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DE L’OS MAXILLAIRE INFÉRIEUR

l’homme et le sixge.

L’histoire naturelle a rapproché les uns des autres les êtres de la création, et anatomiquement, le singe est notre proche voisin; les points de comparaison ont été souvent décrits ; 'je ne parlerai ici que de ce qui concerne l’os maxillaire inférieur. L’importante question que nous abordons a été souvent reprise avec vigueur, depuis Linné, pour qui l’homme représentait un genre, séparé de l'animalité seulement par un échelon, et Cuvier qui l’en distançait un peu plus, en le donnant pour type de l’ordre des bimanes, le distinguant ainsi des quadrumanes dont sa structure zoologique le rapprochait.

Le centre de l’Afrique, exploré récemment par de hardis voyageurs, nous mit en possession de nombreuses dépouilles de gorilles; ce hideux animal fut, pour les savant*, la source de nouvelles recherches de parenté. Ces robustes simiens, avec l’orangoutang et le chimpanzé, furent la base sur laquelle une lutte s’engagea entre deux autorités scientifiques, Huxley ctÜwen; l’un s’étudiait à diminuer, par l’argumentation anatomique, la distance qui nous sépare du singe; les conclusions d’Owen,- au contraire, tendaient à élever l’homme au-dessus des seules sensations physiques et de l’instinct.

-, Je citerai encore Vogt, qui prenait chacun des sin-

ges précités pour point de départ spécial d’une triple origine humaine. De plus autorisés que moi ont traité toutes ces questions et nous ont développé les ingénieuses déductions du darwinisme. Sans aborder le côté philosophique du problème, je crois y apporter quelques éléments nouveaux par une simple observation graphique.

Nous remarquons chez les races inférieures, en comparant leurs maxillaires à celui de l’Emopéen, outre le volume et la structure massive, la fuite uu l’effarement du menton avec un fort prognathisme, assez communément la largeur de l’angle qui joint les deux branches, une dépression profonde qui correspond à l’insertion du muscle temporal, et enfin, un rétrécissement assez notable de l’ellipse, contournant l’arc en avant de la symphyse du menton.

Nos types sont choisis parmi ies Européens et les races colorées, peu rompues à la civilisation, dans des conditions de localités assez éloignées l’une de l’autre, pour ne pas compliquer ce simple renseignement, des hasards de l’influence des croisements. Je crois établir ainsi d’une façon tangible la différence anatomique qui existe entre un type, que je regarde comme l’un des plus distingués de la race caucasique (pl. I, fig. 1), et un Hottentot (pl. Il, fig. 6); il est évident que ce dernier échelon rapproche la distance qui, à première inspection, semblait exclure la comparaison; Je maxillaire inférieur du jeune chimpanzé (pl. I, fig. 8) ressemble à celui du nègre (pl. I, fig. H), et les conclusions philosophiques de Lainarck nous seraient applicables, si nous pouvions arrêter définitivement notre opinion sur les débris maxillaires, trouvés dans les couches paléontologiqucs de la Belgique et de la France,' sur lesquels nous constatons : forte épaisseur, menton peu accusé ou légèrement fuyant, prognathisme considérable, dépression peu prononcée du muscle temporal, et particularité identique pour la courbe dentaire. En somme, les traits d’animalité qui caractérisent nos sauvages modernes sont ici plutôt amoindris qu’exagérés, on retrouve même sur des mâchoires do Néoeaiédoriiens, d’Australiens et d’un nègre Bakalet, la fossette qui remplace les apophyses géniennes à la surface interne de la mâchoire de lu naulette, la moins bien partagée si on considère ses traces dentaires.

Le nombre des fragments humains est tellement restreint que, malgré la mâchoire de la naulette, l’homine de la grotte d’Arcy et le crâne de Néandeithal, on est en droit de suspecter toute conclusion trop affirmative, en l’accusant d’être prématurée.

La science est saisie de cette importante question à laquelle les congrès scientifiques apportent leur concours éclairé; c’est déjà un grand progrès d’avoir reculé l’existence de l’homme au temps de l’ours des cavernes et du mammouth. Il est vrai que le singe a été trouvé dans des couches encore plus anciennes; mais, ne sommes-nous pas sur la voie de l’homme tertiaire : attendons et comparons. .

LA NATUKE.

