‹ La Nature 1875 S1Chapitre 152 sur 224 · SIR CHARLES LYELL · texte numérisé non relu

SIR CHARLES LYELL

Le journal anglais Nature vient de consacrer un chapitre à la mémoire du grand géologue, dont nous avons annoncé la mort

Lycll, dans ce grand ouvrage, fournit des aperçus nouveaux à la géologie; il se présente comme un des fondateurs de la théorie de l’évolution dans l’histoire du globe, et oppose aux doctrines des révolutions et des créations successives de Cuvier, l’idée de modifications graduelles dans la formation de l’écorce terrestre. 11 s’efforce de montrer que, pour expliquer l’origine et la structure de l’épiderme solidifié du globe, il suffit d’évoquer seulement les causes actuelles, en admettant, dans l’histoire de la terre, des périodes chronologiques d'une durée considérable. Il commence ainsi à frayer un chemin à Darwin, qui va continuer son œuvre, en ce qui concerne les espèces.

L’esprit de sir Charles Lyell, dit son biographe anglais , était toujours

(\oy. p. 222). Nous lui emprunterons quelques détails intéressants sur la vie d’un savant dont le nom restera attaché aux progrès des sciences naturelles.

Dès son enfance , Lyell a déjà un goût particulier pour les fleurs , pour les insectes, pour les pierres.

Ses camarades le considèrent comme un chercheur, comme un naturaliste : il aime le silence, la solitude dans 1 1 campagne ou dans les bois. Et quand on demande à l’école :

« Où donc est Lyell. » On répond aussitôt : « Il cherche la vérité au fond d’uu puits, d

Charles Lyell aime en

alerte, toujours ouvert à des implosions nouvelles; il savait se concilier les sympathies, et il professait un amour profond pour la nature. L'aspect de la mer avait le privilège de l'émouvoir, d’une façon particulière, et jamais il ne se lassait de promenades sur la plage , qu'il parcourait seul en méditant les grands problèmes do l’histoire de notre monde.

Lyell était l’élève du savant Uorner, dont il épousa la fille. Le grand géologue a trouvé, dans la compagne de sa vie, un collaborateur plein d'intelligence et de dévouement, qui partageait les

effet la vérité , et , pen-

Sir Charles Lydll,

dangers do ses voyages.

dant le cours de sa longue ni le 11 novembre 1797 , mort le iî février 1875 . Sir Charles Lyell a, Cil

carrière, il lui sacrifie ses

éludes patientes, ses observations pleines de sagacité, ses pensées hardies et profondes.

La nomenclature de ses premiers écrits montre qu’au début de sa carrière il produit des œuvres nombreuses et originales ; des recherches sur les dépôts anciens et récents du Forfarshire, son pays natal, sur les diverses couches de terrain du Hampshire ; des observations faites sur les mouvements du sol et sur d’autres phénomènes en Scandinavie, sur les volcans de l’Auvergne; des notices diverses sur les dépôts tertiaires de sa patrie et du continent, sur différentes parties de l’Amérique, apparaissent successivement dans le monde scientifique. 11 y a environ seize ans, Lyell publia un mémoire remarquable sur le mont Etna. Enfin, plus tard, le fruit de ses travaux, au lieu de se trouver disséminé en monographies, est recueilli dans ses beaux Principes de géologie.

effet, accompli des voyages considérables, où il a' puisé en partie les éléments de. ses observations et de scs doctrines; il parcourut notamment l’Amérique, et recueillit en quatre volumes les études qu’il entreprit sur les phénomènes naturels .

Mais l’œuvre où se retrouve surtout la marque du génie, est sou ouvrage des Principes de géologie, traduits dans toutes les langues, et en français, eu 1840, sous la direction d’Arago. Dans une longue introduction, l’auteur résume l’histoire des progrès de la géologie dans tous les temps, puis il développe, d'une façon magistrale, les évolutions successives du globe, en invoquant pour les expliquer des actions analogues à celles qui s’accomplissent encore sous nos yeux.

Le Propriétaire-Gérant : G. Tissaxdiir.

(.'.on de il. Tvp. et stér. Caàrn.

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