‹ La Nature 1874 S 2 N 53a 78Chapitre 94 sur 229 · I.ïi comble Ilnrelly et la coiMéfe f'ugçîa · texte numérisé non relu

I.ïi comble Ilnrelly et la coiMéfe f'ugçîa

La comète découverte par M. Barelly a fait son apparition dans les régions célestes où la comète Coggia s'est montrée le 27 avril dernier. Mais son orbite est disposé d'une façon toute différente. Dès le i août, M. Hind a annoncé dans le Times que l'éclat de ce nouvel astre devait rapi-

dement décroître, qu'il ne devait Lire qu'une très-courte apparition et qu'il ne tarderai! pas à disparaître dans l'hémisphère boréal. Lorsque M. Borelly l'a aperçu, il était déjà à une distance de 80 millions de kilomètres et sa dislance a été sans cosse en augmentant depuis lors. Si son éclat a paru grandir pendant quelque temps, sans jamais devenir visible à la vue simple, c'est parce qu'il allait en se rapprochant du soleil et que par conséquent la quantité de lumière reflétée allait en augmentant notablement. Sa distance périhélie a dû être atteinte le b août, jour où, suivant M. Hind, il ne devait plus être visible même avec de fortes lunettes. La comète offrait au commencement du mois l'aspect d'une nébulosité montrant une forte concentration de lumière, mais n'ayant pas, à proprement parler, de noyau. Son orbe ne ressemble à celui d'aucune comète déjà observée.

D'après une dépèche électrique, reçue à la Société royale astronomique de Londres, la comète Coggia a été aperçue dans l'hémisphère austral à l'Observatoire de Melbourne où se trouve actuellement un des plu9 grands télescopes du monde. L'aspect de l'astre est véritablement magnifique.

riiussi 1 » prédictions de l'Observatoire. — Ou lï L

dans le Bulletin de V Observatoire une protestation contre les prédictions météorologiques que l'on met sur le compte de notre établissement national. L'Observatoire se borne à publier dos prédictions pour le jour ou pour le lendemain, en résumant les renseignements télégraphiques reçus sur l'état du temps. — Ces probabilités, à courte échéance, basées sur des faits positifs, n'ont rien de commun avec les conjectures que certaines personnes hasardent, se promettant bien d'en réclamer à grand bruit la paternité si le hasard les favorise; mais dans le cas contraire, la responsabilité en resterait entière à l'Observatoire.

Actuellement, après les derniers votes de l'Assemblée nationale, lu dotation dt: notre grand établissement astronomique s'élève à 200,000 francs. C'est une somme considérable surtout si Ton songe aux charges qui grèvent le budget de la France; elle ne le cède guère en importance au budget de Grernwich. L'administration supérieure r st appelée à statuer sur les propositions fuites par le Conseil et qui sont, de nature à augmenter l'efficacité du personnel. Nid doute que la haute administration ne sanctionne ces règles sévères, niais nécessaires au bon et complet accomplissement des devoirs de chacun.

Kous savons de bonne source que les savants étrangers s'inquiètent avec un intérêt vrai ou affecté de l'état de lu réorganisation des services astronomiques en Fiance. Il ne faut pas que l'on puisse nous accuser un seul instant de négliger une occasion de reprendre dans l'étude de l'atmosphère le rang auquel notre histoire scientifique nous permet de prétendre.

Expériences sur les armes romaines du musée de Saint-Germain. — Une expérience très-inléressante a eu lieu le mercredi 2'2 juillet dans le champ de manœuvres de Saint-Germain, en présence de M. le général de la Favc, commandant le camp et sous la direction de MM. Bertrand et de Mortillet directeurs du musée de Saint-Germain. On a essayé les machines de guerre des Homains qui appartiennent à cet établissement.

L'on a "re a lancé des boulets de pierre à une distancede 200 mètres. Les flèches des catapultes sont parvenues jusqu'à 500 mètres en six secondes de temps. La vitesse de projection des pierres était d'environ 41 mètres par seconde. Ces flèches atteignaient à tout couple but placé à une distance de 150 mètres, dés qu'on avait calculé la hausse, ce à quoi M. Maître, chef d'atelier du musée, qui dirigeait le tir, était arrivé facilement. Ces instruments sont restaurés d'après les bas-reliefs de la colonne Trajane et les renseignements que l'on a pu se procurer. On voit que les machines de guerre des Romains n'étaient pas aussi méprisables qu'on le pense communément, Pour juger du mérite de ces constructions, il n'est point opportun de se rappeler que le fusil du premier Empire ne partait pas sûrement à plus de KO mètres. Ces expériences seront répétées en public au mois d'octobre prochain.

Les bnromètres vivants. — 1° L'araignée, lorsqu'il doit y avoir pluie ou vent, raccourcit, autant qu'elle le peut, les derniers fils auxquels sa toile est suspendue; lorsqu'elle les allonge, c'est du beau temps, et la durée du beau temps peut encore être calculée suivant le degré d'allongement ; avis aux observateurs.