Ce qui nous frappe dans le maxillaire inférieur du singe, c’est son énorme volume, même chez le chimpanzé et l’orang, comparativement à la forme et au contenu de la boîte cérébrale, l'absence du menton extérieurement et intérieurement, la longueur démesurée des branches horizontales (pl. II, fig. 12 et 15) et la largeur des montantes. Chez le singe, le type de construction de cet os est le même, quelle que soit sa place, dans l'ordre des quadrumanes, eu remontant de l’atèle et du mandril jusqu’au ebimpausé, au gorille et à l’orang; l’intervalle compris entre les branches fpl. II, fig. 9' et 12') est

toujours un angle aigu, sur le sommet duquel s’implante, en droite ligne, une rangée de dents incisives, flanquée de formidables canines; l’étendue latérale de cette rangée contraste avec la pointe aiguë de l’angle précité; cette disposition du singe est commune à tous les mammifères. Le calque de la mâchoire inférieure du renard (pl. II, fig. 10), abstraction faite des dents de ce carnivore, nous présente l’exagération de la même conformation.

Prenons l’homme au plus bas ije l’échelle, et si je me permets cette désignation, c’est que le grand Cuvier a dit : « Nous ne voyons pas qu’aucun des

Figures comparatives de l'os maxillaire inférieur chei l’homme et le singe. (D’après les procédés de reproduction

de M. le colonel Duhousset.)

peuples à front déprimé et à mâchoire proéminente ait jamais fourni des sujets égaux aux Européens par les facultés de l'àme; nous sommes si bien accoutumés à cette liaison entre les proportions de la tète, des mâchoires et de l’esprit, que les règles de physionomie qui s’y rapportent sont devenues un sentiment vulgaire. #

Comparons donc l’homme qui s’éloigne le plus de l’Européen, avec le singe qui, par sa taille, paraîtrait s’en rapprocher le plus. Chez l’homme, quelle que soit sa provenance, l’angle aigu (pl. II, fig. 9') du singe, est remplacé par un segment de forme elliptique (pl. I, fig. 1' et 2'), dont la rangée dentaire suit les contours sans interruption (pl. I, fig, 1"); la

mâchoire supérieure lournit le complément d’instruction nécessaire à cette explication ; sur mes dessins la comparaison montre immédiatement la dissemblance.

En effet, chez le singe, le diamètre transversal aux canines (pl. I, fig. 8') surpasse celui pris entre les dernières molaires, ce qui se voit en sens inverse chez l’homme : la voûte, au lieu d’être cintrée, se termine par un plan incliné sur les incisives, qu’emplit la volumineuse langue de l’animal, et les sons if y arrivent qu’en passant par des sacs pharyngiens qui les altèrent et les changent en cris rauques ; eu un mot, ni modulation, ni souplesse, ni voix.

Il me reste à parler du singe paléontologiquc qui,

d’après l’avis des savants, se rapprocherait plus du type inférieur humain que les singes anthropomorphes actuels ; le dryopithecus fontani, de Lartet, trouvé à Saint-Gaudens, dont nous avons été à même de calquer la mâchoire inférieure au muséum, cemparé au jeune chimpanzé d’Aubry, dont nous donnons le dessin (pl. I, fig. 8 et 8') s’éloigne beaucoup plus du contour humain que ce dernier.

L’analomiste suisse, Albert de Haller, qui écrivait en 1774, faisait grand cas delà direction du maxillaire inférieur. C’est eu 1767 et 1768 que Camper ébaucha son traité sur les différences que présentent

les traits du visage chez les hommes de différents pays ; ce savant disait il y a un siècle : « M’étant livré à une observation scrupuleuse des diverses nations, je crus reconnaître que ce n’était pas seulement par la situation plus avancée de la mâchoire supérieure, mais encore par la largeur de la face et la forme carrée de la mâchoire inférieure que les individus différaient prodigieusement les uns des autres. Cet examen comparé m’a fait découvrir qu’une certaine ligne, tirée le long du front et de la lèvre supérieure, démontre la différence entre les figures des différentes nations et fait voir la con-

Figurcs comparatives de l’os maxillaire inférieur chez l’homme et le iinge. (D’après les procédé» de reproaucliou

«le M. lu colonel Duhousset.)

formité de la tète du nègre avec la tète du singe. »

Le meme auteur, dans une dissertation sur les orangs-outangs, publiée en 1782, démontre l’absurdité de l’assertion, déjà émise de son temps, qui aurait tiré conséquence de la ressemblance des nègres et des singes pour indiquer leur parenté avec les orangs. Il dit que ceux-ci ne sont nullement disposés, quant aux membres, de manière à pouvoir marcher continuellement debout, qu’ils sont encore moins propres, d’après la conformation de leur gosier, aux inflexions de la parole.

