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LES ÉTOILES FILANTES

(Suite. - Voy. p. 322 ) »

Pour obtenir et posséder des résultais d'une grande valeur, il fallait évidemment, et avant tout, recueillir des observations chaque jour et à toutes les heures de la nuit. Pour entreprendre un travail avisai pénible et fatigant, car on sait que ces observations ne peuvent se faire qu'à ciel découvert, il fallait trouver un homme doué tout particulièrement pour ce genre d'étude. C'est à Coulvier-Gravier que la science doit cette longue série d'observations quotidiennes ; c'est aussi à ce savant observateur que la science doit ces lois intéressantes de la variation horaire des étoiles filantes; du mouvement de la résultante du soir au matin, des diverses directions qu'el-

les affectent, ot enfin ces coïncidences qui existent entre la direction de ces corpuscules et celle des courants de l'atmosphère; recherches curieuses faites avec le plus grand soin, et sur lesquelles s'appuyait M. Schiapareih, le savant directeur de l'Observatoire royal de Milan, lorsqu'un 18G7 il formulait son intéressante théorie qui assimile les 11 ux d'étoiles filantes périodiques aux diverses comètes connues; théorie pressentie par Coulvier-Gravier, lorsque, contrairement aux idées reçues, alors que l'étoile filante était une petite masse planétaire solide, il affirmait avoir pu distinguer huit ou dix fois le noyau d'une étoile fixe à travers la matière diaphane d'une étoile filante.

Pour compléter ce travail historique, c'est-àdire pour grouper ici toutes les hypothèses émises sur ce curieux phénomène, il faut faire connnaître

Courants inférieurs indiques par les vents.

Fig. 8.

Courants supérieurs indiqués par la direction îles étoiles filantes.

les idées théoriques de Coulvier-Gravier qui, malgré les critiques de quelques savants, n'en ont pas moins un cachet d'originalité et de raison que l'observation faite sans idées préconçues ne pourra leur enlever. Il est en effet un principe duquel il ne faut jamais s'écarter; c'est que les théories, les hypothèses doivent reposer sur l'observation, et non l'observation sur la théorie. Or, c'est malheureusement ce qui se produit dans bien des cas. On ne veut pas admettre tel ou tel résultat donné par l'expérience, parce qu'il se trouve en opposition avec les idées reçues, avec, les théories acceptées par la science; et e'est ainsi qu'aujourd'hui certains hommes ne craignent pas d'affirmer que tout est connu dans ce qui concerne ce phénomène, quand au contraire il y a encore tant de points obscurs, tant de questions à traiter, tant d'observations à recueillir.

INe se préoccupant aucunement de l'origine ou de la composition des étoiles filantes ; Coulvier-Gravier s'est attaché de préférence à l'aspect du phénomène,

et à rechercher les relations qui pouvaient exister entre les diverses directions affectées par ces météores et les phénomènes météorologiques qui suivent ces apparitions. Pour lui, que l'étoile filante s'engendre dans l'atmosphère, d'après le système terrestre, ou qu'elle vienne du dehors, d'après le système cosmique, elle n'obéit pas, dans l'atmosphère du moins, à un mouvement propre, mais à l'impulsion qui lui est donnée par le courant plus ou moins rapide qu'elle rencontre.

Partant de celte hypothèse bien claire, ces météores indiquent donc la direction et l'intensité des différents courants qui les transportent, et qui régnent dans les hautes régions de l'atmosphère (puisque l'on sait que l'étoile filante n'est visible pour nous d'après les théories admises, que lorsqu'elle a pénétré dans notre atmosphère). Les étoiles filantes peuvent donc être comparées à de véritables girouettes et anémomètres qui montrent la direction et la force des courants des hautes régions de l'air.

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LA NATUIIK.

Il est maintenant un fuit observé et constaté par tous les météorologistes, c'est que, quand des nuages fort élevés que l'on désigne sous le nom de Cirrus viennent à se former; quelle que soit leur direction, si leur mouvement de translation, c'est-à-dire le courant aérien qui les transporte, ofïre une certaine intensité, on remarque que ce courant après avoir influencé en plus ou moins, suivant sa direction, la colonne barométrique, devient quelques heures après, le vent de terre indiqué parla girouette; en d'autres termes ce courant procède par abaissement.

