CONGRÈS INTERNATIONAUX
SÉIUCICOLE ET YITICOLE DE MONTPELLI ER.
{Suite et fln. — Voy. p. 382.)
M. Michel Perret, ingénieur (de l'Isère) expose une dissertation théorique sur le Phylloxéra. 11 déclare qu'il est
d'avis de renoncer à tout insecticide, et d'abandonner au Phylloxéra tout ce qu'il a conquis {protestations nombreuses). Il propose de constituer dans les vignes, entre les sillons, un milieu protecteur, formé à la fois d'insecticide et d'engrais, où les vignes pourraient développer de nouvelles radicelles. Cette théorie, que n'appuie aucune expérience, parait médiocrement goûtée par l'auditoire. Vient ensuite M. L. Faucon, accueilli avec une faveur méritée. Il reprend l'historique de ses remarquables résultats de la submersion hibernale qui lui ont permis près d'Avignon de régénérer son vignoble. La submersion doit durer quarante jours à la fin de l'automne, le Phylloxéra élantencoreactif, quarante-cinq jours en hiver, lorsqu'il est engourdi. Il faut y joindre de bons soins et une énergique fumure ; M. Faucon emploie les tourteaux de colza, soit seuls, soit mélangés d'engrais chimiques. La production normale de son vignoble était tombée en 1869 de 955 à 35 hectolitres. En 1874 elle est montée à 1,175 hectolitre?.
après cinq années de submersion. Les autres vignes, en situation non inondable, sont mortes depuis lîtfl, malgré trois ans de fumure.
M. de Ricard, un véritable orateur, avec une exubéian.e de gestes et une fougue toute méridionale, se déclare l'élève et le grand admirateur de M. Faucon. Il a une foi absolue dans le Phylloxéra cause. C'est du temps perdu, dit il, que de parler de dégénérescence, de nature, de terrain, de l'utilité des engrais, etc -, oa relardera lu mort, voilà tout! 11 a vu des vignes sous l'eau, de décembre ea mai, et se portant très-bien. 11 a apporté des perfectionnements à la méthode de submersion de M. Faucon. Celui-ci, par cette méthode, a rendu ses terre argiloeakaires encore plus compactes quelles n'étaient naturellement, et a négligé de les ameublir. L'élève de M. Faucon a prouvé, par expérience sa confiance absolue dans son maître, car il a vendu ses vignes en coteaux tt en a acheté 250 hectares dans les Bouches-du- Rhône et dans l'Hérault en plaine, susceptibles de submersion à l'aide des canaux d'irrigation
Il indique les moyens de pratiquer de bonnes submersions. 11 faut un terrain compact et uni, afin de ne pas avoir trop de bourrelets à faire pour retenir- les eaux et disposer de beaucoup d'eau, afin d'obtenir une submersion totale, sans points qui émergent et où peut se réfugier le Phylloxéra- Elle doit être bien continue et complète, avec une niasse d'eau proportionnée à la porosité du sol. Il pense que douze jours suffiront pour les terrains très-perméables. 11 compte se servir des inondahons naturelles du Rhône et l'Hérault, les machines élévaloires étant trop < miteuses commencera submerger aussitôt après les vendanges, puis multiplier les engrais auxquels les «aux de. submersion serviront de véhicule.
M. Aristide Durnonlexplique que la submersion deviendi a possible en plaine dans quatre dépaitemenls, le Vaucluse, le Gard, l'Hérault et une partie de la Drôme, par son canal projeté de dérivation du Rhône. H permettra de submerger 80,000 hectares de vignes contenues dans 200,000 hectares, qui donnent une perte de 5 ù G millions d'hectolitres par an, si on n'ag'it pas. Aujourd'hui, il ne reste qu'un dixième des vignes du Vaucluse sauvées soit par la submersion, soit par l'ensablement. Ce canal ira deKimcs à Béziers et permettra de conserver le cinquième de la production viticolc de la France.