1" L'hirondelle est aussi un baromètre presque infaillible. Lorsqu'elle rase )a terre et qu'elle jette de temps à autre un petit cri plaintif et aigu, c'est que la pluie est prochaine; si elle se tient dans les airs à une grande bailleur, volant de côté et d'autre et se jouant avec ses sem-

blables, cela présage un beau temps fixe; cependant, h l'approche d'un orage, elle monte quelquefois dans les nuages, mais alors elle plane plutôt qu'elle ne vole.

3' Quand, au printemps, une seule pie quitte son nid, signe de pluie ; si le père et la mire le quittent ensemble, c'est du beau temps.

4" La pluie est proche lorsque le paon pousse des cris fréquents; quand le pivert gémit, quand le perroquet babille plus que d'habitude, quand la pintade se perche et que l'oie s'agite et manifeste de l'inquiétude, etc.

Enfinces différents indices tirés des animaux, et d'autres encore ne doivent point être négligés; l'observateur doit toujours en prendre bonne noie; rien de tout cela n'est à dédaigner : il y va de l'intérêt de l'homme, dos champs, des récoltes, qui sont ses richesses et sont trop longtemps exposées aux diverses influences atmosphériques pour que sa prévoyance no soit pas continuellement en éveil. A cette époque de l'année, l'actualité de ces sortes de remarques ni; saurait être contestée. (Le Cultivateur.)

L expédition de l'inionr-Daria. — Une expédition, organisée par le gouvernement russe, a quitté Saint- Pétersbourg le 5 mai, pour aller dans le Syr-Daria. L'objet principal des recherches qui vont être entreprise*, est de faire une reconnaissance du delta de l'Amour-Daria pour juger jusqu'à quel point il est navigable. Ou emporte, dans ce but, une petite chaloupe à vapeur de faible tirantd'eau qui servira à une partie de l'expédition pour remonter le fleuve, jusqu'à l'endroit où il pourra encore flotter. Le commandement de l'expédition est confié au colonel Severtsof, dont les voyages dans le Thian-Shan sont bien connus. M. I. Bog Danof remplit les fonctions de naturaliste. Le grand duc Constantin devait prendre lui-même, la direction de ce voyage, mais des circonstances indépendantes de sa volonté l'en ont empêché.

Séance du 10 août 187-4. — Présidence de M. Dcutiuxd

Analyse minèraloijique des argiles. — Peu de sujets sont plus importants que celui dont l'élude occupe aujourd'hui le savant directeur de l'école des tabacs, M. Schlcesing. La connaissance intime de la nature des argiles intéresse à la fois la minéralogie, la géologie, la chimie, l'agriculture et une foule de sciences appliquées. L'auteur arrive à en faire l'analyse immédiate ou minéralogique par un procédé bien simple, qui consiste simplement à délayer l'argile en expérience dans une eau alcaline. Il se fait un dépôt dont les couches n'ont pas la même composition. Au fond se trouve un silicate à peu près pur; plus liant, deux silicates sont mélangés et en haut on en rencontre trois. En recommençant sur ces deux dernières couches le triage déjà réalisé pour l'ensemble, on arrive promptement à séparer à l'état de pureté les trois silicates constituants. En opérant dans un entonnoir à robinet, celle séparation n'offre aucune difficulté. Il est remarquable de voir que les trois couches sont nettement séparées, car il en résulte, au point de vue géologique, une conséquence imprévue. C'est que des couches argileuses, quoique très-distinctes les unes des autres, peuvent dans certains cas résulter du dépôt de la même eau et ne pas nécessiter, comme on le croît généralement, l'arrivée successive sur le même point, d'eaux de provenances diverses.

Le mmearine. — C'est un principe toxique qu'on peut

cilrairu d'un champignon du genre agaricus. D'après M. le docteur Prévost (de Genève) celte substance administrée même à dose très-faible, active prodigieusement la sécrétion pancréatique et la sécrétion biliaire en même temps qu'elle anéantit la sécrétion urinaire. On sait que le sulfate d'atropine détermine les effets précisément inversos. Il en résulte que ces deux substances toxiques peuvent jouer réciproquement l'une vis-à-vis de l'autre le rôle de contre-poison.

Charbons décolorants. — Il n'y a pas longtemps que nous analysions ici les recherches de >I. Mclscns sur les charbons propres à absorber les matières gazeuses. Le même chimiste traite un sujet analogue en étudiant le pouvoir décolorant des diverses substances charbonneuses. Comme ses prédécesseurs dans cet ordre de travaux, il arrive à cette conclusion que le charbon le plus actif comme décolorant est le noir d os ; et, partant de là, il cherche comment on pourrait imiter cette utile substance d'un prix malheureusement trop élevé. Jusqu'ici on a essayé de résoudre le problème on calcinant en vase clos des corps minéraux préalablement imprégnés de substances organiques; mais le résultat a toujours été défectueux. M. Melsens pense qu'on aurait avantage à faire absorber au contraire une solution chlorbydrique de pbosphale de chaux à des matières ligneuses qui seraient ensuite carbonisées. On regrettera que cette idée n'ait point'été soumise au contrôle de l'expérience.

