LES OISEAUX MANGENT DES CAILLOUX
Chacun sait que l’on trouve dans le gésier, estomac des oiseaux, de petites pierres, des fragments de silex, du sable, etc. C’est à la suite d’un sentiment réfléchi que l’oiseau ingurgite ces petits fragments
minéraux ; ils lui sont indispensables, et sans eux le granivore serait dans l’impossibilité d’utiliser ses aliments.
Les oiseaux ne pouvant broyer leurs aliments pendant la déglutition, ces aliments arrivent intactsdaus l’e'tomac ; c’est là que les cailloux remplissent leur rôle utile. Le gésier est une poche musculaire, revêtue à l’intérieur d’uue membrane cornée; lorsque les aliments du volatile, les grains par exemple, sont introduits dans cette poche, ils sont ramollis par le suc gastrique, et une série de contractions du gésier met le bol alimentaire en mouvement; les grains se trouvent heurtés, serrés, déchirés, triturés par les cailloux et les grains de sable que contient le gésier; ils sont bientôt suffisamment divisés pour passer dans les intestins et être digérés.
Chez les oiseaux, les cailloux et le sable du gésier jouent donc le rôle des dents chez les mammifères ; ils servent à la trituration des aliments. Comme je le disais plus haut, ils sont indispensables aux volatiles, et dans les basses-cours on doit toujours se préoccuper de mettre les volailles à même de recompléter leur râtelier intestin ; car ces cailloux s’usent à la longue par le frottement., et certains, selon leur nature, sont décomposées par les sues gastriques.
L’instinct des oiseaux eu domesticité les pousse, lorsqu’ils no peuvent se procurer les fragments de silex ou les grains de sable qu’ils affectionnent, à rechercher des substances équivalentes pouvant remplir le même rôle ; c’est, ainsi qu’ils avalent des fragments de brique concassée.
Un observateur m’assurait que les oiscanx de bassecour mangent du ciment. Cela est exact de tout point,
| et j’ai pu m’en assurer une fois de plus eu mettant une certaine quantité de cette substance à proximité de ma basse-cour ; en quelques jours, tout avait été absorbé.
On comprend combien doivent souffrir des volatiles parqués dans une volière, une cour pavée ou tout autre endroit où ils ne peuvent reconstituer leur provision de molaires du gésier. La trituration des aliments est pénible et incomplète; les digestions en deviennent difficiles, des maladies d’intestins se déclarent. Comme la cause agit sur toute la basse-cour, les effets se font sentir sur la masse, et souvent de prétendues épizooties n’ont d’antre origine que la méconnaissance des principes élémentaires de l’hygiène des hôtes de basse-cour.
Jui.es Benoît.