‹ La Nature 1874 S 2 N 53a 78Chapitre 26 sur 229 · Loiret. j7i · texte numérisé non relu

Loiret. j7i

Seine x

Rhône x

Départements par ordre croissant rie mortalité. (Los chiffres ci-dessus donnent le décès annuel pour une population de 1000 enfants

dont l'âge est compris entre et 1 an.)

de ces prétendues nourrices, meurent presque tous. c Que de fois, dit M. le docteur Brochard, entendant un cri plaintif s'échapper d'une chaumière, j'ai demandé s'iïy avait là un enfant malade : Ce n'estrien, me répondait une nourrice, c'est mon petit Paris qui crie... la mort le tourmente! » Ne doit-on pas, en présence de ces crimes avérés, s'associer au vœu formé par l'Académie de médecine, quand elle demandait que les tribunaux poursuivissent comme homicides volontaires les femmes qui, prêtant leurs mains « à des intentions criminelles, font périr len-

tement les petits enfants qui leur sont abandonnés. » Ce ne sont pas les seuls crimes dont les nourrices se rendent coupables, soit par incurie, soit par intérêt» Les histoires de substitution d'enfant dont la littérature moderne est remplie, ne sont pas toujours des contes inventés à plaisir. Ces sortes de crimes se produisent encore quelquefois, et sont d'autant plus dangereux pour les familles, qu'ils sont difficilement découverts.

Les faits que nous venons d'énumérer démontrent jusqu'à l'évidence combien il est funeste aux jeunes

enfants d'être élevés loin de !a maison paternelle. Si donc des raisons majeures empêchent la mère d'un enfant de le nourrir elle-même, c'est une nourrice à domicile qui devra la remplacer, ou bien, au défaut de celle-ci, une femme demeurant assez près des pa-

rents de l'enfant pour qu'ils puissent la surveiller constamment. Voilà les devoirs que la science démographique impose aux familles.

Elle en impose de semblables au législateur, tuteur naturel des faibles et des malheureux. Aussi

tarte de la mortalité des enfants de à 1 an pendant la péiiode 1837-1806, d'après la Démographie figurée du 1)' Dertilloii.

voyons-nous que, dès le règne de Louis Xlll, des ordonnances furent rendues pour surveiller les nourrices, et pour protéger les enfants contre leur incurie ou leur ignorance.

Une des dernières Déclarations du roi que signa Louis XIV contenait sur la même matière plusieurs

mesures très-sages : « Défense aux nourrices d'élevei* deux nourrissons à la fois, etc. Obligation pour elles d'emporter avec l'enfant son acte de naissance et de le remettre au curé de la paroisse. » La sanction pénale de ces dispositions se ressent du temps où elles furent prises; la déclaration se termine ainsi: « le tout

sous peine do fouet pour la nourrice et d'amende pour le mari. »

Plusieurs déclarations sur le même objet punirent sous le règne suivant et sous celui de Louis XVI. On y ordonnait une surveillance active dos meneuses et des nourrices ; un édk de 1709 créait des inspecteurs chargés de veiller à l'exécution des ordonnances.

Mais ces édits, que le temps a fait tomber en désuétude, n'ont plus aujourd'hui rju'une importance historique. Le projet de loi de M. Roussel les renouvelle en les améliorant et en les complétant.

Il demande aussi qu'on organise d'une façon complète et vraiment sérieuse la statistique du premier âge. C'est la statistique qui nous a signalé le mal; espérons que bientôt elle, nous annoncera sa disparition. J. Be[itji,i.on.

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