A force de vouloir toucher la matérialisation de la forme humaine, on omet pour elle l’élément moral qui est la pensée , tandis qn’on semble admettre, en

histoire naturelle, le principe d’association pour les castors, les fourmis et les abeilles. Il faut tenir compte de la révélation des documents préhistoriques, mais ceux-ci doivent nous imposer encore une prudente réserve. Le passage actuel du singe à l’homme est en raison inverse du développement adulte du premier 1 . Le singe paléontologique ne diffère pas de celui de la faune actuelle.

1 Ainsi que le prouve la comparaison des fig. 11 et 8, U trace des deux mâchoires 8' et 11' du singe qui, jeune, se rapproche le plus de la Forme humaine et du nègre le plus bas de notre échelle. Dès que l’animal grandit, les branches se cessèrent, l’angle inférieur se ferme en s'allongeant, et le singe adulte se rapproche de la construction massive indiquée dans

Maintenant, un mot du procédé de reproduction que j’emploie pour figurer les maxillaires : il s’applique surtout aux os dont les surfaces sont planes ou à ceux dont les saillies ont peu d'épaisseur : un papier mince est maintenu sur la pièce, assez solidement pour ne pas se déranger, pendant qu’on y promène avec précaution une cire encaustique noire. Eu agissant toujours légèrement et dans le même sens, les moindres aspérités du modèle s’accusent en noir sur tout le parcours; et, l'accentuation des traits est en raison de la différence des aspérités, que rencontre le côté uni de la cire.

Il est bien entendu que si la surface de la pièce est courbe, le tracé horizontal, étant celui du papier remis en place, est toujours un développement. I.e procédé, m’a été d’un grand secours en Perse, en Syrie et en Egypte pour décalquer des inscriptions, des moulures, des incrustations d’armes. J'ai pu l’utiliser au profit de l’histoire naturelle en Algérie sur des pièces anatomiques, des ferrures de chevaux et, tout récemment, en décalquant dans les galeries anthropologiques du Muséum et dans les musées d’Italie, une grande série de maxillaires humains. Le peu de courbure de ces pièces permet d’appliquer facilement cette méthode, qui fournit souvent avec uu peu d’habitude, des reproductions d'une exactitude géométrique. Elle met en saillie les moindres détails, donne la juxtaposition, comme moyen de comparaison, et, offre d’un seul coup d’œil, le relevé des points saillants d'analogie et de divergence pour lesquels l’objet réel demande une observation plus

exercée. E. Duiiousset,

CHRONIQUE

L'expédition anglaise au pAle Nord. — Nous sommes Hans le regret d’avoir à annoncer à nos lecteurs que le lieutenant Bellot n’a pu être admis à faire partie de celle expédition, quoiqu’il ait été à Londres, après des pourparlers qui lui avaient donné l’espérance de marcher sur les traces glorieuses de son frère. llàtons-nous cependant d’ajouter que l’on aliribue cette triste détermination fi la crainte de mécontenter l’Allemagne, qui s’était empressée de proposer une exploration faite de compte à demi. Pour ne point être conduits à s'associer avec nos voisins d’Oulre-Rhin, nos voisins d’Outre-Manche ont préféré oublier la mémoire d’un marin héroïque, mort sous leur pavillon dans les mers polaires.

Les mêmes considérations les ont conduits à repousser les propositions faites par lady Franklin, qui demandait l’embarquement d’un de ses neveux.

Mais à quelque chose malheur est bon. Il paraît que lady Franklin s’est piquée au jeu, et qu’aidée par quelques amis, elle monte une expédition à bord de la Pandore, navire que l'Amirauté a condamné comme impropre au service des mers polaires, et qu’elle a acheté non sans

la planche II, par les (ig. 12, 13, 9 et 9' du gorille, de l’orangoutang et du magot, de laquelle s’éloignent les Australiens, ph I. lig. 3, 3', les N'éocalédoniens, fig. 4, 4', les Taïtiens, fig. 5, S', malgré leur structure grossière, si pu les compare aux Européens, pl. I, Gg. 1, 1' et fig, 2, 2\

évidente intention de prendre une noble revanche. La Pandore sera, dit-on, commandée par M. Young, lieutenant de vaisseau, qui a servi sous les ordres de l’amiral Mac-Clinlock à bord du Fox, et qui est, par conséquent, uu vétéran des mers polaires. Nous ne serions point étonnés que le lieutenant Bellot ne réclamât à ce bord la place que l’Amirauté n’a pu, ou n’a voulu lui faire.