M. Millet présente quelques observations au sujet de la submersion. Il craint que la vigne n'ait à en souflrir, dans la longévité de ses ceps et dans la qualité des vins, que bis grlécs printinièrc n'aient une influence plus fàcheus; sur des vignes imprégnées d'eau surtout en Champagne et dans le nord de la Bourgogne, et enfin que les vastes étendues d'eau répandues sur le sol ne puissent avoir des effets fâcheux pour la sanlé publique. Je dirai ici que M. Boutin a fait connaître à l'Académie des sciences que les vignes du nord de la Crimée sont immergées tous les hivers pendant trois mois connue amendement, et se portent trèsbien. Je suis un partisan très-convaincu de la bonté de la submersion, mais je dois dire qu'il n'a pas été répondu à toutes les objections de 31. Millet, surtout a celle relative à la qualité du vin. Je constate dans les deux congrès de Montpellier un auditoire très-impressionnable et un peu susceptible, fort bien disposé en faveur des idées qui ont cours dans le pays et surtout de leurs auteurs, «nais manifestant certaines impatiences de la contradiction.
Après que M. le docteur Ménudier, de Sainte.;, eût dit quelques mois relatifs à l'extension du Phylloxéra dans les Charcutes, M. Monestier, de l'Hérault, expose son pro-
cédé de destruction, mais a le tort d'indisposer l'auditoire en débutant par une attaque contre un absent, M. le baron Thénard. « Nous ne devons avoir ici d'adversaire que le Phylloxéra ,> dit aussitôt. M. Drouyn de Lhuys. M. Monestier cherche à produire une atmosphère toxique autour des racines, au moyen de sulfure de carbone mélangé de pétrole. et de goudron. Il a, dit-il, opéré sur dix milles souches chez M. le marquis de Saint-Maurice, cl le succès obtenu a engagé quatorze propriétaires voisins, de Saint-Georges, à expérimenter son système. Il iuviteâ visiter ses expériences.
Maurice (ïik\rd.
CHRONIQUE
L'n monument à la mémoire tle Frédéric Sauvage. — On a récemment inauguré à Boulogne-sur-Mer, un monument élevé à la mémoire de l'illustre in«énicur à qui Ton doit la démonstration complète des avantages que présente l'hélice comme propulseur sous-marin. Ce monument est formé d'une colonne quadrangulaire, qui n'a pas moins de trois mètres de hauteur, et qui est surmontée du buste del'invenU'ur Boulonnais. Sauvage, né à Boulogne en 1 785, est mort en 1857. Après vingt années de travaux persévérants, et d'efforts multipliés, il lui fut impossible faute de ressources pécuniaires, de démontrer la vérité de ses assertions, qui devait plus tard apparaître manifestement aux yeux de la science. Ruiné par ses travaux vieux malade, usé par les méditations Frédéric Sauvage, devint fou en 1854. 11 fut recueilli dans la maison de sauté de Piepus, où sa grande intelligence s'éteignit peu à peu. Son esprit seinblaitert'cr loin delà terre et des humains dont il avait à reprocher l'ingratitude. Jusqu'à la fin de sa vie il ne voulut avoir d'autres compagnon? que quelques oiseaux qu'il nourrissait lui-même dans une volière. Il airnrtit aussi à jouer du violon, et quand des sons purs s'échappaient des cordes vibrant sous le jeu de l'archet, sa belle tète, couronnée de cheveux blancs, se levait vers le ciel, et ses veux qui n'avaient pas cessé d'être expressifs, semblaient interroger l'inconnu d'un autre monde.
