LES PLANTATIONS URBAINES
La ville de Paris a 7,802 hectares compris dans l'enceinte des fortifications. Si le tiers de cette surface, soit 2,600 hectares, était couvert d'arbres, l'assainissement atmosphérique déterminé par les végétaux compenserait la vieiatioo déterminée par 7,800 habitants. Ce serait là peu de chose pour une population de 1,800,000 habitants, sans compter les animaux domestiques, les foyers industriels, les ateliers, etc. En comprenant ces divers lieux on trouverai', qu'il faut une forêt de 600,000 hectares pour compenser laviciation atmosphérique produite parla ville de Paris 1 .
La plantation des squares, jardins publics, promenades el avenues, ne couvre qu'une surface de 752 hectares; c'est donc à peu près 600,000 bectares qu'il faudrait planter pour arriver à l'équilibre dont nous parlons. Ce serait là un travail gigantesque que personne ne songe à réaliser. Mais
1 11 est bon dn faire remarquer ici que l'air d'une grande ville est sans cesse renouvelé par le mouvement dus courants aériens, et que la quantité d'acide carhonique contenue dans l'atmosphère de Paris est extrêmement petite malgré ses nombreuses sources de production.
à défaut de celte entreprise on ne saurait trop préconiser la création des squares ou jardins pu* blics, que par métaphore on peut regarder comme les poumons d'une ville, et dont les boulevards et avenues plantés seraient les artères. Plus ces poumons sont vastes, plus la respiration est grande et facile.
Si l'on jette un coup d'œil sur le plan de Paris, m remarque que les squares ont été disséminés dans un but bien déterminé. Chaque arrondissement, sauf deux ou trois, possède un jardin public important d'où le plus souvent partent des avenues plantées d'arbres. Il reste donc, pour accomplir cette œuvre de haute humanité, la création de squares ou jardins publics dans chaque quartier. Et en cela la ville de Paris ne ferait qu'acte de justice en créant de nouveaux jardins pour remplacer ceux qu'elle a détruits, tels que Idulie , Marbceuf, Tivoli, Beaujon, etc. L'exemple qu'a donné Paris a été suivi par bien ' des villes en France: Lille, Marseille, Nice, Lyon, Bordeaux, etc., possèdent aujourd'hui plusieurs squares. Les capitales de l'Europe elles-mêmes sont fières de leurs promenades: Londres monlre Grcenwieh-Park , Hyde-Park, Regent's-Paik; Yienne, le IVater ; Rome, la villa Borghèse ; Saint-Pétersbourg, l'île de Jelaghium ; Berlin, le Thiergarten.
La création des squares parisiens n'est pas non plus sans avoir exercé une heureuse influence sur la diminution de la mortalité de la capitale, qui n'est plus que de 1 sur 39 habitants, au lieu de 1 sur Sihabitants qu'elle était il y a quelques années.
Placés en bordure sur les trottoirs, les arbres entretiennent par leur feuillage l'humidité, condition favorable pendant les chaleurs. Ils soutirent i'eaudti sol, par leurs spongioles, la décomposent et s'en assimilent les parties organiques pour augmenter leur accroissement. Toutefois, il faut agir avec discernement et ne pas planter les arbres trop près des habitations, car alors ils donnent de l'humidité aux murs et interceptent l'air et la chaleur du soleil. Aussi un espace de 10 mètres au moins devrait-il séparer les arbres des maisons, au lieu de 5 mètres qui est la distance réglementaire.
Il est aussi à remarquer que beaucoup de nos arbres d'alignement dépérissent par les émanations de l'asphalte, du gaz ou des industries dont ils sont proches, ou de l'altération causée par des insectes. Ne pourrait-on aussi en changer les espèces et planter des essences aromatiques qui contribueraient à favoriser l'hygiène publique 1 Considérations prises du sol, en place du platane, de l'orme, du marronnier, ne pourrait-on employer sur une plus grande échelle le tilleul argenté dont les émanations produisent de si bons effets ? Les pétrocaryas, les aulnes, certains saules rempliraient un rôle analogue.
De pareils essais ne devraient-ils pas être tentés, au lieu de transformer des squares déjà existants? Ce serait un meilleur emploi des fonds publics, et. toutes ces modifications bien entendues ne contribueraient
LA XATURÎ
pas peu à mériter la qualification que donnait à Paris François I er : « La citéreyne de l'Lurope 1 . »
F. Barillet.