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LES COMBINAISONS MÉTALLIQUES

DE i/lIYDROGÈNE.

(Suile et fin. — Voy. p. IjO }

L'absorption de l'hydrogène par le palladium, dont nous avons parlé précédemment, n'est pas un fait plus difiieile à admettre que la formation do l'amalgame d'or produit par l'union du mercure et de ce métal.

L'impossibilité qu'il y avait, d'isoler l'alliage luimême, puisqu'il était mélangé avec un excès de palladium, hissait un doute sur sa eompos.tion, et ne. permettait pas de voir si la combinaison s'était effectuée d'après la loi de D.dton. Cette lacune, qui existe forcément dans le travail de Graham, ne se retrouve plus dans les dernières expériences de MM. Troost et Hautefeuille.

Lorsqu'on chauffe du potassium au contact de l'hydrogène dans une cloche courbe placée sur le mercure, ce g;;z ne fcirde pas à êlre absorbé. Gay-Lussae et ïhenard avaient déjà observé ce fait depuis longtemps, sans déterminer exactement les proportions suivant lesquelles avait lieu cette absorption; depuis, M. Jacquelain a môme proposé un procédé de séparation de l'hydrogène et des carbures d'hydrogène, basé sur celte propriété.

Reprenant ces observations plus qu'incomplètes, MM. Troost. et Hautefeuille ont déterminé exactement les rapports de poids des corps combinés. « Le potassium 1 sur lequel ils opéraient était contenu dans une nacelle de fer, pincée au fond d'un tube de verre communiquant par un tube en T, d'une part avec un manomètre, et d'autre part avec un robinet, à trois voies, qui permettait de le mettre en communication soit avec une pompe de Sprengel, soit avec une source d'hydrogène pur et sec. Le tube contenant le métal pouvait être porté successivement ;'i diverses températures, que l'on maintenait constantes pendant un très-grand nombre d heures. L'hydrogène ne commence à être absorbé qu'au-dessus de 200° ; à cette température, l'absorption est d'une lenteur extrême; elle est beaucoup plus rapide si l'on chauffe vers 350°.

En opérant sur 2 ër ,50Q de potassium, il n fallu 250 heures pour saturer ce métal chauffé à 290°.

Le potassium hydi ogéné préparé par un long séjour dans legaz hydrogène est très-cassautàla température ordinaire, semblable, par son aspect, à un amalgame

1 Comptes rendus de V Académie des sciences, — Séaruc du 23 mars 1874.

d'argent, dont il a le grain cristallin et tout l'éclat; aussi est-il difficile de se défendre de comparer le potassium hydrogéné à un véritable alliage.

Ce composé peut être fondu dans l'hydrogène ou dans le vide sans subir la moindre altération. Mis au contact de l'air, il s'enflamme immédiatement.

L'hydt ogène, en se combinant avec le potassium, produit donc un composé analogue à un alliage; mais MM. Troost et Hautefeuille sont allés plus loin. Soumettant cette nouvelle combinaison à l'analyse, ils ont montré qu'un volume de potassium se combinait à 126 volumes d'hydrogène, soit 1 équivalent d'hydrogène pour 2 équivalents de potassium, la formule du nouveau corps étant K*H.

En répétant ces expériences sur le sodium, MM. Troost et Hautefeuille ont montré qu'on obtenait un résultat analogue par l'union de ce métal avec l'hydrogène; cependant le deuxièniecorps ainsi obtenu est un peu plus stable que celui dont nous venons de parler; sa densité est. 0,959, et il s'altère moins facilement à l'air. Quant à sa composition, les nombres trouves conduisent à représenter sa formule comme le composé de potassium , par l'union de 2 équivalents de sodium pour 1 d'hydrogène.

Enfin le thallium et le lithium, tout en absorbant aussi l'hydrogène, ne forment pas "avec ce gaz des; composés définis, dans les mêmes limites de température.

Dans ses premières expériences, Graham avait essayé de déterminer la densité de l'hydrogène combiné avec le palladium, en se basant sur l'augmentation de volume qu'éprouve ce métal lorsqu'il a absorbé de l'hydrogène. Il était ainsi arrivé au nombre 0,733. MM. Troost et Hautefeuille, eu étudimt l'hydrure de polassium, ont trouvé 0,62 pour densité de l'hydrogène combiné au potassium, et 0,03 en déduisant ce chiffre de la combinaison de l'hydrogène et du .sodium. Ces deux nombres, sensiblement égaux, permettent de rapprocher la densité de riiydrogétiium de celle du lithium représentée par le nombre 0,59.

Ainsi, ces deux savants ont étendu les propriétés absorbantes des métaux pour l'hydrogène au potassium, au sodium, au lithium et au thallium ; bien plus, ils ont fait un pas immense en avant, en montrant que ces combinaisons étaient parfaitement définies. L'hydrogène» se combine donc aux métaux pour produire des alliages, dans le sens complet du mot. A. l'état condensé, il joue le rôle d'un métal dont, à l'état normal, il ne serait que la vapeur. Cette idée, du reste, n'est pas nouvelle dans la science; elle n'est au contraire que la confirmation de tout ce que nous savons sur les propriétésde l'hydrogène.

L'hydrogène est, en effet, un gaz qui s'écarte de tous les autres métalloïdes, et qui ne peut être classé auprès d'aucun d'eux. Bon conducteur de la chaleur, magnétique, se combinant avec les irïdes pour donner des composés en tout point analogues aux sels proprement dits et décomposables de la même ma*

nièrc par l'électricité, il se range auprès des métaux par l'ensemble de toutes ses propriétés.

Les travaux de G-raliam étaient déjà venus donner un appui considérable à. cette manière de voir ; les brillantes expériences de MM. Troostct Iluutefeuille, en vérifiant les laits énoncés avant eux, et en étendant considérablemonl leurs conséquences, confirment, autant qu'il est possible do le faire, la nature essentiellement métallique de l'hydrogène

Ed. LaNDRIK.

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