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LA A ALLÉE DE MEXICO

La vallée de Mexico appartient à ce soulèvement général du Mexique, dont la grande étendue forme un des accidents de la surface terre.'tre les plus dignes de notre étude et de notre admiration. On sait aussi que, différant en cela des procédés communs à la plupart des grandes chaînes, les montagues qui concourent à former la majestueuse enceinte au milieu de laquelle est bâtie la capitale du pays, s’élèvent ostensiblement avec brusquerie au centre d’une plaine considérable dont les péripéties rocheuses et les masses saillantes, partout clair-semces, ne parais-

sent affecter aucun lien qui les unisse dans une mutuelle dépendance. Cette soudaineté apparente du soulèvement n’est pas un des moindres motifs de surprise pour le voyageur qui vient de parcourir, en plaines élevées, la distance monotone s’étendant de Uerote au plateau de San Martin Tesmelucan. 11 a peine à comprendre que cette longue série de terres plates et sablonneuses, trop souvent arides, puissent tout à coup lui présenter une barrière dont les hauteurs abruptes apparaissent de loin comme un obstacle que ses pas seront impuissants à franchir. Mais

t en approchant davantage, les pentes ne tardent pas I à s’adoucir et à ménager des détours plus accessibles qui en dissimulent les aspérités. On les envisage alors ’ sans nulle crainte, on en admire avec ravissement les sites souvent pittoresques et c’est au milieu d’une forêt de pins et de chênes séculaires qu’on dépasse 5,000 mètres dans un passage facile qui conduit au versant intérieur de la vallée.

Ap rès quelques centaines de mètres d’une descente sans accidents bien prononcés du sol, le paysage se découvre tout à coup, éclairé par une lumière des

étendue tiès-considérable, qui ne peut pas être évaluée à moins de cent soixante lieues carrées de superficie. Quelques collines isolées et même des mamelons montagneux lui donnent çà et là une grande variété d’aspects; mais on peut dire, malgré ces iné galités peu nombreuses, que le sol le plus habité de la vallée est d'une hauteur générale variant de 2,275 à 2,500 mètres. La ville deMexicoen forme un des points les plus déclives. De là, les dangers qu’elle court et sa situation prédire au point de vue des

cours d’eau. On peut en réalité considérer le sol sur lequel elle repose comme une dépendance du lac de Tezcoco, dont le lit vaguement défini ne présente nulle part des bords élevés capables d’en circons- | crire et limiter l’étendue. Le fond de cette lagune est la partie la plus basse de la vallée. Si les eaux cessaient un moment de l'occuper pour permettre à nos regards d’en apprécier les contours, nous tomberions dans une bien grande surprise ; car notre vue ne | poi tarait que sur une plaine considérable, au milieu

Vuo de la partie sud-est des montagnes de la vallée de Mexico. (Popouatepell, 5,400 mclres; Ixtaccihuall, 4,700 mètres d'altitude.)

de laquelle il serait impossible de reconnaître la moindre inégalité de niveau tant il est vrai que les ondulations y sont peu marquées, C’est dans ce bassin, si légèrement creusé, que les eaux se déposent. Aux époques modernes, arec leur hauteur la plus habituelle, elles couvraient une étendue de dix lieues carrées. J’ai vécu dans la capitale du Mexique sous l’impression de cet état de choses. C’est aussi cette situation qui a inspiré mes premiers écrits, dès 1801 . La profondeur des eaux, appréciée par la moyenne i de l'année et prise aux points les plus déclives, ne |

dépassait pas alors 45 centimètres, et nous considérions Mexico comme étant distante de 4 kilomètres des bords de la lacune. Nous nous trouvions fort à l’aise, en ce temps-là. Nos chaussées | rincipales étaient à sec. Les diligences passaient librement de la porte de Saint-Lazare au Penon Grande, faisant route vers Yera-Cruz. Les voitures voyageaient en liberté, transportant les baigneurs au Penon de los Danos. Les cultivateur se préservaient aisément de l’irruption des eaux par les eudiguements les plus ordinaires ; ils tenaient leurs terrains à sec pendant

toute l’année et environnaient la capitale de productions agricoles, utiles et rémunératrices. Néanmoins, il faut l’avouer, même alois, des pluies trop abondantes et d’autres accidents dont nous parlerons plus loin venaient de temps en temps nous menacer de porter le contenu de la lagune au-delà de Mexico, souvent alarmée et quelquefois victime passagère de ce déplorable accident. On comprendra d’ailleurs sans I peine la possibilité de ces revers par le nivellement dont nous allons faire une étude succincte.

« Six lacs occupent des étendues considérables et variées vers le lond de cette immense vallée. Trois sont situés au nord de la capitale : le Sau-Cristobal, le Xaltocan et leZumpango. Le Chalco et le Xocliimilco sont au sud-est de la ville. Le Tezcoco s’étend dans la direction de Test. Dans leur ensemble et aux époques de moyenne hauteur de leurs eaux, ils occupent environ vingt-trois lieues carrées de surface, dans la proportion qu’on va lire :

ÉTENDIE

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