FAISAN D'ELLIOT AU JARDIN DES PLANTES
(Calophasis Ellioli, Swh.)
Ce nouveau venu, que nous n'avions pas encore vu vivant en Europe, où l'on n'en possédait que deux peaux, vient d'être rapporté de Chine, par M. l'abbé Armand David. Cet oiseau splendide est originaire de la chaîne de montagnes qui s'étend auprès de NiUp-pO dans la province chinoise de Che-Kiang, où
il représente le type Faisan, do même que le faisan à collier (Phasianus torquatus) le représente un peu plus bas dans ces vastes pays qui se prolongent jusqu'à la nier.
Plus petit que le Torquatus, ce délicieux oiseau, que l'on peut aller admirer depuis peu au Jardin des plantes, est un des plus beaux du groupe. Il porte des ailes assez courtes et une queue d'une grande longueur; il rappelle un peu, par ses teintes alternatives, le Revesii; mais ce qui le caractérise, c'est la ligne blanche qui traverse ses ailes et qui ne se trouve chez aucune autre espèce de la famille. Ce faisan est
Le nouveau faisan du Jardin des plantes, rapporté Je Chine par l'abbé Armand David. (D'après nature.)
encore le seul qui ait des plumes blanches au-dessous du corps. L'ensemble des caractères particuliers, mais peu tranchés, qui le séparent des vrais faisans, a engagé M. Elliot à créer pour lui une subdivision sous le nom de Calophase, ce qui le place tout près des Euplocomes.
Si nous essayons de donner une idée de la robe très-bizarre de cet oiseau, nous pouvons dire que, de loin, ce qui frappe, c'est un habit cuivre rouge, et blanc par larges bandes en travers. Le cou et le commencement de la poitrine sont blanchâtres avec une vraie bavette noire, se continuant par une bande cuivra rouge large, au-dessous de laquelle est le ventre plus ou moins blanc ou gris faible. L'œil est entouré d'une large membrane rouge avec un trait blanc qui le divise. Le bas du dos sur lu naissance de la queue î e an Béa. — 2» semeslro.
I est couvert de plumes noires, bordées de blanc formant écailles, comme chez le faisan doré. Les pattes sont brunes bleuâtres.
I La femelle est beaucoup plus terne dans ses couleurs, comme cela se présente habituellement chez les oiseaux, mais cependant elle rappelle plus fîdôlerneut que dans d'autres espèces la superbe parure du mâle.
Cette nouvelle espèce récemment découverte, ne semble pas devoir être la dernière que l'on trouvera dans la même région. Ces contrées, peu connues, sont d'une fertilité prodigieuse en ce qui concerne la famille des Phasianidés. Le nombre d'espèces, voisines les unes des autres, est si considérable, que l'on se demande si des hybridations n'ont pa^ donné naissance à certains individus qui nous sont rapportés
comme faisant partie d'une compagnie en liberté. Certainement l'espace est grand et la Chine est un énorme empire, mais on s'étonne de trouver jusqu'à douze espèces très-différentes dans le pays compris entre l'Océan, le Tliibet à l'ouest, la Coehinehine et le Burmali au sud et la Mongolie au nord. Donnons à cette surface une valeur égale à l' Europe (elle ne l'a pas tout à fait), nous n'en amoindrirons pas la remarque que nous faisons, môme en comparant aux faisans asiatiques la famille des Perdicidés qui semblent, jusqu'à un certain point, les remplacer chez nous. Nous serions bien loin de trouver douze espèces de perdrix en Europe ! Il y a donc, dans le fait que nous signalons, deux considérations remarquables : l'abondance des espèces voisines dans un espace limité, et la localisation presque continentale d'un type Lieu défini.