I.cs médailles de la Société royale de lon
,lr,. s . - — La Société royale de Londres a décerné, dans sa séance annuelle du 50 novembre dernier, ses médailles pour l’année 1874 aux savants qui, par l’ensemble de leurs travaux ou par l’éclat de, leurs découvertes, lui ont paru le plus dignes de cet honneur. Ces médailles sont, comme on lésait, désignées par le nom de leurs fondateurs. M. Pasleur a obtenu la médaille Copley pour ses recherches sur la fermentation et sur la maladie des vers à soie. La médaille Rumford a été décernée à M. Norman Lockyer pour l’usage qu'il a fait de l’analyse spectrale, aussi bien pour ses recherches sur la composition du soleil que pour retrouver les différents éléments chimiques entrant dans la composition des corps célestes. Une médaille royale a été accordée à M. Sorby, pour ses recherches sur le clivage des roches slialifiées et sur l’étude minutieuse des éléments entrant dans leur composition avec un speelro-microscope de son invention. Une autre médaille loyale a été décernée à M. Williamson, pour ses études de zoologie et de paléon-
lologie, notamment les découvertes faites dans la structure I des plantes fossiles de la période carbonifère.
Le déblaiement de l'Acropole. — On se rappelle | qu’avant la guerre M. E. Burnouf, directeur de l'Ecole d’Athènes» fils du Burnouf dont les collégiens d’autrefois ont fous appris la grammaire grecque, avait formé le projet de déblayer l’Acropole d’Athènes, de même que les Allemands avaient formé celui de déblayer l’Olympie. Le Reichstag a voté, à cet effet, une somme de 57,000 thalers (environ 200,000 francs). En présence des obligations de la France, et l’État ne pouvant rien faire pour faciliter ces recherches, l’évaluation des travaux accusant un vo- i lume de terre à enlever, qui n’est pas moindre de il 0,000 mètres cubes, M. Burnouf fait appel à ses amis de Marseille et de Paris, Grecs ou autres, faisant ou non partie de l’Association pour les études grecques, pour réunir la somme de 150,000 francs, qui lui est nécessaire. Nous voyons tous les jours les récits intéressants des découvertes qui sont faites sur le vieux sol de Rome; combien il doit être plus important de déblayer le sol de cette vieille Athènes, berceau des arts, et qui nous a fourni déjà tant de chefs-d'œuvre. Espérons que nous ne nous laisserons pas devancer par les Allemands dans ces recherches qui passionnent à bon droit tous les amis do l’antiquité.
I.a composition chimique «lu cerveau. — Voici les conclusions d’un long travail que M. Gobley vient de publier sur cette question : 1“ La substance cérébrale de l’homme renferme environ 80 p. 100 d'eau; — 2° Elle contient deux matières albuminoïdes, l’une soluble dans l’eau, qui ne diffère pas de l’albumine; l’autre, qui est insoluble dans ce liquide, et pour laquelle il a proposé le nom de céphaline ; — 3“ La matière grasse du cerveau i est formée principalement de cholestérine, de lécithine et ' de cérébrinc ; elle renferme en outre, des traces d’oléine et de margarine ; — Le cerveau renferme les sels ordinaires de l’économie et des matières extractives, dont les unes sont solubles dans l’eau et dans l’alcool, et les autres solubles dans l'eau et insolubles dans l’alcool; —
5" Pendant la putréfaction, la pulpe cérébrale fournit des produits acides, parmi lesquels ou trouve les acides oléique, margarique, phospho-glycérique et phosphorique.
Xunvcllrs découvertes dans llaniinollt-taverne au* États-Unis. — Le professeur F. W. Pul- 1 nam, membre de l’Académie des sciences de Peabody, a exploré, dans ces derniers temps, la grande Mammolh- Caverne, dans le Kentucky, et il a visité tin certain nombre de grottes qui n’avaient pas été parcourues avant lui. Les investigations du professeur Pulnam ont eu pour résultat de trouver des poissons colorés particuliers et dé pourvus d’yeux, ce qui condamne la théorie appliquée jus qu’ici, disant que les poissons sans yeux sont sans couleur 11 a découvert des poissons blancs avec yeux et des crustacés pourvus ou privés de cct organe, offrant ainsi aux naturalistes une nouvelle série d’observations du plus haut intérêt. Un a trouvé aussi dans les nouvelles galeries des squelettes humains et une grande variété de débris anté- historiques très-précieux.
