TOURBIÈRES DU NORD DE LA FRANCE
La tourbe forme une partie considérable de la superficie de notre sol, et sou importance industrielle ajoute à son intérêt scientifique. M. H. Debray vient d’étudier d’une. façon complète les tourbières du nord de la Fiance, et ses observations sont de celles qu’il est utile de signaler. Le savant géologue a reconnu que les tourbières du nord, dont l’épaisseur totale est en moyenne de trois mètres, renferment en abondance des bois des espèces suivantes : chêne, frêne, sapin, noyer, sorbier, bouleau, saule, buis, noisetier, épine. Tous ces bois, le chêne excepté, sont mous, imbibés d’eau, et se coupent comme du savon ; toutes les espèces ont pris une couleur brunjaune ; le chêne est devenu noir. — Les plantes Joncacées, Typhacées, Equisétacées), les mousses, les graines n’y sont pas rares. — On remarque fréquemment aussi des élytres de Douacies. — Les mollusques appartiennent aux genres lluvïatilcs : Cyclas, l'aludina , Limnœa et Planorbis. On y trouve, parmi les coquilles terrestres, des Succinea et des Zonites.
11 paraît probable que la tourbe s’est formée dans un lac d’eau douce d’environ 3 mètres de profondeur; ce lac était séparé de la mer par des dun .s. La mer a ensuite fait irruption dans ce lac ; elle y a séjourné longtemps, et, aune époque postérieure, elle s’est retirée dans les limites actuelles, la brèche ayant été comblée. A quelle époque ccs dépôts ont-ils été formés? La tourbe, outre dos ossements de mammifères, d’oiseaux, etc., renferme des débris humains, des poteries, et même des médailles romaines. Ces objets ont été presque tous recueillis sur la couche du tourbe, ou à une faible profondeur. On peut donc . o que les tourbières étaient presque complètement, sinon entièrement formées à l’époque de la domination romaine.
1 Etude géologique et archéologique sur quelques tourbières du littoral flamand et du. departement de la Somme, par II. Debray. — Société linnéenne du nord de la France, — Décembre 1874. . .
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que nous publions aujourd’hui, font comprendre, mieux que de longues descriptions, quelques-uns des caractères qui les distinguent des chemins de fer européens.
Dans l’un des cantons les plus sauvages de l’Etal de New-York, le chemin de fer de l’Erié croise la vallée du Genesee; c'est un ravin étroit et profond. Les détours de la route carrossable que l’on aperçoit sur la gauche de notre gravure montrent ce que la voie ferrée économise de longueur de chemin à la franchir par un viaduc. Cet ouvrage d’art, que supportent treize piliers, s’élève à 78 mètres au-dessus
Dans les dépôts supérieurs, M. Debray cite la découverte d’une médaille de Trajan ; il a mentionné depuis, dans une note présentée à la Société géologique de France, la découverte de monnaies, dont la plus récente est de l’empereur Posthume.
lia déjà été question, plus d’une fois dans la Nature des chemins de fer américains. Les deux dessins
Réservoir d’eou et locomotive du chemin de fer do l’Érié.
du niveau de la rivière. 11 est tout en bois, les ingénieurs ayant trouvé la charpente sur place tandis qu’il eût fallu faire venir de loin les matériaux d’une construction plus durable. On prétend que chacune des pièces, dont il se compose, peut être remplacée isolément. Si cela est vrai, on ne voit pas pourquoi ce pont, à condition d’être bien entretenu, ne durerait pas indéfiniment.
Le dessin qui représente une locomotive auprès d’un r servoir dont elle reçoit sa provision d’eau, est plus instructif. Remar,uons d’abord la forme massive de ce réservoir, <e qui a sans doute pour but d’empêcher l’eau d’y geler en hiver, car le chemin de fer de l’Erié traverse une contrée où les froids sont rigoureux. L’aiguille placée en avant de la loco-
motive mérite aussi d’attirer l’attention ; elle estd’un modèle primitif que de sages règlements ont interdit en France depuis longtemps parce qu’il en résulte de fréquents déraillements. On n’en trouve plus guère de pareille même aux Etats-Unis, croyons-nous. Les compagnies, condamnées à payer de fortes indemnitésen cas d’accident, se rendent comptequ’elles ont du bénéfice à supprimer les engins imparfaits. La présence de spectateurs à côté des rails nous rappelle que les gares de ce pays ne sont pas closes et bien gardées comme les nôtres. On y entre et on y circule à volonté. Quelques personnes se font écraser de temps à autre; mais la masse de la population apprend à se garer. C’est peut-être un avantage.
Le plus important, c’est la locomotive elle-même. On
voit d’abord à l’avant un énorme éperon en barre de fer; on l’appelle le cow-catcher, le saisisseur de vaches. La voie traverse de vastes prairies où des bestiaux pâturent en liberté. Parfois un de ces animaux se tient entre les rails lors du passage d’un train ; au bruit de la machine, au lieu de s’écarter, il se sauve le long de la ligne en caloppant lourdement et se re-
tournant pour regarder slil est poursuivi. Un mécanicien prudent ralentit alors la marche ou même s’arrête tout à fuit pour laisser à la bête le temps de s’esquiver. D’autres vont de l’avant sans s’en inquiéter ; la vache est mise en pièces par l’éperon et rejetée en dehors do la voie. Tant pis pour le fermier qui néglige de surveiller son troupeau.
Pont en boii sur le Genescc (chemin de fer de l'Érié).
Derrière cet éperon formidable on distingue de petites roues. L’avant de la machine repose en effet non pas sur un essieu unique comme en Europe, mais sur un truc à quatre roues de cinquante centimètres de diamètre. La chaudière qui n’appuie sur ce truc que par l’intermédiaire d’une cheville ouvrière, possède eu outre à l’arrière deux paires de roues de plus grand diamètre accouplées par une bielle ettrèarapprochées l’une de l’autre. 11 résulte de cette combinaison que la locomotive circule aisément dans une
courbe de 150 à 120 m’tres de rayon. Cela facilito beaucoup le tracé des chemins de fer, surtout aux abords des villes et dans les pays de montagnes.
Une cloche placée au-dessus de la chaudière, en arrière de la cheminée, est mise en branle par le mécanicien lorsqu’il sent le besoin de signaler l’arrivée du train. Chez nous, en pareille circonstance, on fait jouer le sifflet à vapeur dont le son strident est désagréable aux riverains de la voie ferrée. En Amérique, le sifflet ne sert que dans les cas imprévus, par