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DE PHILADELPHIE

Les habitants des Etats-Unis ont organisé une exposition universelle destinée à célébrer, d’une façon magnifique, 1e centième anniversaire de leur déclaration d’indppeudance , événement qui eut lieu le 4 juillet 1776 dans la ville de Philadelphie. Ce grand concours universel s’ouvrira le 19 avril 1876 en commémoration du 19 avril 1775, jour où le premier coup de fusil fut tiré à liunkershill par les insurgés américains. 11 sera clos le 19 octobre 1 876, pour célébrer la capitulation de lord Cornvvallis, qui eut lieu à York-Town le 19 octobre et qui, c mine chacun le -ait, amena la signature du

traité de paix, si glorieux pour la France et pour les Etats-Unis.

Le président Grant a nommé, il y a deux ans déjà, une commission dans laquelle tous les Etats ont été représentés par un ou deux membres suivant leur importance. Il vient d’envoyer au Congrès un message pour demander un crédit de 4,500,000 francs, afin de faire représenter les différents départements des services publics.

Une commission d’organisation a ouvert une sou criplion montant à 50,000,000 de francs. La ville de Philadelphie et l’Etat de Pctisylvanie ont voté une somme de 12,500,000 et le reste doit être recueilli à l’aide d’actions de 50 francs chacune. Un grand nombre de millions ont été recueillis et le reste ne peut manquer do l’être prochainement. Aussi la commission d'organisation vient-elle d’adresser au Congrès une demande tendant â obtenir un crédit de 7 millions 500,000 francs, â savoir 2,000,000 pour oontribucraux dépenses d’installation, 2.500,000 pour payer les médailles accordées aux exposants et 5 millions pour la police de l’Exposition.

L’Exposition se tiendra dans le Park Faermouut situé sur les bords du Sbuylkill a une petite distance en amont de Philadelphie. Elle se composera :

1° Du palais de l’Exposition de l'industrie dont nous allons donner la description ;

2° Du palais des Beaux-Arts ;

3° D'une annexe pour les machines ;

4“ D’une serre pour l’Exposition horticole ;

5" D’une annexe pour l’Exposition d’agriculture.

La compagnie des chemins de fer de Philadelphie fait construire une gare monumentale dans le voisinage de l’exposition de l’industrie. L’Etat de Pensylvanie dépense une vingtaine de millions pour la construction d’un hôtel de ville qui sera inauguré â l’occasion de la clôture de l’Exposition.

11 est probable qu’une ligne de bateaux à vapeur sera établie pendant la durée de l’Exposition, du Havre â Philadelphie. Il est certain que les prix du passage aller et retour sera réduit dans une proportion importante. On dit même qu’en première classe il n’en coûtera pas plus de six cents francs.

Le palais de l’Exposition universelle qu’il nous reste â décrire, et dont nous donnons ici le plan se compose d’un rectangle orienté dans la direction est-ouest. La surface totale est évaluée à 8 hectares. Les Etats-Unis se sont réservés une portion que nous avons ombrée et qui est placée au c ntre de l'édifice. Cette circonstance n’a rien qui nous doive surprendre, car depuis quela Chine adonné l’exemple au temps de Confucius, toutes les nations croient habiter invariablement l'empire du Milieu. Cetle section possède environ 120 mètres de large sur 150 mètres de long. C’est juste le double de la surface accordée à l'Angleterre et le quadruple de celle qui nous est offerte De toutes les nations étrangères nous sommes la plus favorisée après l’ancienne mère-patrie, qui, grâceà la communauté de langue et d’origine, a conservé des rapports de toute nature avec sou ancienne colonie.

Commeonlevoit, levieux continent a élé placé dans la partie orientale , et l’Amérique ainsi que l’Océanie, dans la section occidentale. 11 suffit donc de savoir sa géographie pour retrouver l’exposition d'une contrée quelconque.

Mais l’esprit de classification est si répandu aux Etats-Unis, que les architectes ne se sont point bornés à ce premier effort pour faciliter les recherches des visiteurs.

L’exposition a été partagée, en une douzaine de tranches , longues chacune de 000 mètres environ, parla grande avenue du nord, la grande nef, la grande avenue du sud et une série d'avenues latérales. Chacune do ces tranches est réservée à une spécialité comme on peut le voir par les chiffres romains marqués sur notre plan.

Le n° I est réservé aux matières premières qu’elles soient d'origine végétale ou animale.

Le il" II aux matières premières fabriquées c’est-à-dire extraites ou combinées d’une façon quelconque et dont on se sert soit dans les arts soit dans l’alimentation.

Le u° III aux matières textiles et au feutrage, aux costumes et ornements portés sur le corps.

Le n° IV aux meubles et objets fabriqués employés d’une façon quelconque pour i’amcublernent.

Le n° V comprend les outils, machines et procédés qui ne sont pas de nature à figurer dans l’annexe de machines.

Le n° VI les moteurs et moyens de transport.

Le n° VII les moyens

et appareils pour répandre l’instruction.

Le n° VIII les travaux publics, l’architecture.

Le n° IX les arts plastiques et graphiques pour les objets qui ne sont pas de nature à figurer dans l’annexe des Beaux-Arts.

Le n° X objets montrant des efforts pour l’amélioration physique, morale et intellectuelle de la condition de l’être humain.

On voit, d’après cette courte nomenclature, que le but utilitaire n’a point été négligé et qu’aucune place ne semble avoir été réservée pour les arts de la destruction. C’est ce que l’on devait attendre d’une exposition ouverte dans la capitale des quakers à l’inverse de ce qui a eu lieu à Paris, où la place d’honneur de l’Exposition de 1867 a été réservée au canon prussien.

Notre plan peut donner également une idée de l’architecture adoptée pour la construction de ce vaste édifice. A chacun des angles s'élève une tour. Au centre de chacun des quatre côtés se trouve un portique et des coupoles recouvrant les rotondes placées aux points d’intersection de la grande avenue et des principaux transsepts. En agissant ainsi, les architectes sont parvenus à rompre la monotonie de longues lignes qui produiraient un effet déplorable, car le palais serait, s’il est permis de s’exprimer ainsi , rapproché de terre comme s’il se trouvait incapable de supporter sa propre grandeur et sa propre majesté.

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