L’esprit étroit qui a présidé au recrutement des officiers excite des réclamations fort judicieuses de la part de notre conf ère Nature. L’Amirauté ayant pris pour devise que la marine [ara da se, il a été impossible d’adjoindre à l’expélition un géologue de profession. Les officiers de marine de S. M. Britannique sont causés avoir toutes les connaissances nécessaires.

Nous devons cependant ajouter que le Parlement Britannique ne recule devant aucun sacrifice pour que les résultats soient dignes d’une grande nation. La Chambre des lords et la Chambre des communes ont voté unanimement un premier crédit de 98,000 livres sur le bu Igct de 1875, puis un crédit supplémentaire de 1G,(H)0 livres sur l’exercice de 1875. Pendant tout le temps que l’expédition durera, un crédit permanent de 13,000 livres est inscrit d’avance sur chaque budget. Enfin, le gouvernement a l’autorisation de dépenser 400,000 livres pour envoyer, s’il est nécessaire, un navire de renfort.

L’Amirauté fait préparer un manuel pour les explorations polaires. L’amiral Vac Clintock a même rédigé des noies manuscrites sur l’emploi des traîneaux dans les voyages du pôle Nord.

Phénomène «le la mer de lait. — Le 25 février 1874 le Du Couëdic était sur la côte orientale des Maldives, quand vers trois heures du matin, la mer changea de couleur; on paraissait naviguer au milieu des brisants, bien que l’on fût par des fonds de 2,000 mètres. On se trouvait en présence du phénomènedécritparllorsbnrgh, qui se voit quelquefois dans la mer de Banda, ainsi que dans quelques autres parages des mers orientales.

Pendant trois nuits consécutives le phénomène se reproduisit au coucher de la lune, pour disparaitre avec les premières lueurs du jour. La mer devenait toute blanche; ou eût dit naviguer au milieu de glaces couyerles de neige. Ou puisa de l’eau à bord et ou y vit un grand nombre de corps ronds, gros comme la lète d’une épingle, qui émettaient une lueur pâle analogue à celle du phosphore. Le phénomène de la mer de lait est produit par la même cause que celui de la phosphorescence ; des myriades d’animalcules microscopiques tenus en suspension dans le liquide, émettent une lueur pâle, seulement perceptible quand ces animalcules sont en abondance.

Expériences sur le eoton-pomlre. — Ce dangereux produit a été rejeté de la pratique à cause des dangers qu’il présente dans sa manutention cl son transport. Le degré de siccité qu’il exige est encore un obstacle à son emploi. M. J. Mackie, de la compagnie du coton-poudre de Faversbain, a exécuté devant une foule nombreuse de spectateurs, des expériences d’où l’on peut conclure qu’un progrès réel a été fait. Le coton-poudre est transformé en véritable poudre de mine par l’addition de substances oxydantes, introduites comme correctifs des modifications .chimiques et des défauts de fabrication. Son transport pouvant se faire avec sécurité, il est maintenant admis par les compagnies de chemin de fer, ce qui est encore refusé aux substances détonantes.

Le colon poudre est réduit en une poussière impalpable, puis lavé dans une cuve où l’on insuffle de l’air. 11 est se-

elle à l’air libre et mélangé définitivement avec les substances oxydantes. La poudre, sous forme de poussière blanche et fine, est enfermée dans des cartouches en papier à l’extrémité desquelles se trouve un petit tube, protégeant le détonateur servant à produire l'inflammation. Ces cartouches brûlent à l’air, sans autre effet qu’une combustion rapide sans explosion.

