TERRE FRANÇOIS-JOSEPH
Aîm fhtt'./ éft Li cunr.tUi JJ?J‘iXf'in<iéuu
Carte de l'expédition au pôle nord.
bres et navigables , à travers lesquelles des navires pourraient s’élancer jusqu’au pôle; cela est possible si la fortune les conduit et si leur équipage est animé de ce courage, de cette persévérance, à l’aide desquels s’exécutent les grandes entreprises. D'autres savants affirment que la mer libre est un rêve , que des continents glacés arrêtent la navigation, et qu’il faut renoncer à atteindre le pôle, par voie océanique.
En présence de ces opinions opposées, dues à des hommes également compétents, il nous paraît sage de garder une prudente réserve; mais, quels que soieut les obstacles à vaincre, il nous semble aussi que la conquête du pôle nord n’arrêtera pas toujours ies efforts des navigateurs.
Nous n’en prendrons pour garant que ces marches successives, allant sans cesse vers des latitudes plus élevées. Ne dirait-on pas une forteresse d’un accès difficile, autour de laquelle les assiégeants s’approchent peu à peu, et qu’ils entourent, dans la suite des années, d’una ceinture de plus en plus resserrée? Ce tableau est exactement offert en réunissant les points extrêmes, atteints par les navigateurs dans l’océan Glacial, depuis un siècle. Ajoutons que chaque tentative apporte de nouveaux renseignements, donne le fruit de nouvelles expériences , et que les explorateurs de l’avenir, initiés aux récits de ceux qui les ont précédés, marcheront plus sûrement et mieux aguerris. La forteresse investie sans cesse dans un cercle de plus en plus étroit, tombera un jour au pouvoir des vaillants pionniers qui l’assaillent. Les explorateurs autrichiens ne s’en tiendront pas aux tentatives récentes
rjf», ttofti'cr un cr*n/u*.r mnnuJVftt « te /iiyn-uf,
-- -- fiin cra-irei de, J rayer, en- traînetiuj £
qui ont illustré leurs noms et leur pays, les Anglais préparent une nouvelle expédition, qui devra quitter au mois de juin les côtes de la Grande-Bretagne; la France, nous aimons à l’espérer, ne restera pas étrangère à ces grands combats de l'homme contre l'inconnu, et les mystères cachés depuis des siècles derrière l’immense enceinte des glaciers polaires, seront dévoilés à la science.
CHRONIQUE
I,e verglas du 1" janvier I8Î5. — Rarement il est tombé autant de neige, dans nos régions, que du 1 G au 25 décembre 1874, mais plus rarement encore on a vu, à Paris, un si beau verglas que celui du premier jour de l’an. La pluie, tombant vers onze heures du soir sur les trottoirs gelés, s’est vite convertie elle-même eu une masse glacée, mamelonnée, où il était littéralement impossible de faire un pas. On a raconté la curieuse physionomie des rues et des boulevards, où les voilures et les passants se trouvaient subitement arrêtés dans leur marche, dans l’impossibilité où ils étaient d’avancer sans courir quelque danger; nous n’y reviendrons pas; mais nous rappellerons que le verglas n'e-d pas très-fréquent dans les villes, tandis qu’il se produit continuellement à la campagne, où le sol, en hiver, est à une température généralement inférieure à celle des grandes cités. Quanta la neige de décembre, elle a été abondante, beaucoup moins toutefois de celle de 1850. La neigé tomba, cette année-là, sur toute l'Europe, surtout dans le Midi, avec une persistance extraordinaire, et elle recouvrit entièrement d’une couche très-épaisse le sol de la Turquie, de la Grèce et de l’Italie.
