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LES RECENTS MODELES

D'ARMES A FEU DE L'INFANTERIE

(Suite. — Voy p. 54.) ARMES SE CHARGEANT TAR LA CULASSE.

Nous avons déjà dit incidemment que ce mode de chargement présentait, relativement à l'ancien, un accroissement énorme de rapidité. Cela est facile à comprendre, si l'on réfléchit que l'arme, pendant toute cette opération, peut rester eu place sur la main gauche du tireur et que les mouvements pour amorcer, puis bourrer la cartouche au fond de l'âme du canon, sont totalement supprimés.

Ce mode de chargement résout aussi avantageusement la question du forcement de la balle dans les rayures de l'àme, et voici comment : la balle étant introduite par l'arrière, on a pu lui réserver un logement d'une section un peu plus large que celle du canon dans sa partie rayée et compter sur l'action des gaz de l'explosion pour faire pénétrer le plomb dans le fond des rayures. On pouvait compter ainsi sur une déformation aussi régulière que possible de la balle et très-favorable par conséquent à la régularité du tir. La pratique a justifié cette hypothèse de la manière la plus complète.

Fis- i.

Systèmes de fermeture. — Nous verrons que les divers systèmes de fermeture appartiennent eu général à l'un ou à l'autre des types représentés par les .figures ci-après,' desquels nous avons élagué à dessein

tous les détails concernant la percussion et l'extraction des cartouches.

Nous trouvons que cette fermeture a lieu :

1° À l'aide de verrou et par glissement longitudinal de 1% culasse mobile (fig. 1- Le levier B est fixé sur la culasse mobile A) ;

2° Par rotation du bloc de fermeture suivant un axe parallèle à l'axe du canon; une seule arme de celle que nous décrivons est construite sur cette donnée : c'est le fusil Wocrndel, dont nous donnerons plus loin le dessin;

3° Par relèvement et rotation du bloc suivant un axe également perpendiculaire à l'axe du canon ma. 2) ;

Fia. 1.

4° Par abaissement et rotation du bloc suivant un axe également perpendiculaire à l'axe du canon (lîg. ô et fig. 4).

Cartouches. — Elles sont généralement à enveloppes métalliques, cuivre, laiton, clinquant, etc. La

Fi?. 3.

cartouclie du chassepot et celle du fusil Dreyse font exception à cette règle. L'enveloppe de la première est formée de papier et de soie, et celle de la seconde est en papier. L'enveloppe métallique est aujourd'hui reconnue préférable à ces dernières, qui diparaitrout probablement dans un temps tres-rapproché.

Fig. 4.

Aujourd'hui toutes les cartouches des nouvelles armes portent elles-mêmes leurs amorces, qui sont centrales ou périphériques selon" remplacement occupé parle percuteur.

Les croquis ci-contre (fig. 5 et 6) donnent les dispositions de ces modèles de cartouche 1 .

Percussion. — Dans deux seulement des modèles que nous décrivons, la percussiou a lieu par l'action d'une pointe acérée. Ces modèles sont le fusil Dreyse et le chassepot. Cette disposition était commandée par la construction de la cartouche, dépourvue d'un culot résistant que puisse arrêter la tranche de la feuillure du canon. Ces cartouches eussent pu, sans cet obstacle, céder en se déformant ou glisser dans le canon sous l'action d'un percuteur à pointe éinoussée, ce qui eût rendu l'explosion difficile et incertaine.

Tous les autres systèmes de percussion consistent dans une ou deux tiges venant frapper, soit le centre, soit le périmètre de la cartouche.

Extraction des étuis métalliques. — Le fusil Dreyse et le chassepot employant des cartouches à enveloppes combustibles, ne sont point en conséquence munis d'extracteurs, que possèdent tous, au contraire, les fusils consommant des cartouches à enveloppe métallique.

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Fig. 5.

Cartouches en papier:

Dreyse. Chassepot.

Hg- C.

Cartouches à clui métallique à inflammation :

centrale.

latérale.

Ces extracteurs agissent sur le culot de la cartouche pour en déterminer l'expulsion, soit par un crochet en embrassant le rebord, soit par une simple lame engagée dans la feuillure du canon. Le mouvement qui leur est imprimé à l'instant de l'ouverture du tonnerre est tantôt un mouvement de glissement parallèle à l'axe du canon, tantôt un mouvement de rotation autour d'un axe transversal.

