I.e niveau «le la nirràl èpoque romaine. — Il
importe beaucoup aux progrès ultérieurs de la géologie de connaître d’une manière précise quel était le niveau de la mer à l’époque romaine ; mais cette question ne peut être résolue qu’au moyen d’observations faites sur des points très-éloignés les uns des autres. Le travail récent de M. Charles Martins sur la ville d’Aigues-Mortes a montré que le confluent du Rhône existait primitivement sur remplacement de la ville d’Arles, et que la plaine de la Crau était d'origine récente ; mais cette plaiuen’est pas parfaitement horizontale : elle est inclinée vers la mer, et sa configuration ne peut pas être expliquée sans admettre que le niveau de la Méditerranée a baissé d’environ 2 mètres depuis le commencement des temps historiques. D’autre part, dit le journal les Mondes, AL Debray, conducteur des ponts et chaussées à Lille, vient de publier une étude Irèscoinplè.lc sur les tourbières du Nmd ; il nous montre une tourbière qui contient, dans sa partie supérieure, des débris de l’époque romaine, et qui est recouverte par un dé-
pôt marin ayant 1“,85 d'épaisseur. On explique ce fait en admettant que, pendant une partie de l’époque romaine, la mer recouvrait cette tourbière, et que son niveau a baissé graduellement en formant, sous l’action du vent et des marées, un dépôt qu’elle a ensuite laissé à sec. La constitution géologique des terrains qui forment les côtes occidentales de la France confirme cette hypothèse. (Jn peut donc conjecturer que cet abaissement lent du niveau des mers qui entourent la France est un fait général ; mais il peut être masqué partiellement par des causes locales, et, en tout cas, de nouvelles observations sont nécessaires pour l’établir d'une manière incontestable.
Kxpérieneev sur la locomotion humaine. — La
façon dont les animaux se meuvent et les conditions mécaniques de chacune des opérations du corps, a été récemment étudiée en Angleterre, d'une façon originale. Lamarche norntalede l’homme est, d’après les résultats obtenus, unmouveinent continuel suivant une ligne droite, sans secousses, dues à des inflexions latérales ou verticales. Dans la marche sur un terrain horizontal, il y a un pied qui repose sur le sol, au lieu qu’en gravissant une pente, les deux pieds s’appuient ensemble pendant un temps plus ou moins long. L’appareil dont il a été fait usage pour démontrer expérimentalement les efforts des muscles et les pressions mécaniques, auxquelles ils donnent lieu, permet d’enregistrer les moindres tensions. Il consiste en chaussures garnies de solides sacs de caoutchouc rempbsd’ipr, communiquant avec des tubes de même matière, à un dynamomètre que l’expérimentateur porte avec lui. Les différents mouvements exécutés au pas, au trot ou à la course, donnent des indications, qui se traduisent par des courbes, représentant graphiquement le travail musculaire effectué.
Encres d’aniline. — La plupart des couleurs de l’aniline solubles dans l’eau fournissent directement des encres de très-bonne qualité, qui ont acquis, dans ces derniers temps, une juste réputation. Le Dingler's polytechnishe journal donne, à ce sujet, des renseignements pratiques qui permettent de préparer soi-môme de ces encres à écrire. L’encre violette d’aniline est la plus répandue. On l’obtient en dissolvant 1 partie de violet bleu d’aniline dans 500 parties d'eau. Elle est bien limpide; elle sèche vite rt présente une couleur foncée très-remarquable. Il est indispensable de l’employer au moyen de plumes neuves, car elle est altérée par la plus petile addition d’encre à copier, ou des encres ordinaires. L’encre bleue se prépare en faisant dissoudre 1 partie de bleu de Paris soluble dans l'eau, dans 250 parties d’eau bouillante; l’encre rouge en dissolvant 1 partie de fuchsine soluble dans 200 parties d’eau bouillante. Nous ajouterons que, tandis que les encres ordinaires sont décomposées par de nombreuses substances et notamment par l’acide chlorhydrique, les encres d’aniline sont complètement inaltérables et ne peuvent êlre effacées du papier à la surface duquel elles sont appliquées. Elles résistent à l’action des acides, et môme à celle du chlore.
BIBLIOGRAPHIE
Essai sur les piles, par A. Callaud. — Deuxième édition.
— 1 vol. in-18. Paris, Gauthiers-Villars, 1875.
Ce volume sera consulté avec fruit par tous ceux qui n’ayant pas fait une étude spéciale de l’électricité, voudront
aborder et appliquer celle branche de la science : ils y trouveront des indications sur le choix des piles électriques en vue des usages auxquels on les destine.
Analisi dci tre maggiori lerrcmotti italiani avvenuli nel 1 871, in ordine tpeciulmenle aile fratture del Suolo , mornoria del prof. Michklk Stkfano de Rosst, Roma
Histoire de la gravure typographique, conférence faite au cercle de la librairie, par Gaston Tissandier. — 1 brochure in-S\ au cercle delà librairie, 1, rue Bonaparte, Paris.
