‹ La Nature 1874 S 2 N 53a 78Chapitre 40 sur 229 · CRUSTAGË DU FOND DE LA MER · texte numérisé non relu

CRUSTAGË DU FOND DE LA MER

' NEPHROPS STBWARTII, W. HASON.

M. Alph. Milne Edwards vient de publier à ce sujet une note très-intéressante, dans les Annules des

GS

sciences naturelles, où il donne en outre quelques renseignements précieux sur YAstacus zaleucus dont nous ayons parlé dans les Pêches du Challenger 1 . Nous sommes heureux de reproduire les observalions de M. Milne Edwards.

« M. Wood Ma son, dit l'illustre naturaliste français, vient de publier dans le Journal de la Socie'té asiatique du Bengale, les résultats fournis par une exploration du fond de la mer aux environs des îles Andaman, et parmi les animaux qu'il y a découverts à de grandes profondeurs se trouve un crustacé très-remarquable , auquel il a donné le nom de Nephrops Stewartii. Ce Macroure vit enfoui dans le dépôt boueux constitué par les débris des bancs madréporiques, et il ressemble beaucoup au Replirops

Norwegicus des mers d'Europe, mais s'en distingue par deux caractères importants : l'état rudimenlaire des yeux, et l'absence de l'appendice squamifornie mobile dont la base des antennes externes est garnie chez tous les Astaciens connus jusqu'alors.

« L'atrophie plus ou moins complète des yeux chez les crustacés qui vivent dans l'obscurité, soit au fond d'une caverne, soit à de ennuies profondeurs de lu mer, a déjà été observée plusieurs fois, notamment chez YAstacus pcllucidus ou Cambarus I pellucidus de Mammoth-cave dans le Kcntucky, i le Calocaris Macandreœ de T. Bell, trouvé dans les mers d'Irlande , par 180 brasses de profondeur, et chez le Calliaxis adrialica de IMler, qui ne parait pas différer génériquement du précédent.

Un nouveau crustacé du fond de la mer. — Ncphrops Slvwarlii, W. Mu-oii.

J'ajouterai que la même anomalie vient d'être signalée par M. Wyville Thomson chez un crustacé trouvé dans la mer des Antilles, à une profondeur de 2,000 mètres et désigné par ce voyageur sous le nom d'Astacus zaleucus. Ce dernier Macroure, dont la figure a été publiée récemment dans le journal la Nature*, nous paraît appartenir, comme les Calocaris, à la familles des Callianassides, dont nous avons fait connaître un grand nombre de représentants propres aux terrains tertiaires et secondaires, et il nous semble devoir y constituer un genre nouveau. Il est remarquable par l'allongement excessif des pinces et la disposition pectiniforme des épines dont les bords préhensibles de ces organes sont armés. Ce mode de conformation rappelle celui des mêmes organes chez divers crustacés fossiles très-anciens, par exemple le Macroure du terrain crétacé de la Westplmlie, rapporté par M. Solliciter à Ylloploparia tongimana, et

' Voy. Table des matières de la première année. * Voy. première année p. 220»

celui de la craie de Lezennes, figuré par M. Hallez. Malheureusement lepattesthoraciquesdela première paire manquent dans l'exemplaire unique du Nephrops Stewartii trouvé par M. Wood Mason, et par conséquent, on n'en peut rien dire; mais il serait très-intéressant de savoir si ces organes sont conformés de la même manière que chez les Piephrops, allongés comme chez le Gallianassien de II. Wyville Thomson, ou réduits à l'état monodaelyle comme chez les Glyphcea de la période jurassique.... »

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