Nous croyons pouvoir nous dispenser de donner la description et le mode de fonctionnement de chaque appareil, et nous nous contenterons de le représenter aussi complètement qu'il sera possible au dessin d'ensemble de chaque modèle, en y joignant quelques mots d'explication lorsqu'ils seront indispensables

Dispositions du mécanisme pour armer et faire f e u. — Ces dispositions sont extrêmement variables

1 Depuis l'achèvement de cet article, la transformation du chassepot a été résolue dans le but de substituer pour la cartouclie, l'étui métallique à l'enveloppe en papier jusqu'alors ca usage. Quant au fusil Dreyse, son remplacement par le fusil Wauser, dont la cartouche est également à étui métallique, est en voie de s'accomplir.

et ne sont point susceptibles d'une classification tant soit peu méthodique. Nous nous bornerons, ici encore, à donner des dessins accompagnés de la nomenclature des pièces et de quelques explications nécessaires à l'intelligence du mécanisme de chaque système.

Mérite comparatif des divers modèles d'armes. — Les éléments d'appréciation sont trop rares ou trop incertains pour qu'il ait été possible de porter un jugement sur le mérite comparatif des diverses armes des derniers modèles. Les résultats que nous donnons sont donc forcément très-incomplets.

Ce qui était plus facile, et que nous croyons avoir fait, c'était de faire saisir la réalité des progrès dus aux inventions qui se sont succédé depuis l'époque du fusil à canon lisse jusqu'au moment actuel.

A propos des résultats constatés et propres à baser un jugement sur la valeur relative des divers systèmes, il est utile de présenter quelques observations propres à en déterminer l'importance.

La rapidité du tir a certainement une valeur considérable, et l'on admet facilement la supériorité écrasante des nouvelles armes sur les anciennes. Mais un léger excédant de rapidité d'un modèle sur un autre ne doit pas être prisé trop haut. Qu'on réfléi dusse, en effet, aux immenses avantages d'un tir précis, lequel ne peut s'obtenir sans quelque perte de i temps, et cette rapidité si vantée do certaines armes i paraîtra d'un avantage moins prépondérant. Rappe- I lons-nous à ce propos qu'on a souvent reproché aux soldats français, dans la dernière guerre, de ne pas prendre le temps de viser et de gaspiller ainsi inutii lement les munitions.

| La très-grande portée d'une arme n'a pas non plus une aussi grande importance qu'on pourrait le croire au premier abord. En voici la raison. Les trajectoires des grandes portées donnant des courbes d'une flèche considérable, il est indispensable, pour le tir aux grandes distances, de choisir avec exactitude le point de la hausse convenable pour viser le pointa atteindre. 11 faut donc d'abord que cette distance soit bien déterminée, ce qui est l'affaire des chefs dirigeant la troupe, puis eu second lieu que les tireurs euxmêmes soient attentifs, intelligents et bien exercés. Autrement, et c'est souvent ce qui a lieu, une partie considérable des coups atteignent en deçà ou au delà du but, et le tir est presque absolument inefficace.

L'avantage d'une trajectoire très-tendue est trèsgrand en faveur des armes qui la possèdent. Pour s'en rendre compte, il suffit de supposer une trajectoire extrêmement tendue, telle par exemple qu'à la limite extrême de portée de layue, la flèche de cette courbe fût au maximum de U ',50.

Dans ce cas, on pourrait, faisant abstraction des distances, viser toujours directement le point à atteindre, ce qui serait une grande simplification; mais il ne saurait en être ainsi, avec les limites de vitesse initiale imposées aux armes rayées. Toujours est-il que plus la trajectoire d'une arme sera courbe, plus

le tir en demandera d'attention et présentera de dilficultés.

L'inspection de la figure 7 rendra notre explication plus claire.

On peut voir que lu tireur qui suppose son adversaire au point b, pourra, si son tir est exact, l'atteindre encore à toutes les distances comprises entre les pojnts c et a, avec l'arme qui a la trajectoire n° 2.

Fig. 7. — Teusion des trajectoires.

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Fi g. S. — Trajectoires des fusils Drcysc, Chassepot et Martini.

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