L’origine dn thermomètre centésimal. --
M. Lafon, directeur de l’Observatoire et président de la commission dn météorologie de Lyon dont nous avons déjà entretenu nos lecteurs, vient de publier une nouvelle série d’observations météorologiques, suivie d’une intéressante notice historique, à laquelle nous empruntons les lignes suivantes au sujet de l’origine du thermomètre:
« Le premier thermomètre qui ait été vu à Lyon fut envoyé, en février 175G, par Duhamel, membre de l’Académie des Sciences, au P. Duclos, directeur de l’Observatoire que les Jésuites avaient fait bâtir au-dessus de la chapelle du collège. Ce thermomètre avait été construit d’après les principes de Réaumur; il fut employé pendant un certain temps. En membre de 1 Académie de Lyon, nommé Christin, remplaça l’alcool par le mercure, comme l’avait déjà fait du reste Fahrenheit, en 1724, et Desauvage, deMontpellier, en 1736. Christin ayant versé dans un tube terminé par une boule une quantité de mercure dont le volane pouvait être représenté par GGOÛ à la température de la congélation de l’eau, trouva que ce volume devenait 6700 quand le tube était plongé dans l’eau bouillante. Le mercure s’étant dilaté de 100 parties, Christin trouva tout naturel de diviser en 100 parties égales l'espace parcouru par le mercure, en ajoutant que ces nouvelles divisions, plus petites que celles de Réaumur, seraient plus en harmonie avec les sensations causées par les variations de température. Telle fut l’origine du thermomètre centigrade qui ne tarda pas à se répandre sous le nom de thermomètre de Lyon. Quatre ans après, c’est-à-dire en 1746, Cassini, qui était l’opticien en renom à Lyon, en avait déjà vendu
sept cents à Paris, aulant en Provence et en Dauphiné ; à Londres même, il était très-répandu, d’après Deluc. »
1,’liétéroplastie. — M. le. docteur B. Angora récemment entrepris des recherches intéressantes et des observation cliniques sur la transplantation de certaines parties de peau empruntes à des membres amputés et appliquées ou appropriées à certaines pertes de substance, dans le but d’en obtenir la cicatrisation chez d’autres sujets. M. le baron Larrey a proposé de donner au procédé nouveau le nom d ’hétéroplasiie.
o En donnant des soins à un blessé atteint d’une vaste brûlure du pied et de la jambe, dit M. Angcr, j’ai songé d’abord à activer la cicatrisation en employant les greffes épidermiques autoplastiques, conseillées et appliquées par M. Reverdin (do Genève); mais, comme il me semblait difficile, de me procurer un nombre suffisant, de greffes sur le sujet lui-même,' j’essayai dotes prendre sur des membres amputés à d'autres sujets, et je réussis. Ce premier succès de greffes hétéroplastiques me donna l’idée d’opérer avec des greffes dermo-épidermiques, obtenues de la même façon. Je réussis encore, et je fus ainsi conduit à présumer que probablement je réussirais également en transplantant des greffes qui comprendraient toute l’épaisseur delà peau et même le tissu cellulaire sous-eutané. Une première greffe cutanée hétéroplastique fut pratiquée, à l’aide de lambeaux qui comprenaient toute l’épaisseur de la peau et qui avaient été pris sur la face palmaire d’un doigt amputé. Les greffes cutanées avaient 1 ou 2 centimètres de circonférence, et furent appliquées sur la jambe ulcérée d'un autre sujet, une ou deux minutes après l’amputation; elles furent maintenues à l’aide de bandeletles de diachylon. Trois jours après, j’enlevai les bandeletles et je constatai que les parties greffées étaient intimement unies à la surface de la brûlure, et manifestement vascularisées. »
I.**s oiseaux <-ti assi-s par le froid. — Reniant la période de froid qui a duré depuis le 1 2 décembre 1874, jusqu’à la fin du même mois, on a remarqué en Angleterre qu’un grand nombre d’oiseaux appartenant à des espèces qui n’ont pas l'habitude de quitter le pays, tels que des alouettes, s’étaient réunis en bandes considérables, comme s’ils méditaient de chercher un climat moins rude. On a vu également se réunir des vols abondants d’oiseaux migrateurs. Évidemment, ces oiseaux fuyaient devant une température devenue subitement trop sévère.