladstone, il fut créé baronnet.

Mais en dehors même de ses titres scientifiques, la vie de sir William Fairbairn est un modèle qu'il convient de citer pour montrer, d'une {'art, quels peuvent être les résultats de l'intelligence; pour mettre en évidence, eu outre, les honneurs de toute nature que les nations qui comprennent l'importance du développement, de la science et de l'industrie (et l'Angleterre marche en première ligne parmi ces nations) savent accorder aux savants, aux industriels qu'elles s'enorgueillissent d'avoir vus naîLre. C- M. Garigl.

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