LES RÉCIFS DE LA MER DE CORAIL
La mer qui recèle le plus île récifs, est la mer de Corail. Elle doit sou nom à l'abondante végétation qui tapisse tous ses liants fonds.
Ces récifs, juste effroi du navigateur qui fréquente ccs parages , sont loinids de crêtes corulliues , affectant généralement di.s formes circulaires, offrant l’aspect de bassins qui finissent par se remplir des détritus et des débris d’herbes matines et s’élèvent peu à peu jusqu'à former des lies. Il semble que de nouveaux récifs naissent chaque année dans des passes demeurées longtemps libres. Les
polypes, dont les variétés sont très - -nombreuses, comprennent les Caryophyllécs, les Aslrées, les Dendrophylces, les Méandrines , etc. Leur aggrégation constitue un remarquable ensemble, que nous avons reproduit ci-contre, d’après les études qui en ont été faites par les sondages, et même souvent par l'observation directe à travers l’eau (fig. 1).
Si l’on plonge, en effet , ses gards au fond de l’eau limpide de certaines régions des mers de la zone équatoriale, on aperçoit d’innombrables beau tés, où la fantaisie des formes s’allie à une exubérance de création vraiment extraordinaire. Ces ramifications aux vives couleurs se détachent sur un sol jonché de polypes, et, tout autour de ces buissons marins, s’agitent des poissons aux refiels métalliques.
Le Corail proprement dit se trouve mélangé à différents Madrépores que nous avons groupés dans la
figure 2. Ce sont les Millepores , genre de polypier pierreux, offrant pour caractère des expansions solides, sinueuses et ramifiées. Plusieurs ont leur surface complètement garnie de pores simples, ou de trous cylindriques. Ce sont les Escbarres aux expansions minces, fragiles, dilatées, poreuses à 1 intérieur et ayant en outre les deux surfaces garnies de porcs disposés en quinconce. Ce sont encore les Virgulaires , ressemblant grossièrement à une plume, dont la nervure principale ne supporte aucun polype. Ce sont les pentatules épineuses , dont le pied, qui sert à les fixer dans le sable , a la forme d’une poignée.
Les polypes croissent selon Ls lois de la génération particulière aux polypes; au lieu que le Corail proprement dit n’augmente, comme les minéraux, que par juxtaposition, à peu près comme la coquille du limaçon, par de nouvelles couches appliquées sur
les premières.
Une branche de Corail n’csl donc plus une pierre :
<e n’est plus une [dante, ce n’est plus non plus un a n i m a 1 , mais une simple production animale; c’est la métamorphose d’uu millier de polypes ; c’est un bel arbre généalogique où le polype aïeul est recouvert par la postérité de ses enfants, où le fils devient le tombeau du père et où tous ensemble ne perdent l’existence que pour retrouver sous une nouvelle forme, un état plus durable.
J. Giraud.
le Projnictoirc-Gcrant : G. Tissandiüi!.
LOUllll.L. ÏV.i. O. *.. 1 \ *.***.
.V 8fi. — 23 JANVIER 1875.