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THE TAY DIUDGE » EN ÉCOSSE

Nous avons donné précédemment quelques renseignements sur cette grande construction qui abrégera de 40 kilomètres la distance, qui sépare Edimbourg d'Aberdeen et Dundee de Londres l . Quand les travaux seront achevés, le Tay-Bridye sera le plus vaste pont du monde. Il aura plus de 3 kilomètres, c’està-dire 3,150 mètres. Depuis la rive sud, celle du comté de Fife, on rencontre successivement : trois arches de 18 mètres de portée; deux de 24 mètres ; vingt deux de 30 mètres ; quatorze de 60 mètres ; seize de 30 mètres; vingt-cinq de 20 mètres;

* Voy. la Nature, !'■ année 1873, p. 47.

Construction du pont de Tay, en Écosse. — Flottage d. s piles à l'aide de pontons.

une de 48 mètres ; et enfin six de 8 mètres, ce qui forme un ensemble imposant de quatre-vingtneuf arches, reliant le Nord British au Caledonian railvay.

En commençant par cette meme rive droite, la voie court sur la partie supérieure des fermes des vingt-trois premières arches; elle est de 23'“, 70 audessus du niveau de la haute mer, mais en arrivant aux quatorze arches de GO mètres de portée, qui franchissent le canal navigable du fleuve, les rails sont placés sur la partie inférieure du bâti qui est surélevé de manière à être dans le plan supérieur des fermes des autres arches et ils se trouvent ainsi à 2G“ , ,75, et au-dessus des eaux quand elles battentle plein. La voie reprend ensuite sa position première qu’elle continue jusqu’à ce qu’elle ail atteint l’autre rive, excepté toutefois eu franchissant l'arche de 48 mètres de portée.

Les cinq premières arches forment une courbe de 402 mètres de rayon ; puis le pont se dirige en ligne droite jusqu'aux seize arches de 3G mètres; à ce point il décrit une nouvelle courbe également tle 402 mètres de rayon, en formant presque un quart de cercle ; cette disposition était commandée par la situation de la voie du Caledonian raihvay qui longe le fleuve et qu’il fallait rattacher à celle du pont orienté lui-même du sud au nord.

On a adopté pour la construction et le fonçage des piles une méthode nouvelle spécialement appropriée aux tleuves à courant violent, qui charrient des blocs do rocher et dont le fond solide et résistant n’est recouvert que d’une petite épaisseur do dépôts d’aliuviou, ce qui présente un obstacle à l’emploi des échafaudages sur place. Sur un massif de béton disposé à cet effet sur la partie du rivage qui découvre ,à basse mer, on monte d’abord les tubulures des piles jusqu’à une hauteur de 4“, 50. Quand la marée monte, ou amène au moyen de pontons, les fermes que l’on fixe à l’aide de consoles, aux lianes de cos tubulures, puis ou monte ces dernières de façon qu’une fois en place, leur niveau supérieur dépasse celui des basses eaux. Puis les fermes sur lesquelles reposent les pompes hydrauliques qui doivent faire descendre les tubulures, sont mises en rapport avec les armatures attachées à la base du pilier pour en faciliter la descente. On ramène les pontons sous les fermes pour conduire les tubulures en place, à marée haute.

Les neuf premiers caissons ou tubulures des piles furent construits isolément, soulevés et mis en place séparément ; mais il était difficile par suite du peu d'assiette de leur base cylindrique, de les empêcher de se déverser durant le fonçage, d’autant que de gros blocs de rochers entraînés par les eaux venaient souvent les heurter pendant l’opération. On abandonna cette méthode, et on les accoupla à leur base par deux longues faces parallèles, terminées en amont et en aval par des surfaces courbes. Le nouveau procédé réussit complètement : avant d’arriver à la pile n° 9 on avait déjà vu chavirer trois tubulures,

mais depuis l’adoption des piles accouplées, il ne s’est produit aucun accident.

Notre gravure représente le flottage des piles au moyen des pontons sous le point où elles doivent être coulées. La construction des piles accouplées s’opère à l’aide de l’air comprimé, et nous renverrons à ce sujet nos lecteurs, sur la description qui a été donnée précédemment de cette méthode 1 .

Nous dirons cependant qu’un caisson de fer oblong, terminé circulairement à ses extrémités et ayant 90 centimètres de hauteur, G ,n ,80 de longueur et 3 m ,13 de largeur, est posé à marée basse et à sec, sur le massif en béton dont nous avons parlé précédemment. Puis on le recouvre d’un chapeau de fonte de 1"',50 de haut, et garni à sa partie supérieure d’une grande cornière de 75 centimètres de large. L'espace compris entre ces deux pièces sert de chambre de travail durant le fonçage des tubulures. Sur la cornière, comme assise, on élève une maçonnerie de briques de 2 m ,85 de diamètre, au centre de laquelle on réserve une âme vide de I '“,20. Cette maçonnerie est entourée d’une chemise de fonte que l’on monte jusqu’au niveau des basses mers; ou laisse un vide de 5 centimètres, qu’on remplit ensuite avec un bain de ciment. Au-dessus de la partie ainsi achevée, on ajuste des bagues ou tubulures provisoires, soit en fonte, soit en fer, de manière à dépasser le niveau de la haute mer d’environ f m ,80. On continue à monter la maçonnerie de façon à ce que son poids empêche le soulèvement de la pile au moment de l’introduction de l’air, destiné à la mise en place définitive.

La plus grande profondeur de la rivière est à la pile n* 20, à environ GG0 mètres do la rive sud ; aux basses mers de l’équinoxe du printemps, cette profondeur est encore de 7“’, 50. Le lit du lleuve, dont la pente est presque insensible à partir de la rive sud jusqu’à la pile n° 21, se compose d’une marne rouge très-dure, qui recouvre un grès rouge et est ellemême recouverte par un stratum de cailloux et de blocs de rochers, dont l’épaisseur varie de 15 à 60 centimètres. Les fondations des piles reposent tantôt sur le grès qu’on nivelle avant d’y placer le béton, tantôt sur la marne dont l’épaisseur varie de 5 à 4 mètres. À partir de la pile n° 21, le fond du fleuve se relève brusquement et forme l’amorce d’un puissant banc de sable, si bien que la pile n° 24 ne plonge que de l m , 50 dans l’eau. De ce point jusqu’à la rive nord, le fleuve coule sur un fond de sable qui couvre entièrement le grès rouge, ainsi que les marnes bleues et dont une grande partie découvre à la basse mer.

Les travaux ont été commencés en 1872, et malgré les terribles vents N.-O. et S. -O. qui soufflent en tempête surtout pendant les équinoxes et qui ont parfois arrêté les travaux pendant trois semaines, on espère que le pont sera incessamment livré à la circulation*. ^

— La lin prochainement. —

‘ Voy. 1™ année 1873, p. 148.

* The Engineer. — Encyclopédie d archilec'ure

Là CULTURE DU SAUMON

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