‹ La Nature 1874 S 2 N 53a 78Chapitre 46 sur 229 · IDA · texte numérisé non relu

IDA

JUO'lff

R.C'Jî

us ;oo 303

Fig. 9. — Éearls moyens d'armes de diverses périodes.

f\ ■ fit .

Pg. 10. — Justesse des fusils Chassepot et Martini.

S'il se sert au contraire d- l'arme qui possède la trajectoire u° 1, plus courbe que la première, il n'aura, dans les mêmes circonstances, chance d'atteindre son adversaire que dans la zone plus étroite comprise entre les points f et e. Les zones dange-

reuses seront donc d'autant plus étendues que les courbes seront moins prononcées.

La ligure 8 représente les trajectoires superposées de différentes armes. A son inspection, il est facile de voir, d'après notre explication, quelle est celle

qui, sous ce rapport, est la plus avantageuse. Nous n'avons pu, on le comprendra, prendre pour les ordonnées verticales la môme échelle que pour les longueurs horizontales, La confusion des lignes eût, dans ce cas, été complète.

Justesse des armes. — Pour apprécier la justos.se comparative des différentes armes, la méthode est très-simple. Elle consiste à tirer avec chaque arme et dans des conditions sensiblement identiques, un certain nombre de balles sur des panneaux gradués placés aux diverses distances, et à mesurer sur ces panneaux les écartements des points atteints au point visé. La moyenne de ces écarts pour chaque arme donnera la mesure de sa justesse aux diverses distances. Ces écarts moyens ainsi obtenus peuvent, sans erreur sensible, être acceptés comme ayant cette signification, que la moitié des coups atteindraient à chaque distance le cercle décrit du point visé avec l'écart moyen pris pour rayon.

La figure 9 permettra d'apprécier d'un coup d'œil les résultats dus aux perfectionnements apportés dans la construction des armes de gueTre. Ce sont celles de gerbes obtenues en prenant pour rayons les écarts moyens à diverses distances, constatés dans le tir. Elles s'appliquent à trois armes représentant le mieux les phases caractéristiques survenues dans l'art de l'arquebuserie depuis 1840.

Ces armes sont :

1° Le fusil français modèle 1842, tirant une balle sphérique dans un canon à âme lisse.

2° La carabine modèle 1842 , tirant une balle sphérique forcée par aplatissement, dans un canon à rayures hélicoïdales.

7)° La carabine modèle 1846, dite à tige, tirant une balle cylindro- ogivale.

4° Enfin In fusil mndiMo 1866 (chassnpot), tirant un projectile allongé dans un canon à rayures semblables et à chargement par la culasse.

La figure 10 qui a même signification que Jes précédentes, peimet aussi de comparer les justesses de deux armes remarquables des récents modèles en usage aujourd'hui. 11 eût été intéressant de faire figurer à cette même exposition chacune des armes adoptées comme type normal par chaque puissance européenne. Malheureusement les documents publiés à ce propos sont non~seulement très-incomplets, mais encore souvent contradictoires, et d'un contrôle à peu près impossible. Le mieux était, en pareil cas, de s'abstenir : c'est ce que-nous avons fait.

Eugène Glili.eïii.v.

— La suite prochainement. —

CHRONIQUE

Les taches solaires et les protubérances. —

Dans le numéro 1974 des Astronomische Nachrichlen, le. professeur Spœrer a rendu compte de ses importantes observations sur les taches solaires et sur les protubérances. Il conclut que les facules occupcntles mêmes places où les

I protubérances prennent naissance et où sont si lues les points de la ihromosplière flamboyante ; et, de pins, que les protubérances se rapportent ordinairement aux taches, et se voient surtout avant et au commencement de la formation d'un groupe de taches. D'après lui, il serait souvent possible de calculer l'apparition d'une tache par l'observa-

! tion d'une protubérance flamboyante, et les taches seraient produites par des nuages de produits de condensation de matières ignées projetées venant à se refroidir.

On suit que les protubérances, ou explosions solaires, sont des phénomènes d'une puissance formidable, qui lancent des flammes et des matières en fusion à 4(1 et 50,000

[ lieues de hauteur dans l'atmosphère solaire, et retombent ensuite en pluie de feu à la surface brûlante de l'astre Ju jour. On sent l'intérêt qu'il y a à constater le rapport qui doit exister entre ces jets volcaniques elles taches solaires.

Séance annuelle «le la Société géogrophi«|iie de Londres. — Lundi, 22 juin, a eu lieu à la Société de géographie la séance annuelle. Le président, sir Bartle Frère, a décerné la grande médaille d'or au docteur Schwcinfurth, pour ses Ira vaux sur le bassin oriental du Nil. Il a annoncé que la Société de géographie se proposait d'envoyer une expédition à la recherche d«: l'expédition autrichienne dont les nouvelles manquent depuis plusieurs années, et qui paraît s'être perdue dans les régions glacées à Test du Spilzbcrg. Sans aucun doute l'Angleterre se vengera noblement de la manière peu honorable dont elle s'est conduite pour les expéditions au Pôle Nord, pendant toute la durée du ministère de il. Gladstone.

La séance a été suivie par un grand banquet donné à Willis Rooin et auquel assistaient les ambassadeurs étrangers (moins la France), ainsi que des personnages de distinction. Parmi les étrangers invités on remarquait M. Le- Verrier, directeur de l'Observatoire national de Paris, et M. Daily, lord-cliief Justice des États-Unis, président de la Société de géographie. Ces messieurs ont répondu, l'un et l'autre, au toast des hôtes étrangers. M. Le Verrier s'est exprimé en français. Il a invité officiellement la Société à tenir une séance, à Paris, l'an prochain, à l'occasion du Congrès international de géographie, convoqué par la Société française. 11 a terminé en faisant l'éloge de son illustre ami le maréchal de Mac Mahon, et en rappelant avec beaucoup d'à propos les mots qu'il a prononcés en entrant à Sébastopol : « J'y suis, j'y reste! «

Page 1