BIBLIOGRAPHIE
Les Commensaux et les Parasites dans le règne animal. par P. -J. Vax Benkden, 1 vol. in-8, avec 85 ligures. — Paris. Germer-Baillière, 1875.
« On trouve, en y regardant de près, dit M. Van Bcneden, plus d’une analogie entre le monde animal et la société humaine, et, sans chercher bien loin, on peut dire qu’il n’v a guère de position sociale, qui n’ait son pendant parmi les animaux. La plupart d’entre eux vivent paisiblement du fruit de leur travail et exercent un métier qui les fait vivre; mais, à côté de ces honnêtes industriels, on voit aussi des misérables qui ne sauraient se passer de l’assistance de leurs voisins, et qui s’établissent, les uns comme parasites dans leurs organes ; les autres, comme commensaux, à côté de leur butin. » L’auteur entreprend ainsi, sous un point de vue nouveau et original, l’histoire des êtres vivants : dans le tableau des faits qu’il expose, il se révèle tantôt comme un naturaliste consciencieux, tantôt comme un fin observateur. Son tour gracieux, souvent philosophique, ne dépare en aucune façon des d.scriptions essentiellement scientifiques, et son œuvre e-t de celles qui resteront marquées au sceau de l’originalité.
ACADÉMIE DES SCIENCES
Séance du 4 janvier -1875. — Présidence de M. FsÉnr.
Passage de Vénus. — Plusieurs dépêches télégraphiques concernent les observations du 8 décembre. Le Consul de France de Shanghaï annonce que M. Flcuriaisa observé les quatre contacts et pris de bonnes épreuves. Le gouverneur de la Nouvelle-Calédonie fait savoir que l’expédition de Nouméa a observé deux contacts dans de bonnes conditions et obtenu cent bonnes photographies. M. Angot, le chef de l’expédition, est en route pour l’Europe; sou collaborateur, M. André, reste provisoirement à Nouméa.
Le secrétaire signale en même temps une lettre de M. Janssen, écrite avant les observations et relative à l’installation do Nagasaki ; cette lettre ne contient d’ailleurs rien de particulier. Un astronome italien, M. Tacchini, adresse du Bengale le résumé des faits qu’il a observés. Le succès n’a pas été complet, mais les résultats spectroscopiques ont été très-satisfaisants. L’auteur a pu, par exemple constater l'existence de raies d'absorption causées par l’atmosphère de Vénus.
Solutions sursaturées. — L’analogie des solutions gazeuses sursaturées avec les composés les plus instables a préoccupé M. Gernez qui arrive à cette conclusion que le dégagement du gaz, dans les premières, résulte des mêmes causes que la décomposition des seconds.
On sait qu’une solution sursaturée d'acide carbonique étant donnée, on peut, alors même que le gaz y a été dissous à la faveur d’une pression de deux atmosphères, l’abandonner dans le vide sans qu’aucune bulle gazeuse s’en dégage, mais y introduit-on un tube capillaire, celui-ci, par la très-petite quantité d’air qu’il contient, détermine le dégagement subit de l’acide carbonique dissous de façon à produire une quasi explosion. On remarque que seules les portions du liquide, supérieures à la couche atteinte par le tube, subissent celle dissociation ; les régions plus profondes restent intacts. Or, des faits complètement semblables sont signalés par l'auteur à l’égard de l’acide azoteux liquide ou plutôt du liquide bleu dont la nature n’est pas bien connue, et que les chimistes désignent sous ce nom. Recouvert d’une couche d’eau, il se maintient pen-
dant des jours entiers sans qu'aucune vapeur rutilante s’en dégage ; mais si, plongeant au travers de l’eau un fil de platine non purifie par la flamme, on traverse la surface de séparation des deux liquides, immédiatement l'hvpoazotite se fait senlir. Elle se dégage, tant que le contact du fil a lieu, et cesse dès qu’on le retire. Résultat tout pareil si l’on remplace l’acide azoteux par l’eau oxygénée, avec cette différence bien entendu qu’ici c’est de l’oxygène qui s’exhale.
Les antiseptiques et la chirurgie. — Sans égard pour le rôle qu’on s’est plu si généralement à accorder aux protozoaires dans les accidents chirurgicaux, l’un de nos praticiens les plus célèbres, M. le docteur Demarquay, a voulu voir (ce par quoi, parait-il, on eut dû commencer) quel est le rôle des antiseptiques appliqués sur les plaies. Le phénol, l’alcool, les baumes, les essences, le camphre, successivement employés , se sont tous montrés, même sur des plaies en voie de rapide guérison, impuissant à tuer ces animalcules, considérés comme si funestes. La conclusion de l’auteur est simplement que le traitement local n’a qu’une importance très-inférieure à celle du traitement général; mais il est possible qu’on tire encore de ces observations vérifiées des renseignement fructueux à d’autres égards.
