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LE NOUYEL OBSERVATOIRE D'OXFORD

L'Angleterre possède un grand nombre d'observatoires dont la création est due à l'initiative des universités, des corporations et à la générosité de riches particuliers. Aussi, la science astronomique est par suite cultivée avec le zèle le plus louable chez nos voisins d'outre-Manche, et les établissements privés fondés par'Warren de la Rue, Lassell, lord Rosse ont amené de magnifiques découvertes et produit des œuvres importantes.

Dans les grands observatoires publics s'exécutent les travaux d'astronomie de précision, comprenant non-seulement les observations des astres, mais encore les calculs nécessaires à leur discussion et à

leur comparaison avec les théories, la construction des catalogues..., vaste ensemble auquel on rattache en quelques endroits des recherches de physique terrestre et d'astronomie sidérale.

Aux observatoires privés appartiennent jusqu'ici les recherches de physique céleste : examen de la constitution des astre?, découverte des mondes inconnus, travaux d'analyse spectrale, application de la photographie à l'astronomie.

En présence du développement rapide de cette partie de la science qui constitue l'astronomie physique, il devenait nécessaire qu'un observatoire public y fût entièrement consacré. Cette création, réclamée depuis quelques années, vient de se réaliser en Angleterre, et l'honneur en revient à M. C.

ns

Priteliard, professeur d'astronomie à l'université d'Oxford.

Aussitôt après avoir pris possession de la chaire d'astronomie, fondée à Oxford par sir Henry S;ivile, M. Pritehard, Savilian Professor, demanda et obtint de l'université, au mois de mars 1875, le vote d'une somme suffisante pour l'achat d'une grande lunette de 0"\51 d'ouverture et du terrain nécessaire à l'installation de cet instrument, dont la construction a été confiée à M. Gmbh, [le Dublin- Peu de temps après, M. Wamn de la Hue, entendant parler des généreuses dispositions d'Oxford envers la science dont il s'est occupé avec tant de succès, offrit de faire présent à l'Université de son célèbre télescope réflecteur et de la plus grande partie d s autres instruments de son observatoire de Cranford, sous la seule condition qu'ils seraient utilement employés. M. Warren de la Rue ne pouvait malheureusement plus continuer ses remarquables travaux, en raison du mauvais état de sa vue.

La fondation d'un observatoire complet pour l'astnnioruie physique fut alors résolue défiiiilivem.îiil aprèsmùrcs délibérations par l'université, qui accepta le magnifique don de M. Warren de la Rue et vola en novembre dernier la somme nécessaire pour la construction des bâtiments.

La situation de l'observatoire savilien est remarquablement belle ; de l'endroit du parc où il est placé, la vue s'étend librement dans toutes les directions. Le nouvel établissement, qui est à proximité des cabinets de travail et des laboratoires, su composera de deux tours carrées réunies par un corps de bâtiment allongé de l'est à l'ouest.

L'une des tours, celle de l'ouest, qu'on désignera sous le nom de Savilian Tower, aura trois étages : 1° Une chambre située à un mètre au-dessous du sol environnant; 2° une salle pour les calculateurs, et <j® la pièce avec dôme tournant destinée à recevoir le grand équatorial en construction.

Le corps de logis contiendra les instruments déjà en usage pour l'instruction des élèves du cours d'astronomie et aura deux étages : une vaste pièce s'éteudantsur toute la longueur, et au-dessus trois salles contiguës, de niveau avec la chambre des calculateurs. 11 y aura une lunette méridienne de m , 10 d'ouverture et de l m ,5'2 de distance locale avec sa pendule, et un altazimut avec cercles de Q m ,45 de diamètre fixé dans le méridien. Un des télescopes de M. Warren de la Hue de m ,5^ de diamètre y trouvera aussi sa place et sera monte comme un altazimut.

La tour de l'est s'appellera De la Rue Tower. Au sous-sol on installera la machine de M. Warren de la Hue pour polir les grands miroirs et l'appareil de Foucault pour vérifier les qualités des miroirs et des objectifs. Au premier étage, il y aura une chambre noue pour la photographie et un cabinet pour le professeur; au-dessus, un dôme pour le grand réflecteur de M. de la Rue.

Le nouvel observatoire, qui sera en activité avant la lin de cette année, dépendra directement de l'uni-

versité d'Oxford et sera soumis à l'inspection annuelle d'une commission choisie parmi les professeurs.

Il existe à Oxford, depuis près d'un siècle, un observatoire dont les constructions furent payées an moyen d'un legs du docteur Radolilfe, et qui n'a jamais eu avec l'université que des rapports indirects. Cet établissement deviendra de plus en plus indépendant en raison de la création de l'observatoire universitaire. L'observatoire de Radeliffe, qui a déjà produit des travaux de grande valeur, continuera à se renfermer dans les limites de l'astronomie mathématique, tandis que l'observatoire savilien s'occupera seulement des branches récentes de l'astronomie physique. La science n'aura certainement qu'àgagner à ce voisinage des deux établissements.

Tandis qu'à l'étranger l'astronomie est représentée par un grand nombre d'observatoires, la France ne possède que ceux de Paris, de Marseille et de Toulouse. Nous sommes à ce point de vue dans un état d'infériorité regrettable dont il faudrait sortir. Il est temps que notre pays comprenne que cette science qui touche à de si grandes questions doil être cultivée et encouragée. La pénurie des ressources attribuées jusqu'ici à l'astronomie française n'a pas permis de garder la suprématie qui nous appartenait autrefois. Les villes de Lyon, Bordeaux et llesançon demandent à être aidées dans la création de nouveaux observatoires, et il y a lieu de s'en occuper d'une façon sérieuse. Nous souhaitons que l'exemple de ce qui se fait ailleurs soit suivi chez nous et devienne am<i profitable à la science. A. Fraissixet.

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