LA MINÉRALOGIE MICROSCOPIQUE
La connaissance des minéraux formant la base de l’étude des roches, on conçoit que la minéralogie microscopique soit le prélude de la pétrographie. Le microscope, qui a fourni dans ces dernières années de si grands résultats dans les autres branches de l’histoire naturelle, a conduit à des découvertes d’une grande fécondité dans la minéralogie. Il ne suffit pas d’examiner à la loupe un fragment de roche, pour discerner les caractères empreints sur la cassure; le grossissement n’est pas assez considérable et lus cristaux qu’il peut contenir restent iua-
* Yoy. 2‘ année 1874, 2* •omettre, p. 541.
perçus. En réduisant ce fragment à l’état de lamelle très-mince, on lui donne un degré de translucidité suffisant pour en découvrir la structure intime. C’est à C. Sorby, géologue anglais, que l’on doit cette manière d’opérer ; il débuta en découvrant des gouttelettes d’eau renfermées dans le granité ; les savants allemands continuèrent ces recherches avec une assiduité qui fournit maintenant une riche moisson de faits nouveaux. Ce nouveau genre d’études pétrographiques a amené en Allemagne la formation de deux établissements industriels qui deviennent chaque jour plus importants : celui de Eues, à Berlin, et celui de Voigt et Hochgosang, àGottingen; leur outillage est assez bien organisé pour livrer au commerce des quantités considérables de ces préparations microscopiques. Mais remarquons que si cette étude nouvelle s’est développée en Allemagne, son origine se trouve en France, où l’idée d’utiliser le microscope en pareille matière a été préconisée par Dolomieu et Fleurian de Bellevue. Cordier basa aussi la classification des roches, d’après les notions retirées de l’emploi de cet instrument.
ün prépare les lamelles de minéraux destinés à l’observation en les usant à l’émeri sur une surface dure, telle qu’une plaque de fonte; tantôt l’opération se fait à la main, tantôt avec un appareil mécanique qui abrège le travail. Quand le fragment e-t réduit à une épaisseur suffisante pour permettre do bien apprécier les caractères qu’il renferme, on le décolle du bloc de verre, auquel on l’avait, rendu
- adhérent, afin de le rendre plus maniable, et on le
- fixe avec du baume de Canada sur les lamelles dites :
porte-objet. Ou retrouve par l’examen microscopique les matières contenues dans les roches, du sel marin, du salpêtre, des matières organiques azotées et quelquefois des organismes infiniment petits dans les formations calcaires. Les résultats dans ce genre de recherches exigent une grande patience, et nécessitent un examen minutieux sur un grand nombre de préparations.
Quand on examine une coupe de roche, on doit y appliquer un grossissement proportionné, ni trop faible, ce qui empêcherait de discerner la structure, ni trop fort, ce qui serait préjudiciable à la netteté, condition première de toute bonne observation. La lumière polarisée est d’un grand secours au minéralogiste, dans ses recherches sur les propriétés opliquesde certains cristaux ; sans ce moyen de recherche, les plus importants échapperaient à l’investigation. C’est, du reste, une des plus curieuses expériences, que de rechercher par les brillants effets de la polarisation, le scintillement de petits cristaux, offrant l’aspect d’autant de pierres précieuses. Les microscopes destinés aux études minéralogiques sont aussi pourvus de goniomètres, appareils servant à mesurer les angles des plus petits cristaux ; il suffit d’un simple mouvement du doigt, pour mettre l’appareil en observation et lire ensuite sur la platine lour-
| liante le degré compris dans l’angle cherché.
i Un des faits les plus curieux révélés par l’usage du
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microscope est la présence des bulles de gaz ou de liquides inclus dans les minéraux. Le saphir, le rubis, le spinelle, l'émeraude, contiennent dans leurs cavités un liquide peu dilatable, baignant ^des cristaux qui se dissolvent par la chaleur, et se reforment
ensuite par le refroidissement. On a cherché, au moyen de l’analyse spectrale, quelle était la nature des liquides ainsi enveloppés. L’action de la chaleur était appliquée au moyen d’un fil de platine rougi par un courant galvanique, et les gaz recueillis au
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Yariolithe du Drac.
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moment de la décrépitation étaient étudiés dans le vide. On a reconnu, à différentes reprises, que l’acide carbonique prédominait; suivant Vogekang et Geissler, il y existait, soumis à une pression de 75 atmosphères.
Les gravures ci-dessus représentent différentes coupes de minéraux; malgré le degré d’exactitude
qu'elles possèdent, elles sont impuissantes à traduire la liuesse de la contexture et les tons brillants des sujets. Nous devons les échantillons qu’elles représentent à l’obligeance de M. Fouqué, professeur au Collège de France, qui a bien voulu mettre à notre disposition ses nombreuses collections.
J. Girard,