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CHALLENGER DANS L'OCÉAN AUSTRAL

Ainsi que nous l'avons dit 1 , le Challenger est de retour à Sidney, après avoir exploré l'île Kergueleii et reconnu qu'une expédition astronomique pour le passage de Vénus a des chances de succès. Mais en même temps, les péripéties de sa traversée de l'ortlloval à Sidney montrent que la navigation de ces parages peut être excessivement dangereuse pendant le courant du mois de février, qui répond à notre mois d'août, puisque l'été austral commence à la fin du mois de décembre.

Les voyages dans ces latitudes sont si rares, que nous parlerons exclusivement aujourd'hui des incidents purement maritimes de cette intéressante croisière

Le Challenger, fidèle à son programme, avait voulu explorer le fond de l'Océan, à partir du cercle antarctique dont l'île de Kerguelen est encore assez éloignée, puisqu'elle ne se trouve que par h0° de latitude australe. En quittant Port-Royal il mit donc le cap vers le sud, s'approchant par conséquent du

â Vuy. Table du premier semestre 1874.

grand continent austral dont on no connaît encore que quelques points isolés entrevus de loin par les navigateurs.

Les glaces flottantes furent surtout abondantes vers le 6i ,! parallèle et il fallut descendre jusqu'au 55 1 ' pour leur échapper.

Pendant quatorze jours consécutifs, le Challenger erra au milieu de blocs immenses qui pouvaient l'écraser si Ton n'avait habilement gouverné pour leur échapper. Cette navigation aventureuse et accidentée eut lieu depuis le 80 e jusqu'au 110 e méridien. Ce sont des régions qui correspondent géogiaphiquemeiit aux antipodes delà Sibérie occidentale, circonstance digne d'être mentionnée pour montrer combien lu chinât austral, à latitude égale, est plus rigoureux que le climat boréal.

Ces faits intéressants viennent confirmer les théories du docteur Carpenter et de M. Wvwille Thomson. Rien, en effet, ne fait obstacle à l'invasion des eaux froides qui, même en été, descendent près de l'équaleur. Ces glaces immenses provenaient évidemment de la banquise qui s'appuie sur la terre d'Enderleya l'ouest, la terre de Sahina au centre et la terre Adélaïde à l'est, probablement sans solution de continuité d'aucune espèce.

Pendant cette navigation singulière du Challenger au milieu des glaces, la couleur du ciel offrait un aspect remarquable d'un beau bleu du côté du sud, quoique de ce côté l'horizon fût couvert de blocs immenses dérivant rapidement vers le nord.

Le 24 février, le Challenger courut un grand danger de faire naufrage contre une* énorme banquise dont il ne put s'éloigner qu'en employant à la fois ses voiles et toute la force de sa vapeur. Le vent était s', effrayant que le navire ne pouvait naviguer vent debout, et qu'il était réduit à se maintenir en courant des bordées tantôt par bâbord, tantôt par tribord. Eu même temps il tombait une neige si abondante, que la vigie ne pouvait voir à 100 brasses à Pavant du navire. Lu neige était accompagnée de glaçons en plaques, probablement arrachés par la force île la tempête au sommet de la banquise ou formés par la concrétion d'innombrables cristaux de neige. C'est seulement le 17 mars que le Challenger arriva à Sidnuy, et les rapports détaillés de sa mission sont actuellement parvenus en Angleterre.

Le docteur Carpenter, qui a fait dernièrement une conférence à Royal institution, sur la première partie de la croisière, ne va sans doute pas tarder à compléter son œuvre.

LES ÀKCIENS

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