DASS LES RÉGIONS POLAIRES
La gravure que nous publions, représente, d'après la récente carte de Petcrmann, la région singulière que les navigateurs autrichiens du Tegkettoff ont ouverte à la géographie.
A droite du dessin se déroule, au second plan, la terre de Wilczek ainsi nommée en l'honneur du comte de Wilczek organisateur de l'expédition.
La côte nord-ouest de cette île immense est bordée par d'immenses glaciers se prolongeant aussi loin que la vue peut s'étendre du côté de l'Asie. A gauche du spectateur se déroule la terre Zichy également consacrée à la mémoire d'un des généreux patrons de l'entreprise. C'est sur cette immense terre que se dresse le mont Richthofen élevé de plus de 1 ,;^00 mètres et qui par conséquent domine toute la contrée.
Les courageux explorateurs n'ont mis le pied ni sur la terre Zichy ni sur la terre AVilczeck, comme il
Terre du Prince Oscar.
Terre François-Joseph. — Terre de Zichy.
Mont Brunn.
Vue à vol d'oiseau de l'exploration autrichienne.
Cap Vienne.
Terre du Prince Hudolph.
Glacier de SonkLar.
Terre de Petorniaim.
Terre de Wilczek.
Ile de Salm.
I. Route suivie par les explorateurs en mai 1874, et conduisant au mont Bruun. — ï. Houle suivie en mars 1874, jusqu'au g Sonklar, — 3. Route suivie en avril 1&74, jusqu'à la terre du prince Uudulph, eu face le cap Vienne.
acier du
est facile de le voir; car nous avons marqué sur la neige, la trace des trois expéditions que l'équipage a faites en mars, en avril et en mai 1874. C'est l'expédition d'avril qui a été la plus longue. Elle a mené les voyageurs au delà du 82 e parallèle au milieu de la mer intérieure qui s'étend au nord des deux grandes îles que nous avons figurées. La longue trace suivie par les explorateurs est facile à discerner dans notre vue idéale à vol d'oiseau.
Arrivés sur la côte de Pile du Prince Rudolph, les voyageurs furent obligés de battre en retraite. On voit eu effet, à quelle distance ils se trouvaient déjà de leurs compagnons, et du Tegkettoff qui, quoique scellé dans la glace, était leur unique ressource. Le
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navire leur servait d'abri pour se reposer de leurs fatigues inouïes et leur fournissait encore des provisions comme un grand magasin d'abondance.
Au nord, les marins autrichiens ont aperçu deux autres terres séparées par un haut promontoire auquel ils ont donné le nom de cap Vienne, c'est ainsi qu'ils ont désigné le point remarquable le plus voisin du pôle qui ait encore été aperçu. Il se trouve de plus d'un degré au delà du 82 e parallèle, cette ligue fatidique effleurée déjà par trois explorations, olle de Parry en 1827, celle de Jlalle en 1872 et enfin celle de Payer en 1874 !
A l'orient du cap Vienne paraît se trouver une grande île que l'on nomme la terre de Petermanu et
LA SATURE
à l'ouest une autre île que l'on appelle celle du : Prince Oscar.
Le détroit qui sépare les deux terres Wilczek et Zichy est obstrué par un grand nombre d'îles qui retiennent ks glaçons, lors des débâcles nécessairement très courtes à une latitude aussi élevée. Il en résulte que même dans les circonstances les pîus favorables, un navire pourra difficilement s'engager dans ce long détroit et parvenir au nord des deux terres "Wilczek et Zichy. (lue fois ce défilé franchi il est probable cjue l'expédition pourrait pénétrer jusqu'au cap Vienne. Les difficultés sont cependant si grandes que les chances de pénétrer par le détroit de Roberson au moins autant qu'on en peut juger d'après le récit des survivants de l'expédition du capitaine Hall, sont peut être plus considéra Ides, lien de même de celles de trouver une issue par le détrod de Behrung.
Deux des îles qui empêchent d'arriver au détroit ont été l'objet d'expéditions particulières, que les traces d« notre gravure indiquent encore. Celle qui est le plus à l'est est la première qui ait été explorée C'e4 par là que les Autrichiens ont commencé avant de se lancer dans le grand détroit. Ils y ont parcouru un immense glacier auquel ils ont donné le nom de Sonklar. C'est par l'exploration de l'île occidentale qu'ils ont terminé leur campagne avant de songer au retour et à l'abandon du Tegkettoff.
Cette troisième expédition a eu lieu au mois de mai. L'épisode le plus notable de cette course est l'ascension du mont Brunn qui n'a pas moins de 1,000 mètres d'altitude, et du haut duquel la vue s'étend à une immense distance du côté du couchant. Du haut de ce pic remarquable les explorateurs ont pu apercevoir une terre qui se trouvait à 100 kilomètres à l'ouest. Suivant toute probabilité c'était la terre de Gillis, découverte par les marins Scandinaves en 1707.
L'expédition autrichienne qui a fourni à la physique du globe une terre inconnue, semble prouver \ malheureusement que les difficultés de l'approche du : pôle vont en croissant à mesure qu'on pénètre à dc> i latitudes plus élevées.
Le récit que le lieutenant Payer, a publié de la ; magnifique exploration arctique du Tegkettoff, en ! l'ait foi; car il abonde en description de difficultés vaincues et de souffrances endurées, surtout quand il parle des longs voyages en traîneaux, exécutés an milieu des glaciers abrupts et escarpées.
Il faut des hommes d'une trempe exceptionnelle pour parcourir ces régions glacées, où le thermomètre descend à 50° au-dessous de zéro, où l'on ne peut vivre souvent que de la chasse contre les ours blancs, où l'on est contraint d'affronter et de vaincre des l.itigues inouïes, au milieu de glaciers formidables, parsemés de crevasses et de précipices. Heureux quand ces hommes trouvent la juste récompense de leurs efforts, et que la mort impitoyable ne les arrête pas au milieu de leur magnifique conquête do mordes nouveaux.