;,es expériences entreprises devant les spectateurs consistèrent à démontrer que la poudre fusante conserve encore une grande énergie. Deux tonneaux de coton-poudre mis au milieu d’un brasier de fagots brûlèrent rapidement sans provoquer aucune commotion. On fit éclater un bloc de fonte de trente centimètres d’épaisseur, en plaçant une cartouche dans une cavité intérieure. Une charge de trente livres fut déposée au fond d'une fosse, recouverte ensuite de terre de quatre mètres d’épaisseur ; l’inflammation produite par l’étincelle électrique, provoqua un soulèvement de toute cette mine; la terre vibra. La dernière expérience fut l’explosion d’une torpille contenant 50 livres de poudre, immergée profondément dansl'cau. Il s’éleva unegerbe humide, démontrant que la force de projection est aussi grande que celle de la poudre ordinaire,

Nouveau métal blanc. — On lit dans l lron du 12 décembre : « Ln nouveau métal blanc vient d’étre inventé par M. Delalot. (le métal, coûtant moins cher que tous les alliages analogues qui existent déjà, serait appelé à les remplacer. Voici la composition de ce inétal: cuivre rouge pur, 80 uarties; oxyde de manganèse, 2 parties; zinc, 10 parties; phosphate de chaux, 1 partie. Le mélange est effectué comme suit : On ajoute, par très-petites quantités à la fois, l’oxvde de manganèse au cuivre fondu ; on fait de même du phosphate de chaux quand l’oxyde de manganèse est dissous. Au bout d’une demi-heure, on enlève les scories qui flottent sur le bain et l’on ajoute le zinc ; dix minutes après, on coule le métal. Cela donne un beau métal blanc et dur, égal en résistance et en ténacité au métal à canon. Dans le but d'accélérer la fusion de l’oxyde de manganèse, on peut ajouter un fondant composé d’une partie de fluorure de calcium, d’une partie de borate de soude et d’une partie de charbon de bois. »

l'n père de famille. — Les journaux américains racontent qu’un Allemand, habitant la Pensylvanic, et qui n’a pas encore soixante ans, est père de 41 enfants. 11 s’est marié en Allemagne en 1840, et sa femme, pendant ha huit ans qu’elle a vécu, lui a donné 17 enfants, dont 4 jumeaux en deux fois, et quatre fois des triplets ; mais aucun de ces 17 enfants ne vit. Sa seconde femme, une Allemande également, dans les neuf ans de son mariage, a eu 15 enfants, dont 10 jumeaux consécutivement; 2 seulement de ces 15 enfants sont vivants. En 1858, ayant émigré aux États-Unis, cet Allemand, dit la Revue d' Anthropologie, s’est marié pour la troisième fois, et sa femme actuelle lui a donné 9 enfants dont 3 seulement vivent. De sorte nue 36 de ces 41 enfants sont morts.

L'instruction publique en Russie. — Sur les 329

conscrits admis celle année à Saint-Pétersbourg, il ne s’en trouve que cinq dénués de toute instruction primaire, c’est-à-dire ne sachant ni lire ni écrire. Quant au degré d'instruction des autres conscrits, il ressort des indications que voici : Sont sortis des écoles supérieures 1 , des écoles moyennes 13, des écoles de troisième catégorie 14, des écoles primaires 31 ; jeunes gens n’ayant point fait leurs éludes dans les écoles de ces différentes catégories 55, jeunes gens n’ayant jamais été à l’école, mais sachant lire et écrire 125, jeunes gens dont le degré d’instruction n’a

pas pu être constaté (en grande majorité des pupiles de la maison des enfants trouvés), 104. Dans le nombre des appelés de 1874 se trouvèrent en outre 120 élèves do différentes écoles qui ont reçu des sursis pour achever leurs éludes.

ACADÉMIE DES SCIENCES

Séance du 15 mars 1875. — Présidence de M. FiuSmy.