Sensation galtaiiûiiie. — Au commencement de ce siècle, hs physiciens étudiaient, comme on sait, dans tous ses détails l'action sur l'organisme vivant des courants galvaniques. Parmi les innombrables expériences faites à ce sujet, celles qui donnent lieu à la sensation galvanique eurent, si l'on peut dire, le plus de vogue. On applique «ur la langue, dans l'oreille ou sur les yeux, du cuivre et du zinc reliés mélalliqueincnt, et l'on éprouve une excitation nerveuse toute particulière. La physique, se faisant galante, inventa même le baiser galvanique, dans lequel le circuit électrique est fermé par le contact mutuel des lèvres de deux personnes. Prenant les choses d'une ma- ! nière beaucoup moins poétique, M. Phipson se demande ! quelles Suiit les conditions les plus favorables nu dévelûp- ■ petneutdu petit courant qui produit la sensalion. Il élimine l'action chimique possible des métaux oxydables au contact de nos organes et fait usage de rhéophore en platine, lin opérant ainsi, l'auteur reconnaît que le phénomène à l'élude émane exclusivement du pôle positif et dure aussi longtemps que le contact. Celui-ci, est-il rompu, la sensalion disparaît immédiatement au pôle positif, mais pour se montri-r un instant à l'autre pôle; confirmation du ureiniiT fait, puisque la rupture donne heu à un renversement du courant.
la chimie allemande. — En lisant les publications chimiques de nos voisins d'oulre-Rhin, bien des chimistes instruits, doivent déclarer s'ils sont sincères, qu'il ne comprennent absolument rien à ce fuiras germanique. ."Vous avons eu en France des Guylon de Morveau, cl dos La\oisîcr, qui onlcréé une nomenclature chimique, claire, simple et marquée au sceau de la logique ; ces fondateurs de la chimie ont eu chez nous pour successeurs des Thénard et des Gay-Lussac, qui ont encore parlé un langage intelligible ; ceux-ci ont cédé la place à des savants, qui ont continué à tei.ir haut le drapeau de la chimie lrançaise. Les Allemands ont changé tout cela ; quand on jette les yeux sur le Deutsche chemische Geseîlschaft par exemple, on y apprend qu'un certain chimiste a étudié Y acide orthoamidocresylparasulfureux, qu'il l'a transformé à l'aide d'acide chloi hydrique et de chlorate do potasse en trichlororlhotolaquinone ; plus loin l'auteur nous parle de. V acide nitrorthocrenylolparasulfureux. Un autre chim'ste établit la formule du nitrate d'etlienyldinilrodiphényldiatnine, etc. N'est-il pas temps de mettre un terme à ces formules d'un langage vraiment barbare? L'illustre Goethe n'avait pas tort quand il a dit dans ses Aphorismes sur les sciences naturelles : « Les Allemands ont le don de rendre les sciences inaccessibles. »
ACADÉMIE DES SCIENCES
Séance du 16 novembre 1874. — Présidence de M. Beiitham).
Les poissons fabricants d'oxygène. — Lors de rétablissement de la méridienne, Biol avait constaté que des poissons extraits des profondeurs de la Méditerranée contenaient dans leur vessie natatoire un air qu'on pouvait regarder comme de l'oxygène à peu près pur. Il en lit même la découverte à ses dépens, car, pensant avoir affaire à un gaz analogue à celui que nous respirons, il en disposa l'analyse eudiométrique, sans recourir à des précautions spéciales. L'étincelle détermina naturellement une explosion bien plus foi te que celle à laquelle il s'attendait, et l'appareil fut brisé. M. le docteur Moreau, bien connu par un grand nombre de travaux relatifs aux poissons, vient de reprendre le fait signalé par Biol, et de l'étudier d'une manière complète dans le magnifique établissement de Concarneau. Sa conclusion est que la vessie natatoire est un organe sécréteur d'oxygène pur, et que quand on y trouve d'autres gaz, tels que l'azote, ces gaz sont dus à des actions accessoires. Pour le prouver, il examine des poissons vivant depuis très-longtemps soi.s une très-faible épaisseur d'eau, et après avoir reconnu par plusieurs analyses la quantité moyenne d'oxygène qu'ils contiennent, c'est-à-dire 1G pour 100 environ, du gaz vésical, il les plonge au fond d'une pièce d'eau de 7 à 8 mètres de profondeur. Soumis, dans ces nouvelles conditions à une pression bien plus forte que précédemment, les poissons, pour la conlre-balaneer, augmentent la quantité de gaz renfermé dans leur sac natatoire. C'est alors que l'aulcur les examine de nouveau, et reconnaît que la proportion d'oxygène est montée de 16 à 45 et même à 52 pour 100. Il est clair que la cause de cette augmentation réside bien dans une sécrétion d'oxygène.