Or, l'observation des étoiles filantes apprend aussi que les courants atmosphériques indiqués par leur direction, procède d'une manière semblable. On comprend dès lors comment par l'inspection et la discussion des diverses directions affectées par les météores filants, on peut se trouver immédiatement renseigné sur la induré des transformations atmosphériques à venir. Ces courants étant devenus peu à peu ceux qui circulent dans la région des Cirrus qui eux-mêmes deviennent quelques heures après, comme nous venons rlr» l<> clirft, l»>s eonranls qui .soufflent ù la surface du sol.

L'observai ion apprend aussi que l'action de ces courants supérieurs indiqués par la direction des étoiles filantes, ne commence à se faire sentir sur la colonne barométrique, qu'environ 36 ou 40 heures après l'apparition de ces signes précurseurs. On connaît donc ainsi, 36 ou 40 heures à l'avance les premiers mouvements de la colonne de mercure.

11 est encore dans ce phénomène des étoiles filantes, un point très-important qui n'avait pas encore été relaté jusqu'à nous ; je veux parler des particularités remarquables offertes par certains de ces météores qui présentent des trajectoires parfois complètement recourbées ou simplement serpentantes, que quelques observateurs attribuent sans raison à des effets de perspective.

Etudiant depuis longtemps ce genre spécial de météores, nous avons émis, M. Coul vicr-Gravicr et moi, cette hypothèse très-rationnelle, que ces trajectoires accidentées sont l'effet d'un courant atmosphérique très-intense rencontré par le météore durant le parcours de sa trajectoire ; et venant ainsi dévier entièrement ou seulement contrarier sa direction primitive. Ce courant hypothétique est desigué par nous sous le nom de perturbation. Il joue un rôle des plus importants dans la prévision basée sur les étoiles filantes. En effet, si durant l'observation on n'a pas remarqué de perturbation, la résultante ou direction movenue des étoiles filantes est suffisante pour renseigner sur le beau ou le mauvais temps. Au contraire, si des perturbations ont été constatées, il faut principalement tenir compte de la nature de ces perturbations qui sont alors les seuls indicateurs et les véritables signes précurseurs de tous les produits météoriques.

Pour rendre ce résultat plus sensible, prenant une période de vhgt années, puis relevant avec le plus grand soin, toutes les perturbations observées; d'au-

tre [art, étudiant les phénomènes météorologiques (pli s'étaient produits à la suite de ces curieuses observations, je constatais que du 3 e au 4 e jour après l'apparition de ces perturbations, le courant régnant à terre était identiquement le même que celui qui avait été révélé par la direction de ces perturbations.

Représentant alors les douze mois de l'année par douze circonférences concentriquesdonnanlen même temps le cercle azimulal des vents; à l'aide de la direction moyenne par mois des perturbations obse:vées, je pouvais avec ces douze ordonnées, reliéeentre elles par de petits arcs de cercle, présenter d'une manière très-claire l'oscillation des courants des hautes régions (fig. 1). Agissant de même poulies vents de terre constatés du 3 e au 4" jour après l'apparition de ces signes piécurseurs, c'est-à-dire calculant leur direction moyenne par mois, je démontrais (fig. 2) la parfaite analogie existant entre l'oscillation des courants inférieurs et celle des courants supéi ieurs indiqués par l'observation des météores à trajectoires recourbées ou serpentantes. Ces météores renseignent donc à l'avance: 1° sur las mouvements du baromètre ; 2° sur la nature des couran's devant remplacer ceux dont nous subie-sons les effet? ; les deux problèmes les plus importants de la météorologie pratique.

Ces quelques données que je vienr de faire connaître, sont les principes fondamentaux sur lesquels repose le système météorologique de Coulvier-Gravier. Je ferai connaître maintenant quelques résultat s météorologiques intéressants, déduits de ces observations continues.

Chapeus Coulvier-Gmyier,

Directeur île l'Observatoire météorique du Luinmbourg.

— La suite prochainement. —

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