FABRICATION DU MÈTRE INTERNATIONAL
La commission internationale du mètre continue ses travaux avec ardeur. La fabrication des règles de platine est actuellement en cours d'exécution. Elle exigera un temps considérable à cause du soin exceptionnel qu'il faut y apporter.
Chaque mètre, avant d'être envoyé au Conservatoire, où il est soumis aux dernières vérifications, doit subir dans une filière un nombre de passes qui varie de \Î>Q à 200. Chacune de ces passes est suivie d'une mise an four afin de recuire le inétal, que Ton trempe
ensuite dan» un bain acide pour le décaper. Ou a renoncé à renfermer les règles dans des boîtes de chaux qui n'empêchaient point l'hydrogène incandescent d'arriver jusqu'au contact du platine. Le recuit a lieu à feu nu.
Quand les règles de platine ont subi ces opérations, elles sont soumises à un nettoyage très-complet, à un véritable polissage. Cotte opération trèsdélicate, qui s'exécute en frottant le métal, puis en examinant sa surface à la loupe, afin de s'assurer s'il a acquis un poli suffisant, nécessite une grande patience et des soins scrupuleux. Elle a lieu ainsi que le dressage définitif et le tracé des traits au Conservatoire des arts et métiers sous la direction de
Fabrication du aiètre international. — • ïassage à la filière d'une règle de platina.
M. Tresca, assisté de son fils M. Gustave Trcsca. On n'a pas encore commencé à tracer les traits sur aucune des règles de platine, dont quelques-unes cependant sont presque terminées.
L'étirage des barres s'opère à l'atelier que la Société des forges d'Audaincotirt (Doubs) possède à Paris, rue Àmelot, et qui est dirigé par M. l'ingénieur Gucldry.
Cet établissement est particulièrement consacré à une fabrique spéciale de chaînes Galle, à l'emboutissage de toute espèce de métaux. On y étire des tubes sans soudure de chaudières, de presses hydrauliques» de manomètre, d'optique, etc., etc.
Nous avons représenté une des bases d'étirage au moment où un mètre est en train d'y passer. On voit la griffe qui, à l'extrémité d'une chaîne sans fin, saisit le bout aminci de la barre pour la forcer à traverser la filière. La filière a la forme en X que le mètre doit recevoir. Elle est en acier trempé,
« Voy. la Rature, n" 53, 6 juin 1874, p. 5.
i'uuée. — ï' se notre. »
et formée de quatre parties assemblées à l'aide de vis que l'on pousse au fur et à mesure de la marche de l'opération. Quand les quatre parties se touchent, c'est que le mètre est terminé.
En avant de la filière se trouve le bassin dans lequel on place la graisse servant à lubrifier les surfaces et à diminuer les échauffements. On voit aussi dans notre gravure le chevalet sur lequel repose la barre au commencement de l'opération.
Ajoutons que les lingots arrivent sous forme brute aux ateliers de la rue Amelot, C'est là qu'on les dresse comme ils doivent l'être avant d'être soumis à l'étirage.
Les déchets sont rapportés au Conservatoire et constamment refondus. Les travaux de la confection des mètres internationaux demanderont, comme nous l'avons déjà dit, un temps d'assez longue durée, car ils sont exécutés avec toutes les précautions néces* saires à une fabrication si importante, et dont on ne saurait trop féliciter les savants éminents qui les dirigent.