Impuretés des eaux de la Seine. ■ — Renversant la méthode d'analyse pratiquée généralement jusqu'ici et qui consiste à rechercher directement dans les eaux les matières organiques qu'elles peuvent contenir, MM. Schutzenberger et Gérardin, dosent Toxvgène libre qui s'y
trouve dissous. Cela revient évidemment au menu 1 , puisque le premier effet de; matières organiques est d'amener la disparition progressive du gaz comburant; et cela est bien préférable au po'.nt de vue de la précision puisque la détermination de l'oxygène peut se faire par des méthodes très-délicates. Les prises d'eau ont eu lieu depu.s Corheil jusqu'à Rouen, et Ion a eu soin, dans chaque cas, de mêler h s filets des bords avec ceux du milieu pour éliminer de nombreuses causes locales d'erreur. En amo it de Corheil, un litre d'eau de Seine contient 9 centime rus cubes d'oxygène ; à quinze cents mètres au-dessous, 8,7; à Choisy, 7,5; à Port-à-1'Angluis, 8,8; àla pointe d'Ivry, 9,5, et au pont de la Tournelle, 8. Jusque-là, comme on voit, les variations sont extrêmement faibles, mais il n'en est plus de même au-dessous de Paris, après que la grande ville a déversé ses égouls dans le fleuve: à Anleuil, il n'y a plus déjà que 6 centimètres de gaz par litre d'eau ; à Billancourt, 5,6 ; au pont de Sèvres, 5,4; à Asnières 5,3 ; à Clichy, 4,6; à Saint-Ouen, 4; à Saint-Denis, 2; à Epinay enfin, 1.
Puis, à partir de là, la proportion reprend une marche ascendante. ArgeuJeuil donne 1, 4, mais il faut aller jusqu'à Poissv pour retrouver 0, 5, c'est-à-dire pour revoir Ja rivière dans les conditions, qu'elle présente, avant que l'aris l'ait empoisonnée- Celte expression n'a rien de forcé, puisque dans la zone desoxygénée, la vie des mollusques est impossible, les plantes aquatiques no peuvent exister, et le sable recueilli ailleurs avec soin n'est plus qu'un gravier tellement imprégné de matière noire et félide, qu'il est impropre à tout usage. Comme le fait remarquer M. Dumas, ce résultat était prévu, lors de la construction des égouts de Paris, mais, ajoute— t-il, on avait prévu aussi que les essais de purification, conduits avec tant de succès dans la presqu'île de Gennevilliers seraient étendus sur une échelle progressivement croissante. En tout cas, le régime actuel ne saurait durer bien longtemps sans que la Seine, empoisonnée par l'aris, ne devînt, à son tour, pour lui un foyer d'infection des plus dangereux. Espérons que nos édiles sauront, à l'instar de nos voisins d'outre Manche, prévenir un état de choses si contraire à l'hygiène et à la fois si indigne d'une nation civilisée.
Analyse spectrale. — Le doy< n de la Faculté des sciences de iXancy, M. Cho quart, signale l'action qu'un aimant exerce sur le spectre d'une flamme donnée. Le speclre est-il celui du soufre ou du sélénium, on le voil, dès que l'aimant agit, pâlir de plus en plus:, et bientôt s'éteindre tout à fait. Est-ce au contraire celui que donnent le ehloie ou le brume, il augmente d'éclat, et ses raies se multiplient. L'effet, dit l'auteur, est si subit, qu'il a quelque chose de féerique. Qui ne voit combien les conséquences cosmiques d'une pareille remarque peuvent être considérables; et, le rapprochant d'autres faits, jusqu'ici bizarres, signalés à diverses reprises, qui ne conviendra que les résultats de l'analyse spectrale des astres ne doivent cire acceptés qu'avec les plus grandes réserves et dans l'attente constante des changements qu'y pourront introduire les découvertes futures?