ACADÉMIE DES SCIENCES
Séance du ‘lit mars 1875. — Présidence de M. Fuémy.
ftelour de M. Bouquet de la Grye. — Après avoir manqué de bonheur dans l'observation du passage de Vénus, M. Bouquet de la Grye subit encore la rnalechancc en rentrant dans Paris. Huit jours plus tôt, il bénéficiait d’une véritable ovation, mais M. Mouchez a déjà fait la récolte de tous les applaudissements dont les habitués de l’Institut sont capables. Malgré la bonne volonté du bureau, malgré l'éloquente allocution de M. Fremy, l’assistance reste parfaitement froide.
On sait que M. Rouquet delà Grye a établi son observatoire à Pile Campbell ; il savait, avant de partir, que de ce point les chances de voir le passage étaient très-laibles ; aussi, fut-ce avec joie que les observateurs virent, le malin même du passage, le ciel se débarrasser des brumes qui l’obscurcissaient de façon qu’à midi on put observer le passage du soleil au méridien. A 1 heure les trouées dans les nuages permettent encore d’avoir des images admirablement nettes du soleil, et M. Bouquet de la Grye peut observer Vénus, en dehors du soleil, sous la forme d’une masse noire à contours cotonneux; mais des nuages dérobent le phénomène du contact et ne s'écartent un moment que lorsque Vénus est déjà parvenue au milieu de sa course sur le soleil. Cette nouvelle éclaircie, pendant laquelle on constate l’absence de toute auréole autour de la planète ne dure que 20 secondes ; le ciel se couvre alors d’une manière définitive. Le malheur des autres console souvent les malheureux : nos compatriotes constatent, avec satisfaction, qu'à la Nouvelle-Zélande les Anglais ont eu la pluie tout le temps, et qu'aux iles Chalan les Américains ont essuyé le même sort. Parmi ses collaborateurs, M. Bouquet de la Grye signale spécialement M liait, neveu de M. Wurtz, et qui a fait preuve d'une persévérance remarquable Ce jeune savant, qui est présent à la séance, est resté 02 nuits de suite l’oeil à la lunette, épiant les étoiles au travers des éclaircies de la ealollc de nuages qui le recouvrait. L’expédition, 'empêchée de faire de l’astronomie, s’est rejetée sur d’aulriS genres d’observation. On a étudié graphiquement le régime des marées et celui des vents. Le raz de marée et le coup do vent sont des traits normaux delà météorologie de ce singulier pays. L’intensité de la pesanteur a été l’objet d’études spéciales, au moyen d’un pendule à enregistrement électrique. Enfin, de très-nombreuses collections d’histoire naturelle, animaux, végétaux et roches, ont été recueillies et seront prochainement étudiées.
Les Vorluguis cl l'Australie. — La lettre dont nous avons parlé la dernière fois, et dans laquelle Manuel de Hcredia constatait, au seizième siècle, la connaissance de
l’Australie par les Portugais, a été renvoyée à M. Boussingaull, en le priant d'en donner une traduction française. M. Boussingault apporte sa version aujourd’hui : Heredia s’adresse au ministre et, après des compliments de condoléance à l'occasion de la mort toute récente de Vasco de Gaina (1524), émet son opinion quant aux tentatives qu’il faut faire pour réaliser la découverte de l’or dans les Indes. L’itinéraire qu’il propose, parlant de Malaca, passe par Solor, puis, moyennant la traversée de la mer d'Or, à Timor, et de là à Saboul. Si l’on trace celte route sur une carte, on constate qu’elle aboutit à la Terre de Wilt et à la Terre de Van Diémen. Maintenant, comment se fait-il que l’Australie, où les dépôts aurifères ne sont connus que depuis trento ans à peine, ait porté dès le quinzième siècle le nom de Terre d'Or? C’est une question dont l’étude ne peut manquer d’être très-intéressante.
Élection. — La section de mécanique avait à élire un correspondant à la place laissée vacante par le décès de M. Fairbairn. Sur 53 votants, 44 désignent M. Boileau; 8 voix se portent sur M. Bazin. Il y a \ billet blanc.
Gisement du platine de l'Oural. — On sait que le platine n’a pas encore été trouvé en place ; il constitue toujours des pépites et des paillettes dans les terrains de transport; mais il se trouve souvent associé avec le fer chromé. M. Daubrée a fait rechercher dans les célèbres gîtes de Nijni-Tagilsk, les fragments de roches qui pourraient contenir des petites grenailles de platine, et il en dépose des échantillons sur le bureau de l'Académie. L’un d’eux, pesant 2 kilogrammes, offre des lignes blanches d’un aspect très-caractéristique; mas ce sont des traces toutes superficielles, dues peut-être à la friction de quelque pépite. La roche, analysée avec soin, n’a pas offert la moindre trace de platine; elle consiste en une association de dialloge et de péridot, renfermant des veinules de serpentine. C’est la roche qui contient normalement le fer chromé. On sait que le platine de l'Oural contient souvent de 12 à 15 pour 100 de fer. Quand on en opère l’affinage par les élégantes méthodes de M. Henri Sainte-Claire Deville, on obtient comme résultat final un culot métallique enveloppé d’une scorie de fer oxydulé, c’est-à-dire (le chrome en moins) la même association qu’on observe dans la nature, et M. Daubrée en conclut, avec une bien grande apparence de raison, qu'à l’origine, le platine, le fer et le chrome pouvaient être alliés directement ensemble, et que la séparation, l’affinage naturel si l’on veut, s’est produite à la suite d’une oxydation partielle.
Stanislas Meunier.
TROUVAILLE DE VALLOBY