N» 03 — 15 AOUT
U STÀTGE DE PRIESTLEY
C'est aux habitants de Birmingham que revient l'honneur d'avoir eu l'idée de célébrer le centième anniversaire de la découverte de l'oxygène , par Priestley. Cet immense événement scientifique dont les conséquences sont incalculables, a eu lieu à Calne, petite ville du comté de Wilts où habitait Priestley , alors bibliothécaire du comte Slielburne (depuis créé marquis de l.ansdown et père du ministre de la reine Victoria).
La découverte eut lieu, d'après ce que raconte Priestley , dans ses Expériences sur différentes espèces d'air , le \'< août 1774 à l'aide d'une lentille d'un pied de diamètre et de huit pouces de foyer, condensant les layons solaires sur du mercure calciné renfermé dans une éprouvette au-dessus d'une petite cuve à mercure.
Un comité local formé à Birmingham par les soins de M. Samuel Timmins, manufacturier de cette ville, a fait ériger à Priestley une statue sur la principale place publique de la ville. Nous reproduisons , d'après une photographie de M. S. Timmins, cette statue qui a été inaugurée le 1 er août 1874. Birmingham possède également une statue de Watt, élevée par souscription publique.
Walt et Priestley avaient fondé à Birmingham un club scientifique établi sur le modèle de la société d'Arcueil et auquel Boulton, Murdoch-, Withering et d'autres savants de la fin du siècle dernier prenaient part. Ce club se réunissait chez Watt dans une maison qui depuis a été transformée en magasin.
La maison qu'habitait Priestley a été brûlée parla populace ameutée contre ce savant, parce qu'il avait pris hardiment la défense de la Révolution française
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tiluluc de l'riealluy inaugurée à Birmingham, le 1" août 1874, en l'honneur du centenaire de la découverte de l'oxyircne. (D'après une photographie communiquée à la Nature par M. Samuel Timinin-.)
dans une série de lettres adressées à liuikc, célèbre homme d'État whig qui venait d'attaquer notre nation. Ces scènes de violence, dans lesquelles les instruments et le laboratoire de Priestley furent également anéantis, eurent lieule dijtiillct 1791 à l'issue d'un banquet destiné à célébrer la prise de la Bastille.
La maison de Priestley était située à Fair-IIill à pou
près à un mille du centre de Birmingham. E lie était se parée du laboratoire par crainte de l'incendie.
Le laboratoire était unbàtimeiitàimseul étage , renfermant un grand nombre d'instruments combinés par Priestley.
L'illustre chimiste ne remit plus les pieds à Birmingham depuis les émeutes de 1791. lise retira à l'Académie d'IIœkney où son ami le docteur Price était professeur. Cesavant étant mort, Priestley fut appelé à remplir lacliaircqui lui avait été confiée.
C'est à ce moment que Condorcet lui écrivit au nom de l'Académie des sciences, au sujet des persécutions qu'il avait supportées. Priestley répondit par une lettre qui fut communiquée à l'Assemblée législative et insérée au Moniteur universel.
Après le 10 août 179:2, Priestley fut déclaré, ainsi qu'un de ses fils, citoyen français. Le département de l'Orne en profita pour le nommer député à l'Assemblée nationale, honneur que Priestley refusa. Mais il accepta le titre de citoyen français dont il se montra très-fier. Il adressa au peuple français une lettre qui fut écrite le 21 janvier 1793, le jour même où Louis XVI montait sur l'échafaud.
Le grand chimiste, que l'on pout considérer comme un des précurseurs de Lavoisier, fut bientôt contraint par le gouvernement anglais d'abandonner le sol de sa patrie. Il se retira en Amérique, à Norlhumborland (Pennsylvanie), où il mourut en 1804.
LA NATUi'.K.