‹ La Nature 1874 S 2 N 53a 78Chapitre 200 sur 229 · COLORATION ARTIFICIELLE DES FLEURS · texte numérisé non relu

COLORATION ARTIFICIELLE DES FLEURS

Quand ou expose des fleurs colorées naturellement en violet à la fumée que dégage un cigare en brûlant, on voit ces fleurs changer de couleur et prendre une teinte verte d'autant plus prononcée que leur propre colons était plus vif auparavant. C'est ce qu'on voit très-bien, par exemple, s'opérer sur les (leurs du Thlaspi, violet ou Iberis umbeliata et de la Jullienne ou Hcsperis malronalis. Ce changement de couleur est dû à l'ammoniaque du tabac. Partant de cette notion, le professeur italien L. Gabba a fait une série d'expériences eu vue de reconnaître les changements que l'ammoniaque détermine dans le coloris de différentes fleurs. Son appareil est des plus simples : il consiste eu une assieUe dans la quelle il verse une certaine quantité de la solution d'ammoniaque connue vulgairement sous le nom d'alcali volatil.

Il pose ensuite sur celte assiette un entonnoir renversé dans le tube duquel il place les fleurs qu'il veut soumettre à l'expérience. En opérant de cette manière, il a vu, sous l'action de l'ammoniaque, les fleurs bleues, violettes et purpurines devenir d'un beau vert ; les fleurs rouge carmin intense (œillets) devenir noires; les Manches jaunir, etc. Les changements de couleurs les plus singuliers lui ont été offerts par les fleurs qui réunissent plusieurs teintes différentes et dont les lignes rouges ont verdi, les blanches ont jauni, etc. Un autre exemple remarquable est celui des fuchsias à (leurs blanches et rouges, qui, par l'action des vapeurs ammoniacales, sont devenues jaunes, bleues et vertes.

Lorsque le? rieurs ont subi ces changements de couleur, si on les plonge dans de l'eau pure, elles conservent leur nouvelle coloration pendant plusieurs heures; après quoi elles retournent peu à peu à leur coloris prini'tif.

Une autre observation intéressante due à M. Gabba, c'est que les fleurs des aster, qui sont naturellement inodores , acquièrent une odeur aromatique agréable sous l'influence de l'ammoniaque. Les fleurs de ces mêmes aster, dont la couleur naturelle est violette, deviennent rouges quand on les mouille avec de l'acide azotique (nitrique) étendu d'eau. D'un autre côté, ces mêmes fleurs, si ou les enferme dans une boîte de bois où elles soient exposées aux vapeurs de l'acide chlorhydrique, deviennent, en six heures, d'un beau rouge carmin qu'elles conservent quand on les place dans un endroit sec et à l'ombre, api es les avoir desséchées à l'air et à l'obscurité 1 .

1 Journal de la Société centrale d'horticulture de France.

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