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LES COFFRES

Deux familles très-naturelles composent à cllesseules l'ordre si curieux des Plectognathes, sorte de transition naturelle des poissons osseux aux poissons cartilagineux. La première est celle qui renferme les poissons à dents d'ivoire réunies à chaque mâchoire, la seconde est celle que caractérise la forme des téguments généraux. On donne à cette dernière le nom de scléroderrne, et elle comprend

LA MATURE

précisément les coffres ou ostracions dont nous donnons ici un spécimen.

Les coffres n'ont point d'écaillés, ou, pour mieux dire, ils n'ont qu'une seule écaille, soit une cuirasse à compartiments qui revêt tout leur corps. La même raison do symétrie qui guide la nature dans la forme hexagonale régulière pour emplir un espace donné sans laisser de vide quand il s'agit des cellules d'abeilles, fait adopter aux compartiments delà peau osseuse de l'ostracion la même forme hexagonale.

Ainsi enveloppé dans cette carapace immobile, le poisson n'a de libre, au moyen de sortes de fausses articulations créées dans la peau, que la queue, les

nageoires, la bouche et une sorte de lèvre membraneuse qui ferme les ouïes. Ces ouïes, réduites à une fente aussi petite que possible, contiennent un opercule et six rayons. De même les nageoires sont extrêmement peu développées, elles sont réduites à une seule dorsale, très en arrière, et à une seule anale très-près de la queue; les ventrales manquent et les pectorales sont petites.

La structure des coffres ne semble point favoriser les mouvements rapides; leurs mâchoires, armées chacune d'une douzaine de dents fortes et coniques, paraissent parfaitement adaptées à une nourriture composée de mollusques à tost ou de crustacés

Coffre dt>s Tropiques. (Oslr.icion, L.)

résistants ; enfin leur carapace les met à l'abri de tout accident près des rochers à bords coupants des récifs corallaires. Nous pouvons donc penser que leur habitat favori est tel que leur aptitude le décèle.

Ces poissons, très- nombreux en espèces, sont doués de belles couleurs, inégalement disposées. Nous pouvons nous les représenter faisant tranquillement leur ronde autour des rochers, dans l'eau limpide et transparente, sous les rayons du solei! indieu ou américain des tropiques. On croit que plusieurs espèces sont vénéneuses : nous n'en serions point surpris eu raison même de leur genre de nourriture. Ce qui est certain, c'est que ces animaux, qui n'atteignent jamais qu'une taille très-médiocre, sont en quelque sorte vides de chair et ne sont point recherchés comme nourriture. On peut croire aussi que la difficulté de manier ces animaux y est bien

pour quelque chose dans le dédain qu'on leur témoigne : beaucoup sont munis d'épines et d'aiguillons dangereux, hérissés sur toutes les parties du corps : il y en a de plats, de triangulaires, d'autres à quatre pans!...

Quelle qu'en soit la raison, on ne les recherche pas ; d'ailleurs la capacité de leur carapace est presque entièrement remplie par un énorme foie, plein d'une huile qui ne demande qu'à sortir... Toutes ces conditions ne font pas de l'ostracion un mets trèsagréable, aussi ne le pêche-t-on que comme curiosité; il se conserve en séchant, aussi facilement qu'une carapace de tortue, et il en acquiert la solidité. II. de laBlanchkiœ.

Le Propriclairc-Gcrant : G. Tissas&irr.

Conni'iL. — Tv. et slOr. de Cuurii.

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