Eaux minérales. — Le savant docteur Garrigou (de Toulouse) adresse un important travail sur la nature cl le dosage des principes sulfurés dans les eaux minérales. Nous signalerons les méthodes qui ont permis à l'auteur de séparer les sulfures des sulfhydratcs de sulfures.

Combustion de la poudre. — Poursuivant des expériences dont nous avons déjà entretenu plusieurs fois nos lecteurs, MM. Noble et iVbel constatent aujourd'hui que l'explosion de la poudre détermine une température de 2200 degrés, c'est-à-dire tout à fait comparable à celle où le platine entre en fusion. Les résultats de l'explosion se répartissent entre 57 pour 100 de matières solides et 43 pour 100 de gaz permanents. Ceux-ci consistent surtout en acide carbonique, on azote, en oxyde de carbone et en hydrogène sulfuré. Les poudres à très-petits grains donnent moins de gaz que les grosses, mais en général les variations sont tellement grandes que, suivant les auteurs (visant évidemment la tentative récente de MM. Bunsen et Kirchhoff), il est impossible qu'aucune formule chimique rende jamais compte de la réaction. Les matières solides consistent surtout en carbonate, sulfate et hvposultile de potasse. Le sulfure de potassium que l'on cite cependant toujours comme le principal de ces produits de combustion n'arrive qu'en quatrième ligne. Ce résultat est d'autant plus digne de confiance qu'il a été fourni par des quantités relativement énormes de poudre que les auteurs, grâce à des appareils ingénieux, arrivent à faire brûler en vase clos.

A cette occasion M. Dumas déplore qu'un travail tout à fait analogue, exécuté il y a quelques années par MM. Fouille t et Péligot, n'ait jamais été publié et soit sans doute égaré.

Comètes. — Pendant sa courte apparition (du 10 juin au 14 juillet) la comète Coggia a été l'objet d'observations constantes. MM.W'olf et Rayet adressent les dessins quotidiens qu'ils en ont faits avec la plus grande exactitude cl qui offrent d'autant plus d'intérêt qu'au moment de sa disparition la comète manifestait, d'une manière très-nette, la tendance à la division en deux. Elle se comportait par con-

séquent comme a fait en 18-46 la célèbre comète de Biela.

Phylloxéra. — Parmi les 40 ou 50 communications qu'il a reçues cette semaine sur le phylloxéra, M. Dumas mentionne surtout une lettre dans laquelle M. Lecoq de Boisbaudrant, signale, à la date du 5 août, l'apparition de l'insecte, ailé dans les environs de Cognac. M. Maurice Girard décrit avec soin l'étendue du dommage causé déjà dans la même région et cherche, dans le département de la Charente, à déterminer la nature du sol qui paraissent avoir les préférences de l'insecte. Un auteur, que le secrétaire n'a pas noauné, propose de verser du plâtre gâché autour de chaque cep. Il pense que le bourrelet solide résultant de la prise, empêchera le parasite soit de sortir do terre, soit de gagner les racines, el dans tous les cas de se mulliplicr.

Classification des couleurs, — Sous le titre de Classification et contraste des couleurs, M. Vanonensta présente, par l'intermédiaire de M. Clievreul, un volume en espagnol accompagné d'un atlas de 16 planches la plupart coloriées. L'auteur, pensionnaire de la province de Barcelone, e.-t venu étudier à Paris les matières dont il a formé le sujet de son livre. L'utilité des méthodes do M. Chevreul a paru si grande, au point de vue industriel, que malgré la guerre civile la dépulation de Barcelone a voté l'impression, aux frais publics, de l'ouvrage de M. Vanonensta, qui sera donné gratuitement à toutes les bibliothèques de la République et aux industriels de la province.

Le lac Triton. — D'un mémoire très-étendu, M. Fuchs. ingénieur des mines, envové récemment en mission scientifique dans la régence de Tunis, conclut que le projet de M. Jloudaire est dénué de toute base sérieuse. Cette conclusion sévère fera désirer que les études projetées soient poussées avec activité.

Manuel d'analyse qualitative et quantitative au chalumeau. — On sait les immenses services rendus par la publication du Traité du chalumeau de Plaltner. Un savant américain, M. Cornvvall, a, dans ces derniers temps, complété cet ouvrage et par une heureuse alliance avec la classification de Dana il en a fait en même temps un excellent compendium de minéralogie. On sera reconnaissant à M. J. Ihoulct, jeune savant a Haché ou laboratoire du Collège de France, d'avoir, malgré la difficulté extrême du sujet, fait passer dans notre langue l'excellent ouvrage de Coriiwall. C'est un travail considérable dont le traducteur a contrôlé pratiquement tous les chapitres et qui peut lui être, compté comme une œuvre originale. 11 forme un volume très-grand in-8° de près de 700 pages, illustré de trèr-nombreux dessins d'appareils, tous faits d'après nature et d'une planche hors texte donnant les principaux spectres métalliques. Ce beau volume est digne, à tous égards dû la librairie Dunod qui l'a édité. Staxislas Meunier.

Page 1