Retour de l expédition de Saint-Paul. — L’événement de la séance esl, sans contredit, la lecture du mémoire que M. le commandant Mouchez a rédigé en armant à Paris. Avant de donner la parole au courageux expéditionnaire, M. le president lui adresse une allocution éloquente qui a provoqué les applaudissements du public, cepcndanlsi froid, du palais Mazarin. M.Frémya félicité le commandant Mouchez de la persévérance grâce à laquelle il est parvenu à surmonter tous les obstacles, et il a profilé do l’occasion pour féliciter du même coup les membres des diverses expéditions chargées de l’observation du phénomène. Le mémoire de il. Mouchez, qui n’est que le premier d’une longue série, concerne l’observation proprement dite du phénomène astronomique. On lira avec intérêt dans 1rs comptes rendus les détails relatifs à la météorologie d'un îlot où semblent avoir été réunis comme à plaisir toutes les conditions les plus défavorables. Ou sait que Saint-Paul est un ancien cratère dans lequel la mer est entrée par une fente étroite. La paroi rocheuse est chaude encore par places et à marée basse, des sources thermales sourdent en divers points. Cet état de choses, joint à l’action du soleil, donnent lieu à une évaporation continue, d’où résulte un épais image qui forme presque constamment un opaquu écran entre la terre et le ciel. A quelques centaines de mètres tout autour de Pile le ciel est fréquemment bleuet le soleil darde ses rayons. Mais d’habilude, une brume épaisse couvre le rocher. Le commandant déclare luimême que s’il est resté à la station désignée, c’est qu’il n’a pas pu s’en éloigner. D’ailleurs, vers la fin de novembre le temps paraissait s’améliorer, mais le 6 décembre, Io baromètre commençait à baisser d’une manière très-nette, la mer grossissait et la brise s’élevait. Le 7, continuation des mêmes phénomènes ; le ciel semble une calotte de plomb, et la pluie tombe d’une manière continue. Pluie torrentielle le 8, c’est-à-dire la veille même du passage. Pourtant le commandant, avec une ardeur que l’histoire, dans l’avenir, mettra bien au-dessus de. celle qu’ou nous fait tant admirer des conquérants livrant une bataille, procède néanmoins à la répétition générale de toute l’observation. Chacun est à son poste et dans des cabanes que la tempête menace de renverser, exécute sa partie dans le travail d’ensemble. A minuit, on se couche sans que le temps soit changé, mais à 3 heures du matin sc produit une soute brusque du vent ; le baromèlre s’élève, la pluie cesse, les nuages sont balayés. Au lever du soleil, dont l’apparition produit une émotion profonde, on court aux instruments, et, une demi-heure avant le début du phénomène, tous attendent avec anxiété le moment de commencer les observations. Le premier conlact est à peu près manqué. Au moment de l’éclaircie qui permet de voir le soleil, l’échancrure produite par Vénus était déjà assez grande; mais le ciel devient pur, et le deuxième contact est tout à fait satisfaisant. Il présente d’ailleurs d : vers phénomènes optiques, que M. Mouchez attribue, les uns à une atmosphère du soleil, et les autres à l’atmosphère même de Vénus. 11 s’agit d’une auréole remarqua-

ble de 25 à 50” de hauteur et qui introduit, dans les observations, des perturbations assez grandes; il s'agit aussi d’une très-mince bande lumineuse qui entoure le disque delà planète. Ces phénomènes se reproduisirent au troisième contact également excellent. Au moment du quatrième le ciel était redevenu brumeux, et les observations furent incomplètes. A peine faites, les nuages revinrent, la pluie tomba, et la tempête, seulement interrompue, durant les 5 heures du passage, reprit son cours pendant 51) h M. Mouchez, en terminant une lecture accueillie par les applaudissements de l'auditoire, met sous les yeux de l'Académie de nombreuses photographies reproduisant les détails de l'installation. Les photographies astronomiques seront présentées dans une autre séance.

Documents historiques. — L’Académie a f.iil de l’érudition aujourd’hui : Salomon de Caus, la découverte de l’Australie, enfin certains points de la géographie abyssine en font les frais. M. Dumas lit une pièce copiée sur les registres, maintenant détruits, de la ville de Paris, et constatant que le mardi 51 mars 1621, le prévôt des marchands et les échevins de Parisexaminaient une proposition, faite au roi par le sieur Salomon de Caus au sujet du nettoiement des égouts et de la distribution de l’eau dans Paris.

Saioinon entendait payer la faveur qu’il demandait 60,000 livres tournois par an, prix auquel le curage

des égouts était affermé. Un autre document constate que. Salomon de Caus est mort à Paris en 1626, et a été inhumé au cimetière de la Trinité.

Le ministre du Portugal fait parvenir la photographie d’une lettre autographe de Manuel llercdia dans laquelle, dès le seizième siècle, la découverte de l’Australie par les Portugais est nettement indiquée.

Enfin. M. de Lesseps demande que des recherches soient faites aux archives de Lisbonne touchant, d’une part, la question de savoir si c’est l’Australie qui a peuplé le sud de l’Inde ou si, au contraire, c’est le sud de l’Inde qui a colonisé l’Australie; et d’autre part, le problème qui consiste à refaire l'histoire des rapports entretenus, il y a 500 ans, entre le Portugal et l’Abvssinie. D’après M. de Lesseps, les documents relatifs à ce dernier point doivent i enfermer, quant à 1 Afrique centrale, des notions géographiques perdues depuis, et que l'on n’est pas parvenu encore à retrouver. Stanislas Meunier.

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