Les affaires de l'Académie. — L’Académie commence toujours l'année en mettant en ordre sa comptabilité scientifique , c’est-à-dire en résumant, par l’organe de son président, l’état de son personnel et de ses publications. M. Fremv, chargé cette fois de celte lâche, énumère successivement les membres décédés et les membres élus.
Parmi les premiers, nous remarquons les noms de WM. Élie de Beaumont et Roulin, et parmi les seconds, ceux de Mil. Chatin, Gervais, Gosselin, Bréguet, Dumoncel, de Tschebichefî et de Candolle.
Ce devoir rempli, l’Académie est invitée à élire un viceprésident, choisi celte année dans la section des sciences mathématiques. Les volants étant au nombre do 48, et la majorité, par conséquent, étant de 25, M. Fizeau réunit 25 suffrages; l’amiral Paris, 21 ; M. Le Verrier, 2; M. Ossian Bonnet, 1; et M. Chaslc, 1. Un deuxième tour de scrutin est donc nécessaire. Cette fois, les votants sont au nombre de 49. M. Fizeau rassemble encore scs 23 partisans, mais l’amiral s’élève exactement au même total ; M. Chasle continu de réunir son unique voix; un bulletin désigne M. Edmond Becquerel ; il y a un bulletin blanc. Jamais peut-être l’Académie n'avait eu tant de peine à faire un choix ; la perplexité est peinte sur tous les visages. On va chercher le règlement pour savoir ce qu’il faut faire, et ce guide du parfait académicien, ayant enseigné qu'un ballottage est nécessaire, on procède à celte opération suprême. Les électeurs sont maintenant 51 : le petit billet blanc tient bon ; M. Fizeau a enfin converti un nouvel im-
mortel, et compte maintenant 24 suffrages, mais l’amiral Paris en ayant 26, c’est à lui qu’échoit la pomme, je veux dire le fauteuil. A côté de celte élection, les candidatures trouvent leur place naturelle. M. Mathieu , professeur à la Faculté des sciences de Nancy, brigue la place laissée vacante par M. Bertrand , devenu secrétaire perpétuel. M. Silbermann aspire à la chaire deM. Elie de Beaumont, au collège de France. Stamslas Meohier.
LE MAHARANA D’OODEYPOKE
Sou altesse le Maliarana Sumbhoo-Sing, de Meywar. est mort le 7 octobre 1874, à l’âge de 26 ans, à Ooilcypore. Sa mort a été causée par une maladie de foie. Nous croyons devoir reproduire le portrait de ce personnage, type remarquable de belles races de l’Indoiisfan. Il était le descendant direct, par une ligne non interrompue, des plus anciennes races royales du monde, et ses ancêtres furent couronnés monarques de haut rang, à une époque où les Capétiens, les Guelfes, les llolicnzollern et les Hapsburg étaient encore plongés dans une obscure barbarie.
Les aïeux de l’illustre Maliarana régnaient dans les Indes, bien avant les campagnes de Ilugucs-le- Grand contre Charles de Lorraine, bien avant même la naissance de Tassillon, duc de Bavière, que la maison des Hohenzollém revendique pour son premier ancêtre.
Oodeyp re est une ville de la province de Rajpootana, dans lTndoustan. Elle est située dans une vallée entouiée de montagnes abruptes, et vue à dis'ance offre un aspect imposant.
A l'ouest elle borde un grand lac, sur le bord duquel sont construits des palais et des jardins tout en marbre. La ville est protégée contre les inondations par le moyen d’un vaste quai qui longe tout le lac. Les principales productions sont des statues, des jouets et des articles de marbre. Le Maliarana ne laisse pas d’héritiers, puisqu’il est mort sans enfants et n'a pas désigné de successeurs. Deux oncles sont prétendants au trône vacant. Le défunt roi était particulièrement bien disposé pour le gouvernement anglais, et avait, à bien des égards, des goûts plus ralfinés que ses nobles ancêtres.
Le Propriétaire-Gérant : G. Thbandieh.
CoufisiL. Typ. et itér. Carrg.
Le Maharana d'Oodeypore. (D’après une photographie.)
s» 85. — 16 JVNVIEK 1 875.