LES OBSERVATOIRES AIX ÉTATS-UNIS
Les nations jeunes se montrent volontiers généreuses envers la science et les savants. La Russie se
vante avec raison de son observatoire de Poulkova ; l'Australie en a déjà un, celui de Melbourne, dont on commence à parler. Les États-Unis en possèdent plusieurs qui sont pourvus des meilleurs appareils
Observatoire naval dus Etats-Unis. — Coupe du hâtiment principal.
mode» nés. L'observatoire naval de Washington est une création bien récente. Vers 1832, les Américains commencèrent à s'occuper du levé hydrographique de leurs côtes. Ils sentirent la nécessité d'avoir un dépôt central pour les cartes et les instruments. L'officier
qui en eut la garde fut chargé en outre d'éprouver et de régler les chronomètres de la marine. On lui permit de faire quelques observations astronomiques. En 1842, le lieutenant Gilliss, qui était à la tète du dépôt, publia un travail remarquable sur la comète
d'Enckc. Ceci attira l' attention du Congrès qui se décida, sans plus attendre, à fournir les fonds nécessaires pour créer un observatoire digne de l'Union américaine. Ou construisit alors l'édifice qui est représenté dans nos gravures. Le lieutenant Gilliss put y placer tout de suite quelques beaux instruments, et de plus une bibliothèque astro 110 inique due presque en entier aux libérables gracieuses «des observatoires i!eParis,deGreenwicb, de Vienne et de Berlin.
En 1845, le célèbre Maury prit la direction de cet établissement.
Quel que soit le mérite des études météorologiques auquel son nom reste attaché, l'on
ne peut s'empêcher de convenir que l'observation fies astres fut bien négl ; gée pur lui. 11 y resta seize
Observatoire naval des Étals-Unis. — Lunette des passages
ans et n'en sortit, en 1861, que par scrupule de conscience, parce qu'il était dévoué de cœur à la cause des sécessionistes. Après lui, l'astronomie proprement dite re- ■ prit la place qui ... ' j /, i " I, lui est due. Les
Américains ont fait de rapides progrès dans cette science; ils font de grands préparatifs poulie prochain passage de Vénus sur le soleil. Le Congrès a déjà volé un crédit spécial de 150 mille dollars applicable aux dépenses decette solennité scientifique.
L'observatoire de Washington est situé sur une hauteur qui domine la ville. La coupe du bâtiment principal fait voir quelle est la disposition intérieure des établissements de ce genre Au centre, un immense pilier en maçonnerie supporte l'équatorial-
Obscrvatoire de Wcst-Point.
De chaque côté, des piliers semblables supportent les cercles muraux et les lunettes des passages. Les instruments, bien isolés du plancher sur lequel mar-
che l'observateur, sont ainsi soustraits aux vibrations qui nuiraient à l'exactitude des résultats. Une autre gravure représente une lunette de passage
avec tous les engins qui l'accompagnent. Cet appareil sert, on le sait, à déterminer l'instant précis du passage d'un astre au méridien.
]i existe plusieurs autres observatoires Lien organises aux Etats-Unis. Celui de Cincinnati, fondé en 1843 par l'initiative d'une société savante locale, vient d'être reconstruit en 1870 avec tous les perfectionnements de la science actuelle. Celui de Wost- Point. qui date de 1839, est une dépendance de l'Académie militaire. C'est là que les futurs officiers et ingénieurs de l'Union se forment aux opérations délicates de la géodésie. Un grave danger menace cet établissement : une compagnie de chemin de fer a obtenu l'autorisation de percer un tunnel à traders la colline dont il occupe le sommet. Si ce projet se réalise, la locomotive passera juste au-dessous du cercle mural. 11 ne !ui restera plus alors qu'à déménager, car les trépidations du sol ne permettraient plus d'y faire des observations exactes.
Ces détails que nous empruntons au Harper's magazine de New-York, montrent que les Américains s'occupent séi icu.'cment des recherches scientifiques. L'astronomie, la météorologie, la physique céleste, ne peuvent plus faire de progrès qu'à condition d'avoir des observateurs habiles et de bons instruments en différents pays du globe. Il s'élève aussi par cela même une féconde émulation entre les savants de diverses contrées. H. Bi.f.rzy.
LES AXUbDS