I.n nouvelle glacière de Bruxelles — Los
Belges viennent de construiic, près de leur capitale, une glacière modèle aux proportions colossales, qui servira non-seulement à l’approvisionnement de la glace, mais à la conservation des viandes. Celte glacière est organisée aux portes de Bruxelles, sur le flanc d’un coteau qui regarde le nord, sur le chemin de Charleroi. Le hangar qui la couvre ne mesure pas moins de 1,600 mètres de superficie; il est divisé en quatre travées percées chacune de larges ouvertures, qui rendent impossible tout encombrement à l’entrée et à la sortie des voitures, et facilitent l’accès aux orifices par lesquels la glacière proprement dite reçoit la glace. Ces orifices, au nombre de neuf, communiquent avec autant de compartiments juxtaposés qui peuvent contenir chacun 1 ,000 mètres cubes. A chacun des étages est établi un ascenseur pour monter au rez-dechaussée la glace et les produits à conserver, et un railway qui contourne chacune des galeries permet de transporter la glace vers l’ascenseur. Il existe, à cet effet, trente-six cheminées d’appel, destinées à raréfier l’aie et à établir un courant dans les galeries, qui communiquent avec l’extérieur au moven d’un escalier large, facile, descendant jusqu’au radier de la galerie inférieure. Les murs exlélieurs sont creux et la cavité a été remplie de mousse et le sciure de bois. Neuf millions de kilogrammes ont été
emmagasinés au cours de l’hiver que nous venons de traverser. Cette glace provient de sources retenues dans les prairies, prairies qui peuvent être submergées à volonté. La même glacière sera bientôt simplement pourvue do glace de Norwége. Les galeries qui contournent lec glacières sont construites et disposées en vue de servira la conservation de la viande aux époques de la chaleur. Les galeries, où la température n’excède jamais deux degrés Réaumur, sont installées de manière à pouvoir y suspendre plus de 2,000 quartiers de viande parfaitement isolés.
I.e quatrième congrès télégraphique International. — Le quatrième congrès télégraphique international doit se réunir le 1" juin à Saint-Pétersbourg, conformément à la décision prise au Congrès qui a eu lieu à Rome. Le gouvernement russe, dit l' Economiste français , a déjà envoyé depuis longtemps les invitations aux vingt-quatre États qui ont adhéré à la convention et à vingt compagnies propriétaires de câbles, et toutes les invitations ont été acceptées. Les compagnies des États- Unis seulement n’avaient pas encore répondu à la date du 1" février. Parmi les États qui n’etaiont pas représentés au Congrès de Rome, en 1871-1872, on cite le Brésil comme ayant envoyé son adhésion, et la République Argentine a été invitée à prendre part au congrès de Saint-Pétersbourg. Le Japon enverra de nouveau un représentant. On annonce que le Congrès durera quarante jours, car l’ancien projet do convention sera complètement remanié et presque tous les paragraphes seront modifiés. Les compagnies privées n’auront que voix consultative; les représentants officiels des Étals qui ont adhéré à la convention auront seuls le droit de voter les décisions.
Découverte de haches de pierre. — VÉcho du Nord rapporte qu’une remarquable découverte de haches en pierre polie vient d’être faite aux environs de Lille. Des ouvriers terrassiers employés à la déviation des lignes de Dunkerque ont trouvé, en détournant le chemin de Lille à Marquette, cinq haches en pierre polie contenues dans un vase. Les haches sont en silex. L’une d’elles est remarquable par sa grande taille et sa perfection ; les autres sont plus petites. Le vase qui a été brisé par les ouvriers était en terre rouge, à parois minces, haut de 20 centimètres. Il allait en s'élargissant légèrement vers le haut, où il avait 20 centimètres de diamètre. Il était enfoui dans une couche de 70 centimètres d’épaisseur, composée d’alluvions jaunes. Près delà, on a trouvé un oursin en silex dont la surface a peut-être été polie.
I.es indigènes d’Alaska. — Les Aléouticns paraissent plus intelligents que les Indiens des prairies du nordouest des États-Unis; certains anthropologistes américains admettent même la possibilité d’une parenté avec les Japonais, qui se serait transmise par l’émigration vers leharnlschalka. Le curé d’Unalaska est un Aléouticn parlant plusieurs langues et dont le jugement sain est supérieur à celui de beaucoup d’Européens. Le médecin de la compagnie Russo-Américaine, à Hu lliouk, exécute pour l’administration du Cast-Survev, les observations météorologiques réglementaires. Le principal ouvrier mécanicien de la petite ville de Sitka est un indigène, qui fait des travaux de serrurerie assez compliqués. Un bal donné par les officiers de la marine américaine, à la princesse Maksutoff, fut exclusivement organisé par sa femme et sa fille. Les trente-huit cartes de l’atlas de Tebenkoff furent de-sinées et gravées sur cuivre, par un métis du nom de Kadin. La majeure partie des maisons de la compagnie Russo-Américaine,
fat construite par des indigènes dirigés par des entrepreneurs américains. Les équipages de la compagnie Russe sont exclusivement composés d'Alénutiens, ils deviennent bons matelots, mais ne parviennent pas cependant au degré d'initiative des Européens.
Erratum. — Dans le n” 92 de la Nature, a l’article Bouilleurs de cru des Charentes. pour les eaux-de-vie destinées à l'Angleterre, lire (p. 211, lig. 5ô) 3 p. 100 sirop de sucre à ajouter et non 50 p. 100 , faute d’impression.
ACADÉMIE DES SCIENCES
Séance du 8 mars 1875. — Présidence de M. FnÉwr.
Nos lecteurs connaissent déjà le nouveau deuil de la science. M. Mathieu, le doyen d’âge de l’Académie, est mort dans sa 92" année. C'est aujourd’hui qu’ont eu lieu ses funérailles et les membres du bureau sont encore revêtus du costume officiel qu'ils portaient à la cérémonie. M. Fréiny, dans une allocution émue, a rappelé la longue carrière de M. Mathieu tout entière consacrée à la science et a rendu hommage à la noblesse de caractère et à la modestie infinie du vénérable astronome. En signe de deuil l’assemblée décide qu’elle se séparera immédiatement; peut-être honorerait-on encore mieux les savants en faisant de la science, mais il y a là un vieil usage devant lequel il faut s’incliner. D'ailleurs la séparation n’a-t-elle pas lieu sans que M. Dumas résume les nouvelles trèsfavorables reçues des diverses stations d’où l’on a observé le passage de Vénus. Les observateurs sont pour la plupart rentrés à Paris dès maintenant, et par exemple, M. Vélain est, à l’heure qu’il est, en train de déballer 1rs richesses zoologiques et géologiques qu’il a rapportées de Pile Saint-Paul. Les nouvelles communications ne paraissent rien renfermer qui n’ait été déjà dit et il faut attendre maintenant que les calculs définitifs du passage soient exécutés. Stanislas Meunier.