‹ La Nature 1875 S1Chapitre 177 sur 224 · LA NAITRE · texte numérisé non relu

LA NAITRE

des plaines sans vie' que la végétation abandonne. ! Non loin de là, dans la vallée du Spiti, l’espèce lui- I mainc affecte des aspects tristes et dégradés, ainsi qu’on pourra s’en convaincre par la vue des types qui accompagnent cette notice.

Les altitudes de l’Amérique, plus connues, plus p.cuplées et plus sympathiques d’aspects, ne parais- :

sent pas mériter la réputation de salubrité inaltérable qu’on s’est plu à faire à ses admirables plateaux. La vie s’v développe, il est vrai, avec les apparences les plus prospères ; mais une certaine faiblesse native, des habitudes apathiques et la marche des maladies sont de sûrs indices d’une action affaiblissante du climat sur scs habitants.

Type* d'indiens 1 nl>it:int 1rs hauts plateaux du Pérou.

La statistique est là d’ailleurs pour prouver que la | ginale qu’intéressante sur la maladie et la mort du progression des hommes est, en général, moins consi- célèbre voyageur Victor Jacqurmont. Tout le monde dérable sur les plus hauts niveaux, que dans les voudra lire ce curieux passage du livre, d’où s’exhale parties intermédiaires ou tout à fait inférieur! s, comme le sentiment d’une bonne action, sous forme abstraction faite des pays essentiellement mnréca- 1 de tribut à la mémoire d’un jeune martyr de la geux. science.

,111. — A propos de constitution pathologique des IV. — Sous le titre de Climats de montagne, la altitudes, M. Jourdnnet n eu l’heureuse pensée d’en- 4° paitie du livre de H. Jourdnnet. envisage les concadrer dans son sujet, non comme un hors-d’œuvre, ditions de vitalité qui sont faites à l’homme par la mais comme preuve à l’appui, une étude aussi ori- résidence dans les pays montagneux, à des hauteur 0

Jj(

Lie salé de T omonri (Tiuet occidental). — 4,600 mètres d’altitude

modérées, lorsque la raréfaction do l’air n’est pas encore arrivée au point de vaincre l’affinité des globules du sang pour l’oxygène. C’est le cas le plus ordinaire de nos montagnes européennes. D’après M. Jourdanet, rien ne prouverait que ce que l’on se plaît à appeler l’air vivifiant des montagnes ait une influence plus favorable que l’air des plaines pour la santé des natifs et des habitants acclimatés. L’action excitante et tonique des contrées montueuses, devenue évidente comme fait d’observation, se remarque surins voyageurs, sur les nouveau-venus, mais nullement sur les natifs et sur les résidents habituels de la montagne. La statistique ne prouve pas d’ailleurs que les pays montagneux soient mieux partagés que les plaines eu égard à la mortalité. La conviction contraire ressort plutôt de l’étude des chiffres, du moins en ce qui regarde la statistique des départements français.

V. — Les Transitions de niveaux font le sujet de la 5 e et dernière partie du livre que nous analysons. L’auteur a recueilli, et il nous transmet un grand nombre d’observations intéressantes sur les effets du passage de la base au sommet et du sommet à la base des montagnes. D'après lui, aucune organisation ne saurait être insensible à ces transitions et nous devons avouer que les preuves qu’il en douue par des exemples, attestent que les phénomènes causés par ces migrations, s’ils ne constituent pas un fait général, sont du moins assez fréquents pour qu’on ne puisse méconnaître la puissance de la cause qui les provoque.

C’est à regret que nous arrêterons ici notre examen. En somme, le livre do M. Jourdanet nous paraît mériter l’attention par son originalité, par l'importance de ses aperçus et par son exposition. Nous en recommandons également la lecture aux gens lettrés et aux hommes de science.

Page 1