LA MACHINE A VOTER
Fig. 1. — Nouvelle machine ù voter.
M. Martin, ingénieur électricien, bien connu par île nombreux travaux sur la lumière électrique, qui iui a coûté la vue, momentanément il faut l’espérer du moins, a inventé une machine à voter très-ingéniense dont nous donnerons la description ici.
Comme on peut facilement le voir d’après la figure ci-dessus, chaque votant a devant lui une petite boite dans laquelle se trouvent deux touches , une pour les votes négatifs et une pour les votes alfir— matifs. Jusqu’ici rien ne distingue l'appareil imaginé parM. Martin, de ceux qui ont été conçus à différentes époques, ou des sonneries électriques en usage dans les hôtels. Il faut cependant remarquer que le vote , une (ois émis, ne peut être recommencé sans que la machine ait été remise dans son état primitif.
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Les votes apparaissent sur un tableau situé en un endroit apparent comme serait le fond de la salle des délibérations. Suivant que le vote est blanc ou noir, un morceau de carton de couleur convenable apparaît instantanément audessous d’une ligne où l’on a inscrit le nom de chaque représentant.
Comme le public, et les autres députés peuvent voir quelle est la personne qui met le doigt sur les touches, il est probable que nul ne se hasarderait à voter pour un confrère. Un des avantages do la machine serait donc d’empêcher les votes par procuration qui sont s»
nombreux malgré les prescriptions formelles du règlement.
Dans le cas où un représentant voudrait en quelque sorte motiver sou abstention, il n’aurait qu’à
- ïScott
Fig. 2. — Détail du mécanisme.
mettre à la fois en action les deux touches et l’on verrait apparaître au-dessous de son nom deux moitiés de carton, une moitié blanche et une moitié noire se neutralisant.
Le détail de la machine à voter (fig. 2) permet de comprendre le jeu des clcctro-aimants qui agissent de telle manière que le carton blanc descend quand on vote oui, et que le carton noir monte quand on vole non. C’est la ligne médiane qui correspond aux trous du tableau que nous supposons enlevé. Les numéros de la roue que l’on voit au centre de la fig. 2 répondent aux petits carrés du dessin d’ensemble. Nous avons également mis en évidence dans cette dernière figure le faisceau de tils conducteurs qui répondent aux boulons de vole.
Une combinaison fort simple, mais dont la description demanderait de longs détails, permet de respecter le secret du vote. Dans ce cas on retire les leuilles imprimées sur lesquelles setrouventles noms des votants et personne ne sait plus où il vote. Cependant la touche blanche donne toujours lieu à des votes blancs et la touche noire à des votes noirs.
Un grand avantage incontestable de la machine à voler, c’est qu’elle compte automatiquement le nombre des votes par un procédé aussi simple qu’ingénieux.
Elle possède doux roues portant autant de numéros qu’il y a de votants et qui tournent devant une lucarne pareille à celle du cadran d’un conducteur d'omnibus.
Un levier, mu par un poids, décrit un demi-cercle aussitôt que le président a appuyé surune louche qui est placée devant lui, car un déclanchement se produit électriquement, précisément en ce moment.
Ce levier porte un contact en cuivre qui se promène sur un distributeur et rétablit un courant chaque fois qu’il passe devant un circuit correspondant à un vote émis. Ce courant est lancé dans un électro-aimant à droite quand le vole est positif, et à gauche quand le vote est négatif. Chaque courant passant par un électro-aimant fait avancer d’un cran la roue correspondante à la couleur à laquelle il appartient.
Aucune erreur, comme on le voit, n’est à redouter, et la vérification est immédiate car les votes sont imprimés de la façon la plus simple.
A chaque votant correspondent deux électroaimauls communiquant à deux pointes. Chaque fois qu’un électro-aimant est actionné et agit sur le carton, il fait rentrer la pointe opposée. Ainsi le votant noir fait rentrer la peinte blanche.
Si l’on donne donc un coup de barre sur la feuille de papier qui est placée derrière le tableau, la pointe noire fera trace juste au-dessous du nom du votant. Le même coup de barre enregistrera autant de votes qu’il y aura (le pointes non rentrées. Les feuilles ainsi percées pourront rester annexées au procèsverbal. Sécurité, rapidité, élégance, contrôle, rien ne manque à cette intéressante machine que nous avons vu fonctionner avec un vif intérêt.
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