Nouvelles de Pékin. — Par une lettre, en date du 10 septembre, M. r'ieuriet, le chef de notre expédition astronomique en Chine, annonce son arrivée à Pékin. Parti de Shang-lla'i, le 23 août, c'est le 2 du mois suivant qu'il atteignit la capitale de l'empire du milieu. Après diverses hésitations, il choisit pour s'y établir, un terrain dépendant de la légation française, et c'est sous l'escorte de vrais gendarmes que quatre-vingt-dix coolis portèrent à dos pendant cinq lieues et demie de routes défoncées,
les caisses renfermant les instruments. C'est sur les fondations retrouvées par hasard d'une antique pagode, qu'on construisit les piliers de la lunette méridienne. Notre brave compatriote complaît commencer ses observations régulières dès le i" octobre.
Stanislas Meumkii.
PROCESSIONNAIRES ET SYCOPHANTËS
Tout lu monde, en France, connaît la chenille du bombyx processionnaire, un des ravageurs du chêne les plus communs.
C'est une chenille poilue, hérissée, qui par^ court, eu compagnie nombreuse , à certaines heures et sous l'empire de certaines circonstances, le tronc des chênes dont elle dévore les icuillcs. Ainai, lord que le temps est à la pluie , elle descend des feuilles supérieures, et, au lieu de rentrer dans le nid commun, elle vient former au pied des chênes d'énormes manchons grisâtres composés de chenilles juxtaposées.
I.e papillon n'est ni beau ni grand, gri>, avec quelques bandes obscures sur les ailes antérieures.
Eu août et septembre, la femelle dépose sur les écorces un paqueî d'oeufs qu'elle couvre sous les poils luisants de l'extrémité de son abdomen. En mai éclosent les chenilles,
qui filent en commun un nid plus ou moins régulier à toile? superposées et enchevêtrées , où elles demeurent tranquilles tout le jour, et d'où elles sortent dans l'ordre à peu près invariable où nous les représentons. Une, deux ou trois marchent l'une devant l'autre, puis le groupe par trois, ou quatre de Iront, s'élargit en masse confuse, peu ou point disciplinée à la fin.
Gare aux hommes et aux animaux qui séjournent aux environs de ces dangereux insectes! De toules parts les chenilles laissent échapper les poils légers, aigus ettrès-roides qui couvrent leur corps : ces poils sont emportés soit sur la peau, à la surface de laquelle ils pénètrent, produisant une urtioation vio-
lente, soit dans les poumons par la respiration, où ils deviennent la cause de troubles très-graves et même mortels.
Ces chenilles ont des ennemis placés par la nature auprès d'elles, mais malheureusement toujours trop peu nombreux ! Quand donc saurons-nous élever, multiplier certains insectes utiles et les lancer contre ceux qui nous nuisent! Il y a là de belles études à entreprendre pour un grand bienfaiteur de l'humanité ! En attendant, le Calosome sycophante, — un beau coléoplère bleu-violet foncé, avec
des élytres vert doré, chatoyants comme de l'or bruni, bordés de stries et de points,— se charge d'une partie de la besogne, lui et sa larve ; mais nous ignorons pourquoi il est si rare, et nous ignorons tout autant le moyen de le rendre plus commun,... aussi commun qu'il conviendrait! Non-seulement l 'insecte parfait attaque les processionnaires eu marche , niais il les poursuit dans leur nid, que lui et sa larve savent déchirer. Nous avons représenté une de ces larves en train de dépeupler un nid de processionnaires :
quand elle sera parvenue au terme de sa carrière, elle s'enfermera en terre à une faible profondeur, y façonnera une loge et se transformera en nymphe trèsélégante , d'où elle sortira enfin à l'état d'insecte parfait. Connaît-on le temps exact nécessaire pour ces diverses métamorphoses? Nous en doutons beaucoup ; mais ce temps est considérable pour certaines espèces. C'est pendant des années entières chez plusieurs espèces voisines, que la vie semble suspendue dans ces enveloppes immobiles, tandis qu'il n'en est rien, et qu'une sorte d'incubation lente s'accomplit, dont nous ne connaissons, que de très-vagues linéaments.